Faits Vécus

Quand j’ai décidé d’arrêter la contraception hormonale pour me tourner vers un stérilet de cuivre, j’étais bien sûre de ma décision. C’était l’option que je jugeais être la meilleure pour moi et je ne me suis pas laissé démonter par les histoires d’horreur d’autres femmes dans mon entourage, ni par mon médecin lorsqu’il me listait les effets secondaires possibles. Les hormones de synthèse, c’était terminé pour moi. C’est une décision que j’assumais et que j’assume encore à l’heure où j’écris ce texte puisque je me porte effectivement beaucoup mieux depuis que j’ai cessé la contraception orale.

Là où ça s’est corsé, c’est au moment où j’ai décidé de faire retirer mon stérilet parce que mon partenaire et moi avons décidé concevoir…

Naturellement, j’ai contacté la clinique où mon gynécologue pratique pour prendre un rendez-vous. Malheureusement, l’horaire était complet et on m’a demandé de rappeler dans plusieurs semaines. J’ai donc gentiment attendu avant de les relancer. Quand j’ai finalement tenté de les recontacter, on m’a informée que mon gynécologue a choisi de faire exclusivement des suivis de grossesse et ne prend plus de suivis gynécologiques réguliers (sérieux!?). C’était donc impossible pour moi d’avoir un rendez-vous avec lui. Et comme je n’ai pas de médecin de famille, j’ai dû entamer un processus de recherche qui s’est avéré être plus long que je ne l’aurais cru.

J’ai commencé mes recherches en contactant les cliniques de gynécologie des environs, avec en main une référence de mon gynécologue stipulant que je souhaitais faire retirer mon stérilet. On m’a répondu à chaque fois de leur faxer la référence et on m’a dit qu’on entrerait en contact avec moi. Après plusieurs semaines, mes envois demeuraient toujours sans réponse. Quand j’ai décidé d’appeler pour savoir où en était ma demande, on m’informait qu’elle avait bien été reçue et qu’on me contacterait quand il y aurait de la place.

femme enceinteSource image: Unsplash

Je me suis donc tournée vers les cliniques de planification des naissances qui ne s’occupent apparemment pas de faire la pose ou le retrait de stérilets. Une gentille dame m’a donné le nom d’un CLSC où il y aurait des « cliniques de stérilets » en me disant qu’ils seraient peut-être plus en mesure de m’aider. Lorsque j’ai téléphoné au CLSC, on m’a informée qu’ils s’occupent seulement de la mise en place du dispositif intra-utérin. On m’a alors dit que ma seule option était d’aller dans une clinique sans rendez-vous. Le hic ici, c’est que ce ne sont pas tous les médecins au sans rendez-vous qui acceptent de faire de genre d’intervention. Il faut donc jouer à cherche et trouve et passer de nombreuses minutes (voire des heures) au téléphone afin de contacter les secrétaires des cliniques en question et leur demander si les médecins font ce genre de procédures.

Le premier médecin que j’ai trouvé ne pouvait me voir que cinq semaines plus tard. Après plus de trois mois de démarches, je commençais à désespérer un peu. Cinq semaines, tu vas me dire que ce n’est pas bien long… Mais quand ça fait plus de trois mois que tu cherches un médecin, que ton chum et toi êtes enfin prêts pour fonder une famille et qu’on te fait attendre de la sorte, ça peut être assez frustrant. Concevoir, ça ne se fait pas nécessairement en claquant des doigts pour tout le monde. Je ne suis pas dupe, je sais qu’il faudra peut-être plusieurs mois avant de voir le petit + sur le test de grossesse. Alors chaque mois « perdu » dans ce genre de démarches, c’est un mois qui s’ajoute à l’attente du moment où je tiendrai mon bébé dans mes bras.

J’ai donc décidé de ne pas arrêter mes recherches là.

J’ai redoublé d’ardeur et me suis fait une liste de toutes les cliniques sans rendez-vous de mon coin que j’ai appelées une par une. Et finalement…. BINGO! J’en ai déniché une où tous les médecins acceptent de le faire. Je peux prendre un rendez-vous au sans rendez-vous (c’est quand même drôle à dire), par internet la veille ou au téléphone le matin même. Je vais donc attendre mes prochaines règles pour me présenter à la clinique (si tu ne le savais pas, il est préférable de faire l’insertion et le retrait du DIU lorsque tu as tes règles et que ton col est un peu plus ouvert parce que c’est généralement moins douloureux).

mobile pour bébéSource photo: Unsplash

Lorsque j’ai opté pour cette méthode de contraception, je n’ai pas pensé qu’il pouvait s’avérer compliqué de le faire retirer et on ne m’en a pas informée. C’est un aspect que je n’avais pas pris en considération et j’aurais aimé en être consciente au moment de ma prise de décision. Est-ce que j’opterais de nouveau pour le stérilet? Probablement… Mais je prendrais les délais possibles en considération et peut-être que pour m’éviter de passer autant de temps à chercher, j’opterais pour la médecine privée. C’était mon dernier recours, si je ne trouvais pas un endroit qui pouvait me prendre rapidement au public. Et avec un peu de recul, je pense que j’aurais dû aller plus tôt de l’avant avec cette option-là. Je me serais évité bien des démarches et des frustrations.

Je me demande si mon histoire rocambolesque relève de l’exception ou bien si plusieurs se sont retrouvées dans ma situation. En tout cas, quand j’ai rappelé la secrétaire de la clinique de planification des naissances pour l’informer que le CLSC auquel elle m’avait référée faisait bien la pose de stérilet, mais pas le retrait, elle s’est exclamée : « Voyons, c’est ben compliqué! ». Disons que ça résume très bien le fond de ma pensée!

Source photo couverture: Unsplash 
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Gratitude, quand tu t’empares de moi!