Faits Vécus

Tard (jamais trop, mais quand même) dans ma vie, j’ai découvert que le bonheur est un état dans lequel on se retrouve pour un court moment et que ce n’est que dans la pleine conscience qu’on le vit. Pour le reste c’est un défi personnel d’y demeurer et de faire perdurer ce sentiment. Parce qu’avant tout, nous sommes “survie”, par nature, et que cette survie est notre plus grande faiblesse.

Que ce soit la peur de manquer d’argent, de ne pas réussir, d’être blessé en amour ou peu importe celle qui nous habite, j’ai pris le temps de constater que notre peur active notre et notre survie alimentent notre peur. Et tourne la roue. Alors que l’on avance tête en haut tête en bas essayant de s’accrocher pour ne pas se blesser, nous trouvons confort dans cette roue et l’agrémentons de tout ce que l’on trouve sur la route. Alcool, objets futiles, déni sur le fait qu’on avance alors qu’en fait peut-être on déboule. Mais, vient un jour où dans un moment de conscience on sort de la roue et on regarde la route empruntée, et c’est à ce moment, dans un instant de bonheur, que ça m’a frappée en pleine face.

Je n’ai jamais manqué d’argent, j’ai plutôt très bien réussi, même si l’apothéose n’est pas atteinte, et mes blessures amoureuses ont fait de moi la personne que je suis. En fait, chaque fois que la vie m’a frappé, elle m’a avant tout appris. Je l’ai détestée chaque fois de me faire mal, mais l’ai remerciée chaque fois au solstice suivant. Je n’ai rien contre l’école, mais l’école est théorie. Tu ne comprendras la vie qu’en la vivant et étant difficile pour la grande majorité des gens, l’apprentissage ne peut en être autrement.

vie, peur, réflexion, stressSource image: Unsplash

À travers un verbe j’ai progressé. Accepter. Tout ce que j’ai accepté dans ma vie fait partie de mes forces, tout ce que je cherche encore à comprendre me hante. La différence, pour moi, s’est trouvée là, juste à quelques centimètres de ma face, attendant le bon moment pour venir me claquer, et enfin elle l’a fait. Je comprends, désormais, avoir trop souvent nourri mes peurs alors qu’elles n’étaient que ça… des peurs. J’ai cherché des problèmes à régler, alors que le temps est tellement juste meilleur que moi dans ce domaine. J’ai tourné en rond, des nuits entières, à m’en faire avec des situations qui bien longtemps après, m’apparaissent comme de simples étapes normales d’une vie.

Un mardi après-midi, j’ai perdu la moitié de mes employés pour la concurrence avec plusieurs projets à terminer. J’avais encore le choix de me battre ou d’abandonner. Pour la première fois de ma vie, j’ai choisi de lâcher prise. Être entrepreneur en construction n’était pas ça pour moi. J’ai pris un pas de recul, retourner vers une ancienne entreprise que j’aimais bien, j’ai attendu un peu et un tapis s’est déroulé devant moi six mois plus tard. Un projet lucratif qui me demanderait peu d’efforts financiers et psychologiques. Juste utiliser mes forces faisait de moi le candidat idéal à ce projet. Même si j’étais un professeur et que j’enseignais tout ça, ils entendraient l’histoire, mais plus tard avec leurs propres histoires ils la comprendraient. Parce que, je pense que l’on comprend les choses qu’avec le cœur et que le cœur ne comprend pas la théorie.

La peur, c’est appréhender des choses pour éviter qu’elles nous heurtent, alors que si elles se produisaient, elles nous heurteraient de toute façon. Alors, elle sert à quoi? L’appréhension, elle, est la nourriture de la peur, sans appréhension elle ne peut survivre. Et lorsque notre tête cesse d’inventer des scénarios, qui sont de toute manière dans la normalité de la vie, alors elle laisse au cœur vivre le plein moment sans nuage que l’on traverse à cette minute précise. Et viens ensuite la minute suivante, et l’autre et cette roue sont juste plus confortables.

Accepter les choses que l’on ne peut changer. La prière de la sérénité est criante de vérité, se trouvant à quelques centimètres de notre visage…

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Stéphane Henri

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As-tu peur, toi, bébé ? - Le Cahier