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J’arrivais à la ligne d’arrivée, plus que quelques semaines avant la fin de mon DEC, avec deux enfants en main et une organisation du tonnerre. J’arrivais au bout du chemin. J’avais eu plusieurs défis, mais jamais je n’avais dû être arrêtée complètement.

J’étais en stage, un vendredi, je m’apprêtais à effectuer la distribution alimentaire, quand j’ai reçu un courriel me disant que les écoles fermaient pour deux semaines. J’ai senti une vague de chaleur m’envahir. Je l’avais vu venir un peu, avec le coronavirus et ses effets, j’avais senti que le pire s’approchait et que le Québec ne passerait pas outre de prendre des mesures préventives. J’étais consciente de la nécessité des actes, du mouvement engendré, mais l’anxiété et la peur du changement m’ont engloutie d’un seul coup.

Premièrement, je ne savais pas ce qui arriverait avec mes études, allais-je devoir tout reprendre? Allais-je pouvoir terminer ma session? Allais-je avoir mon diplôme? Deuxièmement, ma famille, mes filles, allaient-elles passer au travers cette pandémie? Troisièmement, j’allais passer deux semaines entières avec mes deux jeunes filles, en quarantaine, isolée de mon soutien habituel.

J’ai un peu perdu pied. Ça allait me prendre bien de l’adaptation et du temps pour me retourner de côté et repartir sur un autre chemin. L’affaire, c’est que, même si j’essayais de rester calme, lorsque j’allais au magasin parce que j’en avais vraiment besoin, il n’y avait pas de moyens de ne pas me sentir comme dans un épisode de The Walking dead. Des gens avec des paniers remplis de papiers de toilette, de cannes, d’eau, de beurre d’arachides et d’autres matières non-périssables. Soit j’avais manqué un mémo, soit je n’étais pas assez prévoyante, je ne savais pas trop comment me situer.

tablettes d'épicerie videsSource image: Unsplash

De plus, mon côté humain me questionnait à se demander: « mais les gens les plus démunis, comment vont-ils faire face  à cette pandémie? Si on ferme les magasins, les centres communautaires, les refuges, si on achète tout et qu’on ne laisse rien pour les autres, comment on peut s’assurer que tout le monde ait la même chance de s’en sortir? »

Tous ces évènements et questionnements m’ont amenée à revoir mes priorités et perspectives d’avenir. J’ai été dans l’obligation d’apprendre à vivre au jour le jour et même d’heure en heure, car on attend toujours des nouvelles informations du gouvernement. J’ai pris beaucoup de temps à l’extérieur avec mes filles. J’ai pris le temps d’aller jouer dehors et je n’avais jamais vu le parc aussi plein, autant de gens aller marcher. J’ai pris le temps de les voir interagir entre eux, je n’étais pas seulement dans le « vite vite vite », j’avais des moments de qualité aussi. Évidemment, j’étais brûlée, c’est pas évident deux jeunes tornades en bas de deux ans, mais ça m’a aussi permis de me valoriser et me rappeler que j’étais capable.

jeune enfant frisé sur la balançoireSource image: Unsplash

J’ai vu ma plus grande admirer ma plus jeune et partager de beaux sourires à m’en faire fondre le cœur. J’ai pris le temps de lire, d’écrire et de me questionner sur l’avenir. J’ai eu le temps de me demander comment une pandémie nous affecte également dans la vie de tous les jours. La vie d’avant le coronavirus existera-t-elle encore? Serons-nous davantage conscients de l’importance de s’entraider, se respecter et faire attention à notre santé? Il n’y a pas que du stress dans ce grand phénomène que nous vivons, il y a aussi place à retenir certains aspects et modifier certains axes de notre vie.

Source image de couverture: Unsplash
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Marie-pier Carle

Marie-Pier est maman de deux jeunes filles et intervenante qui aime vous partager son quotidien, ses observations et ses petits bonheurs de la vie. Elle...

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