Faits Vécus

Je ressens souvent ce sentiment étrange d’être là, sans vraiment être là.

Cette impression de manquer de souffle, en tentant de respirer toujours un peu plus vite que le rythme lui-même de la vie.

En tentant de courir toujours un peu plus vite que chaque seconde qui passe, par peur que le temps ne m’échappe.

 

Par peur qu’il ne gagne.

Qu’il ne prenne le dessus.

Cette impression que ma vie entière n’est qu’une course contre la montre.

Une course que je dois tous les jours, à tout prix gagner.

Je dois apprendre.

Apprendre à arrêter.

Apprendre à m’arrêter.

À arrêter de toujours vouloir tout contrôler.

Toujours tout vouloir gérer, sur un mode de vie accéléré.

Je dois apprendre à simplement ralentir. À peser sur pause.

C’est si facile à dire : « Vivre le moment présent ».

 

Mais c’est beaucoup plus difficile à réaliser, lorsque le hamster dans ta tête tourne encore plus vite que le plus gros manège de la Ronde.

Mais ça s’apprend j’imagine, avec le temps.

Ou plutôt, ça se réapprend.

Parce que nous ne sommes pas nés comme ça.

Stressés. 

Pressés. 

Du moins, j’imagine.

J’espère.

vie, vivre, réapprendreSource image: Unsplash


C’est sûr que non.

Parce que je me rappelle.

Je me rappelle d’avoir déjà vécue autrement.

Qu’autrefois , je vivais pour vivre.

Pour ressentir.

Je me rappelle d’avoir été jeune, le monde à mes pieds.

Lorsque l’impossible n’était q’un terme encore incompris de mon esprit.

Lorsque mon plus gros tracas se résumait à choisir entre jouer à la corde à danser ou bien à la marelle durant la récré.

Bien avant que le monde d’adulte et de questionnements incessants n’engloutisse cette si belle et si magique insouciance.

Bien avant que le la jolie petite brebis ne devienne que le simple ajout d’un mouton de plus, à ce si beau (pas si beau) troupeau de notre société, s’étant toujours promis de ne jamais s’y conformer.

Je donnerais tout pour la retrouver.

Cette petite brebis.

Cette insouciance.

Cette étincelle dans les yeux.


Aujourd’hui, j’ai décidé que j’en avais assez.

Qu’il était temps de le quitter, ce troupeau.

Pour de vrai cette fois.

Pour moi.

Je veux réapprendre.

Réapprendre à m’émerveiller pour un rien.

À pleurer de joie pour chacun des petits bonheurs qui m’entoure.

Je veux sauter à pieds joints. Crier. Rire. Chanter. 

Je veux courir, gambader, sans jamais arrêter de découvrir.

Sans ne jamais arrêter de Me découvrir.

Je veux revenir à la base.

Je veux tout ce que j’ai déjà eu, mais que j’ai au fil du temps, oublié.

Je veux ravoir tout ce qu’en grandissant j’ai voulu changer et réprimer, croyant que c’était ça le but. Le but de la vie. De l’évolution.

 

Toute notre vie, on recherche si désespérément la recette parfaite du bonheur.

Lorsqu’elle se trouve tout juste sous nos yeux.

La simplicité. La voilà.

Et tout ce qu’on a fait, c’est de se rendre la tâche si compliquée. De toutes les manières possibles.

Parce qu’on a oublié le plus important.

On a oublié de vivre.

Tout simplement.

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Marie-Soleil Lavoie

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Partir pour avancer : un mal éphémère pour un bien à long terme - Le Cahier