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Le texte suivant a été rédigé dans le cadre du projet « Hommage aux fxmmes #metoo ». L’idée derrière ce projet est d’offrir une nouvelle voix au mouvement #metoo, particulièrement dirigé vers des dénonciations par les fxmmes d’agressions ou d’inconduites sexuelles, bien que les fxmmes ne soient pas les seules à être victimes de la violence sexuelle. Les auteurs.trices qui prendront part au projet partageront avec vous leurs réflexions, leurs opinions, leurs observations ainsi que leur soutien, leur amour et leurs souhaits pour l’avenir quant à la cause de la violence sexuelle. 

– Laurianne André, bachelière en sexologie

Quand j’ai lu, en juillet dernier, qu’une de mes amies avait été une des jeunes victimes du blogueur agresseur Gab Roy, je suis tombé sur le cul. Plus je vieillissais, et plus je m’impliquais dans les luttes sociales, plus je comprenais que les violences sexuelles sont une réalité; mais ça fait quand même différent quand ça arrive à quelqu’un que tu connais. Puis, de plus en plus de gens dans mon entourage ont fait des dénonciations… Puis, ma blonde a réalisé, à travers cette vague de dénonciations, que quand un gars beaucoup plus vieux qu’elle l’avait forcée à multiples reprises à l’embrasser, bin ça c’était une agression.

Des dizaines de personnes comme elles ont réalisé qu’elles avaient déjà été agressées; ou qu’elles connaissaient quelqu’un qui l’avait été. D’autres ont réalisé que leurs proches étaient des agresseurs. Des injustices et des souvenirs violents ont été déterrés et exposés au grand jour. Le passé qui revient en galopant, des souvenirs qu’on a enfouis pour se protéger qui refont surface dans un mélange de larmes et de flashbacks.

C’est certain qu’au début, ma blonde a trouvé ça très difficile. Elle me disait que ça ne valait pas la peine de dénoncer, que ça lui faisait trop de peine… Je me suis demandé, que faire dans cette situation? On ne peut pas forcer personne à dénoncer son agresseur, surtout quand on voit la honte dont sont victimes celles qui dénoncent. Mais, être forcées à oublier, être forcées à se sentir impuissante et ne pas avoir le droit d’en reparler, des années plus tard, c’est aussi un peu ça la culture du viol.

article ma blondeSource image : Pexels

Finalement, elle a suivi son instinct, elle a décidé de ne pas dénoncer publiquement, mais de parler à d’autres victimes, et à d’autres amis qui connaissaient la situation. Elles se sont encouragées. Je l’ai vu revivre des expériences traumatisantes en pensée, je l’ai vu être extrêmement forte. Son courage et sa résilience m’impressionnent. J’ai aussi vu la beauté et la force de ce mouvement solidaire et diversifié, de gens qui se tiennent les coudes et qui se sont défendus sur les réseaux sociaux, dans les rues, au travail, autour de la table à dîner.

La réalité, c’est que toute cette souffrance que les victimes doivent vivre non pas une fois, mais à nouveau à chaque fois qu’on parle d’agressions sexuelles, c’est la faute des agresseurs. C’est la faute des agresseurs et de tout un système judiciaire, culturel, économique, qui les défend, et qui dit aux victimes «Chut, tu ne dois pas trop brasser la cage.», «Mais, t’aurais pu faire un peu plus attention ! », «Ça fait longtemps, on peut tu passer à autre chose?». Et donc toutes les femmes qui ont décidé de ne pas en parler, on doit les comprendre et les défendre. Et toutes celles qui sont sorties en public pour dénoncer publiquement leurs agresseurs, on doit les comprendre et les défendre. Et c’est la même chose pour tout ce qu’il y a entre les deux.

Mais à qui revient le mérite de l’avoir soutenu? Certainement, j’ai fait de mon mieux, mais le mérite revient vraiment à l’ensemble de l’élan de solidarité. Isolées, plusieurs victimes n’auraient pas eu le courage de dénoncer leurs agresseurs. Mais le tout est plus grand que la somme des parties : et la solidarité les aura aidées à dénoncer, ou simplement à ne pas se sentir seules.

Le plus récent mouvement #metoo a été difficile. Et il y en aura d’autres, et d’autres mouvements sur d’autres enjeux. Mais, tout ça a été très inspirant. Ce genre de choses me donne espoir et me prouve, encore une fois, comment la solidarité est la clé de notre avenir.

Si j’avais un court message à passer à toutes celles et ceux qui ont dénoncé et vont continuer à le faire : On vous croit, on est avec vous, ne lâchez pas. La peur doit changer de camp !

Source image de couverture : Pexels
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