Faits Vécus

Pour moi, on est un peu à une époque où on veut tout et maintenant (I see it, I like it, I want it, I got it). On veut pouvoir posséder dans l’immédiat et on ne veut pas se faire imposer des barrières, ce que je ne trouve pas mauvais en tant que tel. On aime pas se faire dire non, avoir des remords et on préfère faire des folies ou des gaffes en se disant: au pire on a juste une vie à vivre (#yolo).

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Mais en jasant avec des amies l’autre jour, j’en suis venue à me questionner sur l’influence de ce mouvement générationnel-là sur diverses facettes de nos vies. Un sujet qui est vraiment venu me chercher, c’est le principe des relations ouvertes. Je vais peut-être me faire lancer des roches ou perdre le droit d’écrire ici, mais c’est un concept que j’ai vraiment de la difficulté à comprendre.

En fait non, je comprends vraiment en quoi ça consiste. J’ai plus de la difficulté à m’imaginer un contexte où ça peut être et rester sain à long terme. Je pense que j’ai un sentiment de malaise à imaginer la personne que j’aime désirer quelqu’un d’autre. Je n’ai non plus jamais vu une relation de ce genre-là qui fonctionnait pour les deux personnes de façon saine. Ça finit toujours qu’un le fait pour l’autre.

Je ne dis pas que je crois que deux personnes sont faites pour se combler jusqu’à la fin des temps, parce que l’humain évoluant constamment, il est totalement possible qu’au fil des années les attirances disparaissent. Mais dans une relation relativement jeune, l’amour et la compagnie d’une seule personne ne devrait-elle pas être suffisante? C’est correct d’avoir envie de nouvelles expériences, je suis plus que d’accord avec ça. Mais si on parle d’avoir envie de quelqu’un et non pas d’une expérience, il est là mon problème.

couple vélo romanceSource image: Pixabay

Je pense que mon blocage est dû au fait que moi et le concept de détachement émotionnel, ça fait huit. Je m’attache à des rires, des expressions, des odeurs, des situations et surtout des gens. Je veux aimer dans le moment présent, mais je ne peux m’arrêter de penser au futur. C’est dans cette optique-là que je me vois mal avoir un certain plaisir avec quelqu’un, en sachant qu’à la fin je suis en amour avec une autre personne. Dites-moi que je suis fermée d’esprit ou que je vis en 2014, c’est correct, mais ce n’est pas tout à fait ça.

Comme je dis, c’est un concept qui est flou pour moi, sur lequel j’ai de la difficulté à émettre une opinion claire.

Mais ce que j’essaye de dire, c’est que dans notre société qui se veut de plus en plus ouverte, qui crée des mouvements pour intégrer le plus de gens possible comme ils le sont, dans une société qui retire les étiquettes des genres qui étaient imposés, qui fait des efforts… Dans cette société-là où on veut tout, tout de suite, où rien n’est grave, j’ai peur que même les relations interpersonnelles se laissent avoir par ça. Qu’à vouloir tout, on veut aussi pouvoir avoir tout le monde.

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Eva Travaillaud

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