Faits Vécus

Dans un bar de Charlevoix, le weekend dernier, un événement terrible s’est produit.

J’ai carrément un mal de cœur et une petite boule dans la gorge au moment d’écrire ces mots.

Je vais être bien franche : je ne sais tout simplement pas par où commencer. Les seuls mots qui me viennent à l’esprit en ce moment sont : horreur, cauchemar, bêtise humaine

Je vais quand même me lancer. Toutefois, l’envie de vomir et le motton dans la gorge sont toujours bien présents.

Si tu ne le savais pas encore, voici un petit résumé d’un sujet qui a basculé l’actualité ces derniers jours :

D’abord, Markantoine est un jeune homme en couple avec un autre homme. Jusque-là, tout va bien, right? Malgré qu’il s’agisse de quelque chose de tout à fait normal, ce simple fait a provoqué de la haine chez certains individus. Eh oui! Bien que cela me semble inconcevable, la haine pour les personnes homosexuelles est toujours bien présente. La haine fût telle qu’un séjour à l’hôpital s’en est suivi pour Markantoine et son amoureux.

Autre nausée. Laisse-moi prendre une bonne respiration, je te reviens.

T’es encore là? Parce que moi, honnêtement, j’ai envie de m’enfuir sur la Planète Mars et de me cacher de l’Humanité pour toujours.

Ok, bon, on continue.

Après avoir reçus des insultes homophobes, le couple a tenté de quitter les lieux, mais s’est fait rattraper au galop par leurs bourreaux. Des vols et des coups sans pitié ont frappés les deux hommes.

Black out.

Markantoine a finalement eu le pronostic suivant : une commotion cérébrale, des parties du visage fracturées, et sans aucun doute une vie changée et marquée à jamais.

markantoine lynch-boisvert attaque visage hôpitalVisage de Markantoine après l’agression – Source image: Markantoine Lynch-Boisvert – Facebook

À la lecture de cette tragique nouvelle, j’ai ressenti une grande tristesse et une bouffée d’empathie énorme pour Markantoine et son copain. J’ai également ressenti tellement de colère et d’incompréhension, d’impuissance et de révolte à la fois.

J’ai failli vomir en fait. Vomir tout ce raz-de-marée d’émotion qui m’a fait tomber sur le cul, en bon québécois.

Je ne comprends pas que de tels événements puissent avoir eu lieu. Comment se fait-il qu’il y ait autant de violence, qu’il y ait encore de l’homophobie? Je suis d’autant plus surprise que cela se produise dans mon Canada/Québec dit pacifique et ouvert d’esprit. I mean, on est pas dans la France du Moyen-Âge. On est en 2019.

Je crois que comme société, on doit prendre cet événement comme une alerte rouge (BIP BIP BIP BIP!!!! Ça sonne!! C’est urgent, on doit agir!!!). Par respect pour Markantoine et son copain (ainsi qu’à tous ceux et celles qui sont victimes d’homophobie), on doit en tirer une leçon et prendre toutes les mesures possibles pour qu’un événement haineux, cruel et insensé comme celui-ci ne se reproduise plus jamais.

Cette agression est pour moi le symptôme d’un mal social plus grand : c’est la pointe de l’Iceberg, autrement dit. En effet, combien d’enfants et d’adolescents vivent de l’intimidation, car ils ne sont pas hétéros ou binaires? Combien d’adultes vivent aussi cette violence systémique au cœur de leur travail, dans leur famille ou simplement lorsqu’ils marchent dans la rue aux côtés de leur tendre moitié?

Il y a donc clairement encore des idées préconçues, des préjugés qui circulent et qui sont entretenus dans le quotidien des gens. Pas surprenant : quand on peut lire certains articles de journaux ridiculiser (entre autres choses) l’homosexualité (petit clin d’œil à l’article L’amour du marginal de Richard Martineau, publié il y a quelques jours dans le Journal de Montréal dont je te parle juste ici), il faut s’attendre à ce que les préjugés et la haine soient bien nourris.

Ici, je ne parle pas d’un cas isolé. Partout dans les discours, on entend ce genre de choses humiliantes, banalisantes, dégradantes sur l’homosexualité. Si on fait 1+1, ça fait 2. La haine et la peur de l’autre, c’est entretenu un peu partout, comme on entretient les mauvaises herbes d’un jardin qu’on ne veut pas vraiment voir.

Puis, un dimanche matin bien peinard, on en arrive à lire dans le journal, et on tombe tout droit sur une telle nouvelle.

Maintenant, j’aimerais vraiment que mon coin de pays se mette en action.

Que des mesures éducatives et préventives soient implantées dans les écoles, et ce, le plus tôt possible. Je crois que d’éduquer les enfants en très jeune âge sur ce qu’est l’amour sur toutes ses formes pourrait aider à dissiper les préjugés, et même, un jour, à les faire disparaître.

Je suis peut-être naïve, mais j’ai espoir. Je crois qu’en se mobilisant comme citoyens et comme société, qu’en faisant des actions concrètes, que des changements peuvent faire leur chemin et faire changer le tout pour le tout.

En tout cas, moi, j’ai besoin d’y croire.

À Markantoine et à son amoureux, je vous dis : bon rétablissement et bon courage pour la suite. Je sais pertinemment que c’est une grande épreuve que vous êtes en train de vivre. Mais je vous envoie plein d’amour.

drapeau arc-en-ciel fierté gaieSource image: Unsplash

À tous ceux et celles qui vivent de l’homophobie, je vous envoie aussi plein d’amour. Si tu es victime d’homophobie, je t’invite à aller rencontrer des intervenants spécialisés dans les GRIS (Groupe de recherche et d’intervention sociale) suivants : GRIS Montréal , GRIS Québec et GRIS Chaudière-Appalaches.

Source image de couverture: Unsplash
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Myriam Roy

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