Faits Vécus

Depuis quelque temps, pour apaiser mon anxiété et fuir les différentes situations inconfortables du quotidien, mon cerveau a commencé à utiliser le concept de «reset».

Vous savez, ce concept que l’on retrouve dans les phrases : «demain est un autre jour», «tout ira mieux plus tard», «après la pluie, le beau temps»…

Ce concept qui implique que la journée qui s’annonce nous permettra d’oublier celle qui s’achève.

J’ai donc commencé à faire appel à cette pensée magique d’un «reset» salvateur. D’abord de façon ponctuelle, surfant sur un sentiment de nouveau départ grisant, puis de manière beaucoup plus compulsive. 

Le soulagement jouissif que me procurait le fameux «reset», surtout à ses débuts d’utilisation, s’est rapidement muté en un léger sentiment d’apaisement temporaire, qui s’estompe aussitôt que consommé, me laissant seule avec à un besoin insatiable et intolérable à combler à nouveau.

Encore.

Et encore.

Je suis devenue dépendante de ces «remises à neuf», de ces «tabola rasa», de ces «fresh start», qui me permettent d’ignorer le moindre désagrément et de l’effacer pour recommencer à nouveau. 

Et ,ce, jusqu’au prochain obstacle.

Car les obstacles font partie intégrante de cette vie qui s’amuse à nous surprendre et à se jouer admirablement de nous.

Vouloir recommencer à zéro en effaçant le passé n’est pas compatible avec la vie qui court et coule comme un ruisseau. Un ruisseau mouvant qui, même s’il s’assèche par endroit, ne disparaît jamais vraiment.

En y réfléchissant un peu, je crois qu’il vaut mieux apprendre à tolérer… 

À composer et apprivoiser les inconforts de la vie au lieu de les subir et de les considérer comme des erreurs à effacer ou à faire disparaître dès la première occasion.

De toute manière, si les «resets» fonctionnaient vraiment, s’ils parvenaient à effacer tout ce qui m’arrive, tout ce qui se passe et que je souhaite oublier ; je ne serais plus.

Je ne serais tout simplement plus rien. 

Je serais réduite au néant d’un corps et d’un cœur sans mémoire. Alors, ce passé qui m’incommode parfois, qui me fait honte, mal ou qui me rend triste, je veux apprendre à l’accueillir, à l’embrasser et à le chérir comme un joyau qui sera mon propre héritage de demain.

Aujourd’hui, en ce début de nouvelle année, moment propice aux renouveaux de toutes sortes, je sais ce que je ne vous souhaite pas!

Je ne vous souhaite pas l’un de ces «resets» qui apaisent instantanément, mais qui s’épuisent dans l’temps de l’dire et laissent au corps et à la tête un sentiment de vide triste et vertigineux.

Ce que je vous souhaite, au contraire, c’est un départ pour la continuité. 

Je vous souhaite la suite des choses, tout simplement! Un renouveau qui salue l’Ancien, qui puise dans le bagage débordant de votre vie pour poursuivre et pour inventer la suite.

Je vous souhaite une année qui saura vous gratifier de son vent de fraîcheur

Tout en vous susurrant à l’oreille la chaleur de la résilience qui vous a permis de vous rendre jusqu’ici, afin d’envisager la suite que vous méritez. 

Bonne année encore.

 

 

Source de l’image de couverture : Unsplash
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Claudèle Allali

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