Faits Vécus

C’est un fléau depuis quelques semaines ; je n’arrive plus à dormir la nuit.

Je n’ai jamais fait d’insomnie, sauf quelques fois dans un grand moment de stress ou d’ennui. Je n’ai jamais été la personne qui ne dormait pas. Je dors partout, tout le temps, sans problème. Pas nécessairement bien, mais je dors.

Et maintenant, chaque fois que je me réveille la nuit, c’est la même bataille. Impossible de me rendormir.

Pourquoi?

Le stress.

Tout simplement. 

Ce gros mot qui fait que mon esprit tourne et tourne et tourne sans s’arrêter. Ce phénomène qui met mon cerveau en marche et voilà il est parti. Une fois qu’il est sur la piste, il est parti pour la gloire.

Je pense au travail et à toute la pression qui vient avec. Auquel je pense, même dans mes moments de repos, même la fin de semaine. Et je me questionne sur ma sanité dans tout ça.

Je pense à mes amis. Au fait que je m’ennuie d’eux. Que je trouve que les choses changent et que ça me fait peur. Que j’ai l’impression que, non seulement, j’ai manqué le bateau, mais qu’on ne m’a pas dit qu’il partait.

Je pense à mon futur et j’ai peur de ne plus m’y reconnaître. De devenir une inconnue dans ma propre vie. Une figurante sur le pilote automatique, parce que c’est ce que je devrais faire.

Je pense à mon petit monsieur, à qui je veux donner une vie paisible, mais qui vient avec tellement de contradictions. Est-ce qu’il y a quelque chose de plus jugé qu’un parent? Est-ce qu’il y a une job, une vocation, qui vient avec plus d’ignorance et d’inexpliqué?

Je pense à tout ça. Donc je ne dors pas. Une logique terrible qui me donne des cernes et m’enlève le peu de motivation qu’il me reste dans ma journée. Ce n’est agréable pour personne.

Je sens que je manque d’air.

Je m’ennuie d’une naïveté qui ne m’a jamais vraiment appartenu, mais à laquelle j’ai envie de m’accrocher, juste parce que.

L’insouciance. Respirer ce concept à grands poumons, jusqu’à ce que ça brule. Que mon nez en soit rempli et que je puisse enfin m’évader et décrocher.

Et juste dormir.

Parce que c’est clairement tout ce que je demande. Rien de bien compliqué. Juste cet état somptueux d’oubli et de plénitude. C’est simple.

Mais je n’ai jamais été particulièrement coopérative.

Je ne m’étonne donc pas de me voir échouer.

Mon stress est malheureusement plus fort que moi. Je lui ai déclaré forfait. Ce royaume qu’est ma tête lui appartient tout entier, sans résistance. Il édifie sa forteresse fièrement. La machinerie lourde perce mes tympans.

Et je ne dors toujours pas.

Source de l’image de couverture : Unsplash
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Emmanuelle Ceretti-Lafrance
Éditrice et gestionnaire de blogue

Elle a un peu trop de livres, peut réciter par coeur les répliques des films du Seigneur des anneaux en français, est de son époque...

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