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Le texte suivant a été rédigé dans le cadre du projet « Hommage aux fxmmes #metoo ». L’idée derrière ce projet est d’offrir une nouvelle voix au mouvement #metoo, particulièrement dirigé vers des dénonciations par les fxmmes d’agressions ou d’inconduites sexuelles, bien que les fxmmes ne soient pas les seules à être victimes de la violence sexuelle. Les auteurs.trices qui prendront part au projet partageront avec vous leurs réflexions, leurs opinions, leurs observations ainsi que leur support, leur amour et leurs souhaits pour l’avenir quant à la cause de la violence sexuelle.

– Laurianne André, bachelière en sexologie

Entre deux vagues de confinement, j’ai pris le temps de regarder la série américaine «The Morning Show» avec Jennifer Aniston et Steve Carell. Cette émission m’a permis de bien comprendre l’ampleur des agressions sexuelles dans la vie des femmes et, plus particulièrement, m’a fait réfléchir quant aux rôles des hommes dans cette culture du viol. Le destin a bien fait les choses pour m’aider dans mes réflexions puisqu’une importante vague de dénonciations a frappé le Québec cet été. Cette vague s’est avérée importante en matière de nombre, mais également par la pertinence de ce sujet pour notre société qui se méritait un examen de conscience.

En tant qu’homme, jamais je n’avais réellement pris le temps d’y réfléchir ou de me mettre dans la peau d’une femme. Je n’ai pas peur de me promener le soir dans la rue, je ne me suis jamais fait prendre une fesse dans un bar et si un jour je décide de montrer un peu trop de peau, personne ne va remarquer, donc pourquoi est-ce que j’y réfléchirais?

Entre hommes, nous en avons discuté également. Je suis étudiant universitaire et la plupart de mes amis le sont aussi. Dans ma tête, entre personnes éduquées, le sujet tomberait rapidement dans l’évidence du problème des agressions sexuelles. J’ai bien vite réalisé que ce n’était pas tous les gars qui étaient rendus à la même étape de leur réflexion. Je vous rassure, tous étaient d’accord pour condamner l’agression sexuelle. En revanche, deux éléments m’ont particulièrement troublé lors de ces conversations.

Premièrement, la définition d’agression sexuelle reste encore très floue dans l’esprit de plusieurs. Arrêtons de seulement identifier l’agression sexuelle au viol quand ce n’est qu’une seule forme d’agression sexuelle. Combien de fois j’ai entendu des gars dire que « c’est pas si pire, il l’a pas violé », mais ça va tellement plus loin. Si seulement on, les gars, pouvait comprendre qu’une agression sexuelle ne se résume pas à s’imposer physiquement et violemment sur une fille. De cette manière, on arrêterait de banaliser leurs réactions, on les prendrait au sérieux et ça règlerait une bonne partie du problème.

Le problème est aussi dans l’admission d’être un membre important de ce problème, de cette culture du viol. Si, malheureusement, la majorité des filles ont été victimes d’un acte d’agression sexuelle, je mettrais ma main au feu que la grande majorité des hommes ont posé un acte d’agression sexuelle au cours de sa vie.

problème me tooSource image : Pexels

Ma deuxième réflexion découle de celle-ci. Trop souvent, l’orgueil surpasse la bonne conscience. Personnellement, je crois être un bon petit gars bien éduqué, mais en réfléchissant à mes actions passées, j’ai été en mesure de cibler des événements où je n’ai pas été si bon que ça et que mes actions ont peut-être frôlé ou dépassé la limite.

Dans mon cercle social, certains gestes posés par des collègues et amis me sont également venus à l’esprit comme des actes d’agressions sexuelles. Cependant, quand j’en parlais à mes amis, très peu partageaient mon opinion. Trop souvent j’ai entendu des gars excuser des actions de leurs amis : « Il avait bu ! », « Elle avait l’air down! », « Il est maladroit avec les filles. ». Je suis désolé, mais être maladroit, ce n’est pas une excuse pour agresser une fille, ça ne l’a jamais été et ça ne le sera jamais.

Sans vouloir me lancer dans la psychopop, je suis convaincu qu’admettre qu’un de nos amis, ou nous-mêmes, a été l’auteur d’une agression sexuelle, c’est admettre qu’on a participé à cette culture du viol. Cette déclaration par contre, mon dieu qu’elle fait peur à l’orgueil masculin. C’est pourtant la seule manière de mettre fin à cette culture du viol, en admettant qu’on y a contribué, pour ensuite arrêter d’y participer. En effet, on y contribue encore quotidiennement, nous tous.

Donc, les filles, merci d’être courageuses et de vous battre pour une égalité des sexes qui bénéficie à tout le monde. Et les gars, admettons nos torts et excusons-nous. Il est temps d’en faire plus, de s’éduquer et d’arrêter de normaliser la masculinité toxique. Ça ne nous rendra pas moins mâle pour autant, mais ça va certainement nous rendre plus humain.

Source image de couverture : Unsplash
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Antoine Massie

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