Faits Vécus

Je suis éperdument passionnée des mots.

Je suis en admiration devant eux.

Ils m’habitent. Ils me hantent. Ils me possèdent. Ils se nichent en moi dans un espace sans fin. Ils tournoient autour de mon corps, de ma psyché et de mon cœur. J’ai une fascination particulière pour eux. Je les aime d’amour et je sais que jamais je ne me laisserai d’eux.

Ils construisent un tunnel entre ce monde intérieur qui m’habite et celui qui défile sur mes yeux. Ils font le pont, parfois timide, entre moi et eux. Ils me donnent de l’oxygène, me permettent souvent de reprendre mon souffle, et me confirment par le fait même, que j’existe. Ils enflamment mon cœur et anesthésient ma douleur.

Chaque fois, ils réussissent à m’apaiser.

Ils rendent réelles les émanations de mon esprit. Ils bâtissent ma lucidité, ma résilience et ma poésie. Je sais que je suis choyée de pouvoir les posséder, de savoir les faire danser et de les maîtriser comme bon me semble.

Tant de gens manquent de mots pour exprimer cette réalité unique qui se passe au fond d’eux-mêmes. Ils restent ainsi prisonniers de leur propre coffre au trésor. Ils restent prisonniers de leur peine, qui ne trouve aucune ouverture pour s’adoucir. Tant de mots manquent à certaines situations. Tant de gens ne comprennent même pas ce qui se passe à l’intérieur d’eux-mêmes.

Communiquer peut-être très difficile pour certains.

Comme une tornade d’émois qui ne trouvent aucun sol pour se déposer. Comme un bateau d’espoir constamment à la dérive sans trouver terre où s’accoster. Les mots sont accessibles à tous, mais peuvent être si difficiles à manipuler. Par gêne, par manque d’expérience ou tout simplement par manque de connexion avec soi-même.

La langue française comprend environ trente-cinq mille mots, mais un adulte moyen en connait entre trois et cinq mille. Cependant, dans la vie courante, nous n’utilisons qu’environ cinq cents mots.

Tant de mots inconnus. Tant de mots inutilisés.

Source de l’image : Éloïse Denis Illustration

Nous sommes dans le même registre de mots la plupart du temps, mais le fait d’en explorer de nouveaux nous permet d’élargir nos sentiments, notre esprit et notre univers. En effet, avoir du vocabulaire peut aider à mettre le doigt sur ce qui se passe exactement en nous. Écrire rend notre vérité tangible. Elle peut ensuite devenir celle de plusieurs autres.

Quand cela se passe, les cœurs se lient. La magie opère.

Le cri de sa propre solitude se fait plus mélodieux. Comme il est bon de connecter avec d’autres humains! Comme il est bon de se sentir compris, si ce n’est qu’un petit peu. Les mots ont le pouvoir d’unir toutes les âmes de ce monde. Celui qui possède l’art des mots a le devoir de bien l’utiliser pour le bien commun, pour aider et pour créer de la beauté.

Il y tant de choses que j’aurais aimé te dire, mais par manque de mots, tu ne les sauras jamais.

Il y a tant d’émotions qui restent embastillées en moi, m’égratignant les rebords d’un corps d’homme invincible. Tout cela ne demande qu’à vivre à l’extérieur de moi et de te transpercer aussi.

J’aimerais te dire combien je t’aime. Combien j’apprécie ta présence dans ma vie. J’aimerais que mes mots aient le pouvoir d’immortaliser cet amour dans le temps, dans l’espace et sur une feuille de papier. Je t’aime. Je te le crierai, je te le chanterai, je te le ferai ressentir si, et seulement si, je possédais les mots.

 

Source de l’image de couverture : Unsplash
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