Arts de la scène

L’équipe du blogue Le Cahier a été invitée à assister à la pièce déambulatoire Plácido-Mo. C‘est le sixième spectacle de quartier du théâtre Espace Libre. Ce genre d’œuvre fait appel à la participation du public. Ainsi, le théâtre et le quartier Centre-Sud font partie intégrante de la scène. Le concept est très original et permet de voir l’itinérance autrement. Le Cahier a déjà traité le thème de l’itinérance, mais cette fois nous l’aborderons sous un angle différent. 

Source de l’image : courtoisie de l’auteure

Est-ce que tu vois ce que je vois?

 Munis d’un casque d’écoute, les spectateurs sont invités à déambuler dans les rues du quartier. La voix envoûtante de la narratrice nous raconte l’histoire de trois personnes qui vivent en situation d’itinérance. Au fil du récit, nous apprenons à connaître leurs endroits et moments préférés. Ce qu’ils ont trouvé difficile dans le fait de vivre dans la rue. Et soudain, on regarde les choses les plus banales d’une autre manière. D’ailleurs, la production a placé certains accessoires le long du chemin, ce qui rend le tout encore plus réaliste. Soyez donc vigilants, certains font partie du décor et d’autres ne devraient pas se retrouver là normalement.

Source de l’image : Pixabay

Au cœur de leur intimité

En écoutant les récits de Diane, Mario et Nicolas, on prend tout à coup conscience que leur réalité est bien différente. Là où nous voyons une bibliothèque, ils voient une toilette potentielle. Car après tout, nous dit-on, des livres, on en trouve partout. Mais les toilettes en hiver, c’est compliqué. Là où nous voyons un café, ils voient un endroit où ils pourront dormir à l’abri.  Je ne sais pas pour vous, mais je ne verrais plus jamais la rue de la même façon. Ce qui m’a profondément touché c’est la manière dont les 3 protagonistes ont ouvert la porte sur leur intimité. Ils ont osé dévoiler des instants de vie qui auraient pu les mettre mal à l’aise, mais non, ils se sont livrés en toute simplicité. 

Plácido-Mo, c’est qui, c’est quoi?

Le concept vient d’Espagne, il a été créé par la comédienne Magda Puig Torres en réaction à la crise économique. En 2010, un chômeur espagnol avait adopté, le patronyme Plácido-Mo, afin de parler de sa vie et de celles d’autres itinérants sur Twitter.  Il utilisait ce nom comme pseudonyme, mais Plácido Morales a bel et bien existé. Il s’est éteint à l’âge de 52 ans. Son histoire a inspiré la dramaturge pour créer ce spectacle.  Il a été adapté à la réalité montréalaise en collaboration avec le journal l’Itinéraire et le théâtre Espace Libre. Et la beauté de cette création c’est qu’elle est adaptée pour chaque ville dans laquelle le spectacle déplace. Ainsi, un pont est créé d’un océan à l’autre: de la Catalogne au Québec.

Disponible jusqu’au 5 septembre

Tout cela pour dire, allez acheter un billet pour ce spectacle. C’est original, touchant et vraiment vous ne verrez plus les itinérants de la même manière. Toutefois, une petite mise en garde a été émise sur le site d’Espace libre.  Le parcours dure une heure, la distance marchée est d’environ 2 km. Donc, si vous avez mal au dos, aux pieds ou ne pouvez pas rester debout longtemps, ce n’est peut-être pas une bonne idée. Pour les autres, vous ne voudrez pas rater ça.

Source de l’image de couverture : Pixabay
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