Faits Vécus
« L’homme qui voulait être heureux. » Ce livre de Laurent Gounelle a marqué un tournant dans ma vie. Cette histoire m’a toujours inspirée, la quête de cet homme vers le bonheur, à Bali, qui le pousse à se dépasser, à partir à la découverte de soi, et à se répéter « Ce que l’on croit peut se réaliser! ».

A l’aube de mes vingt-six ans, c’était ancré au fond de moi, dans mes tripes, dans mon cœur, cette envie irrésistible de partir en Asie seule, afin d’apprendre à vivre l’instant présent. Je me suis dis: « moi aussi un jour j’aurai le courage de partir seule, avec mon sac à dos, à ne devoir que compter sur moi, oser le faire, et partir à la découverte du sens de ma vie! ». Un sourire aux lèvres guidait à présent mes pas!

J’en ai reçu des bons arguments venant des autres, pour renoncer à cette folle idée, « partir seule? Moi je ne pourrais jamais! », et « si tu as un problème sur place, tu fais comment ? » puis « le regard des autres sur place, tu y as pensé? Une femme seule dans un pays qui n’est pas le sien c’est dangereux! », « c’est quoi le but? Tu peux pas découvrir le sens de ta vie, chez toi? Pourquoi partir si loin? ». Voyez-vous, nous avons tous une multitude de peurs que l’on adore communiquer aux autres, quand ils osent ce que nous, nous n’oserions jamais! Heureusement, j’ai un optimisme débordant et quand j’ai une idée en tête, c’est difficile de m’en départir.

Trois ans plus tard (oui, il a fallu les affronter mes peurs avant d’oser!), je me suis retrouvée dans cet avion prête pour le décollage en direction d’Hanoï.

avion ciel départ nuages soleilSource image: Unsplash

J’ai regardé par le hublot, avec pour paysage à perte de vue l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, qui grouillait de partout, autant que les émotions grouillaient à l’intérieur de moi. Si tu as déjà vécu cette aventure, tu dois savoir alors ce que j’ai ressenti. C’est un mélange de stress, d’excitation folle, de peur et une pure sensation de liberté que je rêve de revivre à nouveau! Je me sentais si fière et si heureuse d’avoir osé prendre cet avion et de vivre mon rêve sans regrets: « Et je vole, je m’envole, dans le vent et vers le ciel, je m’envole, dans le vent et vers le ciel, lalalalalala », oui cette chère Rebelle de Disney n’est jamais loin de moi dans ce genre de situation.

Le lendemain, me voilà arrivée au Vietnam! Je vous mentirais si je vous disais que j’ai sauté de l’avion et que j’ai couru avec hâte vers cette nouvelle aventure. Je suis partie sans billet de retour, j’ai fais un saut de folie vers l’inconnu (moi qui adore tout contrôler!), j’ai quitté mes amis et ma famille, et là je me retrouve au cœur d’une culture à l’opposé de la mienne…

Hanoï Vietnam Asie train palmiers forêtSource image: Unsplash

Je suis donc restée plus de trois heures dans le hall d’arrivée de l’aéroport, à observer les gens, à me demander si je devais franchir les portes de sortie. Je repensais à ce que m’avais dit mon amie: « Rien que de prendre l’avion, et d’oser faire le trajet ce sera un sacré défi de réalisé, car tu auras osé. Et si en arrivant là-bas, tu te dis que c’était une connerie alors tu reviendras! Tu as le droit de prendre un chemin et de le changer si finalement ce n’est pas ce qui te rend heureuse. L’important c’est de ne pas avoir de regrets! » À quel point ces mots m’ont aidée à avoir le courage nécessaire pour ne pas fondre en larmes.

Puis, j’ai eu faim! Alors je suis sortie de l’aéroport, j’ai pris un taxi pour aller vers le centre d’Hanoï, et quand le chauffeur a démarré, j’ai su, j’ai su que je ne reculerais pas, que c’était parti et que ça allait être une pure et belle folie. Et j’ai de nouveau ressenti ce que j’avais ressenti dans l’avion. Une joie intense de liberté!

Pourtant, quelques semaines après le début de cette belle aventure, j’ai senti une tristesse dans mon cœur. Oui, j’étais à ma place, au bon endroit, heureuse et confiante, je vivais une aventure incroyable avec moi-même, mais une amie m’a dit cette chose à laquelle je ne m’attendais pas, qui a résonnée en moi: « comme ils disent dans le film Into the Wild: le bonheur n’est réel, que lorsqu’il est partagé ».

Et c’est ainsi que tout a pris sens, c’était une évidence! J’ai compris que mon bonheur, ce qui rythme et guide ma vie, ce qui fait que je suis moi, c’est leur amour inconditionnel, l’amour de mes proches! Cet amour partagé est comme l’oxygène indispensable à ma vie, dont j’ai besoin pour être moi. Face à ce paysage incroyable, au coucher du soleil, j’en ai eu les larmes aux yeux… « L’amour est une étoile lointaine, qui nous guide dans la nuit incertaine ». Rebelle a toujours raison on dirait.

Merci à toutes ces étoiles filantes de ma vie.

Source image de couverture: Unsplash
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Madeline René

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