Style de vie

Est-ce que ça t’est déjà arrivé de te sentir vraiment poche pendant ou après un régime? As-tu eu beau faire ou essayer de faire tout ce qu’on te conseillait du mieux que tu le pouvais, mais ça ne fonctionnait tout simplement pas? Il est possible que ça ait fonctionné un bout de temps, puis que les résultats se soient mis à stagner ou même que tu aies repris du poids, comme il est possible que la balance n’ait juste jamais voulu t’indiquer une seule petite livre en moins.

Quand ça arrive, c’est bien rare qu’on critique le régime et qu’on remette en doute sa réelle efficacité. On a plus tendance à se juger soi-même. On se dit: « après tout, si d’autres personnes ont réussi à perdre du poids avec ce régime, pourquoi est-ce que j’en suis incapable?

  • Parce que je suis paresseuse.
  • Parce que je ne suis pas bonne.
  • Parce que je n’ai pas de volonté.
  • Parce que je suis juste une grosse truie* ».
*Désolé pour les âmes sensibles, mais ce sont des termes que j’ai entendu régulièrement dans ma carrière de nutritionniste.

En général, les régimes amaigrissants refusent toute responsabilité lorsqu’une personne ne perd pas de poids. Selon eux, si la personne avait respecté les recommandations, elle aurait perdu du poids, point final. Les témoignages partagés présentent évidemment les cas qui ont été un succès. On évite de parler des centaines d’autres clients qui n’ont pas obtenu les résultats souhaités. En plus, on s’entend que ce ne sont pas ces derniers qui iront sur la place publique pour dire haut et fort qu’ils n’ont pas réussi à perdre du poids ou qu’ils ont tout repris après six mois, car ils se sentent souvent tellement coupables et incapables qu’ils vont simplement garder le silence et retrouver leurs vieilles habitudes jusqu’à ce que la blessure soit à peu près guérie et qu’un autre régime à la mode réussisse à les convaincre de se relancer dans la gueule du loup.

Contrairement à la croyance populaire, non, la personne n’est pas responsable quand un régime ne fonctionne pas. Si elle peut l’être en partie, parfois, il reste que la responsabilité est partagée avec le régime amaigrissant qui n’a pas réussi à répondre à ses besoins particuliers. La gestion du poids est un domaine très complexe qui implique une tonne de facteurs qui s’influencent les uns et les autres. Quand on ne prend en considération que ce que la personne mange et l’activité physique qu’elle fait, comme c’est le cas dans presque 100% des régimes amaigrissants, il manque un grande partie de l’équation.

femme dans un lit qui se pèse au réveilSource image: Unsplash

Si jamais tu te reconnais dans tout ça, sache que 95% des personnes qui débutent un régime amaigrissant reprendront le poids perdu et même plus dans les cinq années qui vont suivre (selon l’Association pour la santé publique du Québec dans leur document « Démasquer l’industrie de l’amaigrissement », novembre 2019).

Ces statistiques sont rarement présentées aux gens. Quand on ignore qu’on n’est pas responsable (ou pas en grande partie) de notre échec, le sentiment d’incapacité a une influence négative sur notre estime personnelle. Le problème est que, moins on a une bonne estime de soi, moins on a confiance en nos capacités à relever des défis comme celui de perdre du poids, donc moins on a des chances d’y arriver et plus notre estime sera amochée. C’est un cercle vicieux. Si une personne a fait des régimes à répétition dans sa vie, les échecs accumulés peuvent avoir complètement détruit son amour-propre. Sans le vouloir, elle peut nuire à ses propres démarches en ayant constamment une attitude négative envers elle-même, soit en croyant qu’elle n’est pas capable de suivre un cours de Zumba, de faire de la course, de cuisiner, de faire des bons choix de collations, de respecter son appétit, etc.

Au contraire, une personne qui a une bonne estime de soi et qui croit en ses capacités aura plus de chances de respecter les signaux de faim et de satiété que lui envoie son corps, d’être capable de dire non quand une amie lui offre une troisième coupe de vin alors qu’elle n’en a pas envie, d’exprimer verbalement ses sentiments plutôt que de les noyer dans le pot de crème glacée, de se foutre des regards moqueurs au gym, de faire des choix pour soi plutôt que pour faire plaisir à quelqu’un d’autre, etc. Tous ces facteurs ont une influence importante non seulement sur la capacité de la personne à perdre du poids, mais aussi sur son sentiment de bien-être.

femme bras ouverts yeux fermés au soleilSource image: Unsplash

Une fois qu’on sait tout ça, la chose qu’on peut se demander, c’est: « mais il est où, le bouton sur lequel on appuie pour avoir une meilleure estime de soi? » Il n’existe pas de bouton ni solution miracle, malheureusement. C’est un travail de longue haleine que je suggère de faire accompagné d’une nutritionniste et/ou d’une psychologue. Chose certaine, l’étape numéro un pour essayer de s’aimer un peu mieux est de se tenir le plus loin possible des régimes amaigrissants. Je ne dis pas qu’il est impossible de perdre du poids quand on est dans cette situation, mais il est essentiel de travailler sur cet aspect avant de penser au poids sur la balance. Une fois que ton estime sera améliorée, c’est important de garder le cap en choisissant des objectifs réalistes qui t’amèneront un peu plus de bien-être dans ta vie! Ça suffit les punitions, les restrictions et tout ce qui est négatif! Il est temps pour toi de miser sur le positif! Tes capacités sont là, en toi, il suffit de leur laisser une chance!

Source image de couverture: Unsplash
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Tania Valiquette

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