Faits Vécus

Un jour, nous partirons. Nous ne serons plus, tout en ne faisant plus qu’un avec la nature, l’univers, dans notre ultime voyage pour l’éternité. Ce qui nous attend une fois parti, nul ne sait. Par contre, nous savons que notre compte à rebours est débuté, que notre sablier s’écoule et que notre temps est compté. D’ici là, tâchons donc de prendre la vie comme elle est, une chance de chaque instant, un hasard dans l’infini du cosmos, une opportunité à saisir et un cadeau que certains jugeront parfois empoisonné, mais qui est exquise quand on réussit à s’arrêter pour la déguster.

Avec la crise actuelle qui sévit sur l’ensemble de la planète, avec la peur qui monte à la vitesse de la lumière, une prise de conscience collective est en train de prendre forme d’après moi. Vivant dans une bulle de sécurité, d’abondance et de choix, loin des guerres, des famines et des catastrophes naturelles, nous réalisons tout d’un coup que nous ne sommes pas autant à l’abri que nous le pensions. Nous comprenons tout à coup que nous sommes mortels, aussi à risque que les autres à vivre une pandémie, une crise. C’est une claque au visage de la réalité qui nous arrive sans qu’on ne l’ait vu venir.

L’angoisse grandissante, la peur véhiculée par les médias, il en faut peu pour que cela dégénère. Vendredi était la première journée de mesures officielle et déjà des interventions policières étaient nécessaires pour calmer le jeu en plein centre commercial. Ce n’est pas le virus en tant que tel qui peut nous faire le plus mal, mais bien la bêtise humaine. L’égocentrisme du soi-disant survivaliste que rien n’arrêtera, alors que rien n’est encore arrivé. Imaginez, qu’arriverait-il si c’était une situation encore pire, avec un risque de mortalité bien au-delà de celui de la COVID-19? Ou bien comment réagirions-nous si une guerre se déclenchait sur notre sol ou si un ouragan monstre faisait des milliers, peut-être des millions de sans domicile au sein de notre population?

guerre avions ciel noir et blancSource image: Unsplash

Il nous faut réfléchir, collaborer et s’ouvrir à notre humanité pour faire preuve de bienveillance, d’empathie et d’entraide en période cruciale comme celle qui s’annonce, car sinon, les risques sont énormes. Tâchons de voir que nous sommes tous interreliés, tous dans le même bateau et qu’il nous faudra affronter d’un front commun cette crise. En tant que familles, en tant que collectivités, en tant que province, que pays et même de population mondiale.

Nous avons tous des proches, des connaissances et des gens plus vulnérables auxquels nous tenons et que nous voulons protéger. Partons de ce point en commun pour se comprendre au lieu d’entrer en compétition comme si une attaque de zombies venait d’arriver.

Une fois l’épreuve surmontée, les craintes apaisées et le monde qui reprendra son rythme habituel, j’espère qu’une leçon aura été retenue, que des mentalités seront changées et que notre conscience collective aura évolué. Je souhaite de tout mon être que le plus de personnes possibles réussissent à tirer du positif de cette folie collective en comprenant encore plus qu’avant combien la vie est précieuse. Combien nos relations sont importantes, combien l’amour est important et comment il ne faut pas perdre une occasion de vivre pleinement.

Avec des limitations importantes au niveau de la liberté, il ressort de la quarantaine se déroulant en Europe des messages d’espoir, de renouveau. Une solidarité, un sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand que soi est en train de s’opérer. Cet arrêt global, inattendu, force les gens à se rassembler, se soutenir et, surtout, à réfléchir. Réfléchir à combien l’équilibre du monde est précaire, à quel niveau notre réalité est connectée à celle des autres vivants à plusieurs milliers de kilomètres de soi et à l’importance de prendre du temps. Quelle joie de lire que ce moment d’arrêt de la productivité maximale fasse du bien aux gens, à leur humanité, malgré les décès, malgré les ravages faits à l’économie. Que ce temps d’arrêt rapproche les individus, calme la course quotidienne et permette aux gens de montrer leur plus belle facette. Au lieu d’images de pillages et de chaos, nous sommes témoins des efforts touchants du personnel soignant et de moments de pure magie contagieuse comme le vidéo de ces italiens qui jouent de la musique par dizaines sur leurs balcons en chantant à tue-tête.

C’est en temps de crise que les plus belles flambées d’humanité s’opèrent et après les difficultés que les gens revivent. Différemment, peu être plus conscient, comme dans la période d’après-guerre. Suite à la peur survient un élan, une frénésie de vivre pleinement, intensément chaque instant. C’est ce que je nous souhaite, en tant que particules dans un immense tout qui se fait appeler l’humanité. Prenons cette épreuve comme une chance de revoir nos priorités, de mieux comprendre le monde qui nous entoure et de juste exister.

Puisque notre billet pour l’au-delà nous est prescrit d’avance, mais que nous ne savons tout simplement pas quand il arrivera à maturité, essayons de profiter pleinement de toutes les bonnes choses qui s’offrent à nous!

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Jonathan Lépine

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