Faits Vécus

Ça prend du temps avant de réaliser qu’on a tous un coffre aux trésors enfoui en dedans de nous. Les trésors, ce sont nos souvenirs. Ceux qu’on collectionne depuis qu’on a ouvert les yeux pour la première fois. Des souvenirs parfois attendrissants; parfois déchirants, mais certes tenaces. Ce sont ces expériences qui nous ont formés en tant qu’individus. Ils ont influencé toutes nos actions, toutes nos décisions. Et tant qu’on refuse de les revisiter de temps en temps, de comprendre pourquoi ils ont été mis en haut de la pile, on les laisse prendre le contrôle sur le futur qui nous appartient. On les laisse définir qui l’on est, qui l’on sera. On les laisse nous éloigner de la meilleure version de nous.

Mais je comprends, ça fait peur. Creuser, ça implique aussi de déterrer des bibittes qu’on n’est pas prêt à affronter. Des bibittes qui ont l’air plus grandes que nature, qui risquent de nous avaler tout rond. Mais ça, ce sont des excuses. Ces bibittes-là, c’est le fruit de notre imagination qui travaille en collaboration avec notre inconscient pour protéger notre cœur. Mais ils le sous-estiment de toute évidence.

La réalité, c’est que certains n’oseront jamais. Et la souffrance qui se cache là-dessous, elle gruge tellement d’énergie. Pendant qu’on croit passer au travers d’une journée routinière, notre cerveau orchestre des mécanismes de défense importants. Tout pour éviter qu’on souffre. Qu’on s’effondre. Qu’on paralyse.

Ça prend donc un événement saisissant. Quelque chose qui nous jette cruellement par terre. Qui nous confronte dans notre entièreté, dans tout ce qu’on croyait être, ce qu’on croyait vouloir. Ce sont des claques au visage, pis en continu. Ce sont des remises en question qui nous envahissent, qui nous forcent à découvrir attentivement ce qui se cachait à l’intérieur de nous depuis le début.

Ou peut-être pas. Peut-être que ça se faufile tranquillement jusqu’à prendre toute la place dans notre tête, dans notre cœur, pour ensuite éclater. Pour nous cracher au visage qu’on a fait les choses toutes croches, un peu quand même.

coffret rose boisSource image: Pixabay

C’est douloureux, au début surtout. Creuser, c’est un travail physique. C’est épuisant. Pis le pire là-dedans, c’est qu’on est seul à le voir. C’est comme un secret lourd à porter, mais en même temps… c’est beau ce qu’on fait. Tout l’effort qu’on y met. Le courage que ça prend. Il faut se donner ça.

Ça prend un certain temps avant qu’on apprivoise seulement l’idée d’ouvrir ce coffre. On le regarde. On a l’impression que notre cœur va éclater sous la tension. On se sent fragile, vulnérable. On se sent seul, si seul. On sait le risque que ça implique. On sait que ça va chambouler toute notre vie. Mais c’est peut-être un coup à donner. Un bon ménage de cœur. C’est peut-être ça que ça prend pour faire de la place au bonheur. Ou quelque chose qui s’y apparente, ça serait assez.

Mais on a le vertige. On n’est pas prêt à tout ça.

C’est plus facile de fermer les yeux et de se mentir un peu plus longtemps.

C’est plus facile d’ignorer les cris de notre cœur malheureux, parce qu’on a peur. Peur de perdre ce qui nous est cher. Peur du changement. Peur de l’inconnu. Ouvrir de nouvelles portes, c’est du gros gambling. Qui sait ce qui nous attend de l’autre côté? On se dit toujours qu’au fond, ça pourrait être pire. Je ne sais pas pourquoi on trouve ça plus réconfortant de se dire ça.

Mais quand on touche le fond, on n’a plus le choix.

On ne peut plus éviter.

On s’assoit par terre. On prend son courage à deux mains. Et même si l’on a le cœur prêt à péter en deux, on ouvre ce fameux coffre.

Prêt à découvrir les trésors enfouis.

Prêt à se comprendre, à se connaître en profondeur.

Prêt à s’écouter, à se promettre de ne plus taire cette voix intérieure qui ne veut que notre bonheur.

Prêt à devenir la meilleure version de soi-même.

Ta richesse, tu la portes à l’intérieur de toi.

coffre aux trésors ouvert pièces de monnaie orSource image: Pixabay
Source image de couverture: Pixabay
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Caroline Demers Barbeaux

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