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Échec: Fait de ne pas réussir, de ne pas obtenir quelque chose.

La réussite. On s’entend, tout le monde la veut cette fameuse réussite-là. Qui veut vivre constamment des échecs? Personne. C’est T-E-L-L-E-M-E-N-T important de réussir dans notre société. Dans tout ce qu’on entreprend, on mise haut et on veut l’atteindre cet objectif-là.

Hein, sky is the limit. Société de performance, bienvenue.

(À lire: Comment j’ai survécu au chômage à 25 ans)

Je ne dis pas qu’il ne faut pas se fixer des buts ou bien d’arrêter de rêver. Oh non. Même que ça, c’est essentiel si l’on veut se réaliser personnellement et surtout, c’est beau. Par contre, la pression qu’on se met nous-mêmes ou que l’on peut ressentir par nos pairs, elle existe. C’est elle que je trouve malsaine.

Parfois, on veut tellement réussir que l’on s’oublie dans tout ça et même qu’on peut perdre le nord et oublier la raison pour laquelle on s’est lancé dans un projet par exemple. On s’étourdit.

On essaie de garder le contrôle dans tout ça. Appelez Renaud, vaisselle, lavage, pas oublier de manger… On coche et on coche, c’est bon; je maitrise la situation. Vraiment? Ton niveau de stress, tu dirais qu’il est à combien? Ton dos, ça va bien les tensions aussi non? On va régler ça en allant se faire masser, bien oui. L’option de s’en enlever un peu, elle, on peut aussi la considérer, mais c’est comme de déclarer forfait et on ne veut pas ça. On est capable. Go, go, go. Pousse la machine au fond pour qu’elle s’épuise.

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Bon, je l’attendais bien celle-là. Une mauvaise nouvelle. Une note trop basse pour mes attentes, une application refusée, demande de bourses refusée, pas sélectionné pour ce poste/concours/implication là.

Oups, une autre mauvaise nouvelle. Ben voyons? Ok, faut croire que ce n’est pas mon moment de gloire. Et la troisième arrive. Hey, là ça va faire!

C’est le chaos. Dans ta tête, ça bouge en titi. On est en colère contre nous-mêmes, contre ceux qui ne nous ont pas sélectionnés. Les questions; ça explose de partout.

La remise en question. On analyse. On comprend des choses ou l’on va trop loin dans nos réflexions et l’on s’enfonce dans un brouillard.

Après un bout de temps, tu finis par te retrouver. Tu te relèves. Tu n’as peut-être pas été choisi, mais tu en as compris des choses toi. Oh que oui ! Toi, tu ne l’as pas eu tout cuit dans le bec et tu sais c’est quoi travailler pour obtenir quelque chose.

Toi, ton orgueil, il en mange peut-être un coup. Mais, ton orgueil, tu t’en fous parce que tu sais c’est quoi ta vraie valeur. T’es comme un petit bijou qui brille de plus en plus avec les couches d’échec. Toi, t’es habitué de tomber, mais tu le sais bien comment te relever. L’expérience.

L’échec, c’est tellement plus nourrissant que la réussite au fond. C’est beau l’échec.

Commençons donc à aimer l’échec. La réussite a eu un peu trop d’amour ces dernières années. Il est temps de faire honneur au déshonneur.

 

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Angélique Caron St-Pierre

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