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*Cet article est commandité par Le Monstre

Ce qu’il faut retenir d’Ingrid Falaise est son courage. Cette jeune auteure a accepté de s’ouvrir au public sur les moments plus difficiles de son passé, principalement l’histoire de violence conjugale qu’elle a vécue en tant que jeune femme. En acceptant de s’afficher vulnérable, elle a su faire sa place dans le monde littéraire. Son récit autobiographique Le monstre est ainsi rapidement devenu un best-seller. 

Dans le cadre du lancement de la mini-série inspirée de son récit, elle nous présente un texte d’espoir. Un texte exclusif pour les lecteurs du blogue.

Bonne lecture!

Je ne voulais pas que le temps file comme des secondes amères. Je ne voulais pas que les années passent et m’oublient au passage. Je ne voulais pas rester sur le quai et regarder le bateau voguer vers les eaux convoitées.

Je voulais croquer le vif de l’existence. Participer activement. Vivre totalement et malgré les ravages, enfiler une barricade et foncer droit devant. Une armure protégeant là où ça fait mal. Cet endroit vulnérable que je ne voulais pas fréquenter. Ce lieu secret bien brûlant, caché sous des pierres méticuleusement placées.

J’ai avancé. Défriché des terres. Je me suis brûlé les doigts et j’ai oublié de me demander « comment ça va ».

J’ai omis de prendre un instant, de me déposer. J’ai préféré fermer les yeux.

Room tone. Bruit blanc. Bruit sourd.

Rares sont les moments où l’on s’arrête pour se positionner sur cet état qui, pourtant, devrait être le barème, le point de départ, le pôle Nord. Là où tout se rencontre. Là où tout débute.

– Comment ça va, pour vrai.

Puis, à trop vouloir fuir ma vérité, comme un oiseau fougueux, j’ai foncé direct dans la fenêtre. Comme un oiseau qui cherchait maison. La vitre m’a arrêtée et le sol m’a ramassée.

C’est long se relever d’une chute. C’est long s’avouer qu’on baisse les bras. C’est douloureux prendre conscience qu’on a barbouillé les maux à coup de grands pinceaux, une carapace calquée sur la peau. Demander de l’aide, c’est difficile. Mais parfois, il faut tomber pour mieux se relever et s’accueillir vulnérable.

Se donner accès au vrai soi, désarmer les boucliers, se permettre d’être fragile. C’est précieux. C’est beau. C’est grand. Ça fait du bien.

Ouvrir les blessures, déverrouiller les serrures et faire confiance à l’accueil… non pas celui d’autrui, mais le sien. Et c’est à ce moment que les rencontres authentiques surgissent. C’est à cet instant que l’on prend conscience qu’une force incommensurable sommeille en nous. Celle qui n’est pas fabriquée de faux semblants. Être vulnérable c’est puissant.

Je vous souhaite qu’aujourd’hui, tout comme moi, vous vous aimerez assez pour laisser aller les défenses et briller dans l’ampleur de qui vous êtes. Je vous souhaite de redéfinir ce que c’est que d’être forte, fière et solide. Je vous souhaite de délaisser les boulets et de respirer libre sans masque ni fioriture.

Xxxxx

Ingrid

Crédit photo: Andréanne Gauthier
Crédit photo de couverture: Andréanne Gauthier
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Marie-Chloé Falardeau
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