Style de vie Voyage

Nous avions donc trouvé un couple qui se rendait en vacances à Vienne en voiture qui était prêt à nous amener avec eux. Nous nous rendons au point de rendez-vous, en banlieue de Paris. Enfin, nous allions pouvoir commencer notre voyage!

C’est ce que je pensais…

Nous attendons devant la station avec tous nos bagages pendant 45 minutes. Aucun signe d’eux. Nous demandons à quelqu’un de nous prêter son téléphone et nous appelons le conjoint. Ils sont en retard, mais devraient partir dans la prochaine heure. Il propose de le rencontrer chez eux, en attendant.

Comme ce n’est qu’à 15 minutes de marche de la station, nous nous y rendons. Sur place, nous constatons la situation. Il n’y a pas de couple. Il n’y a que lui. Il habite dans un débarras doublé d’une cour à scrap. Et je ne sais pas ce qu’il fait, mais il n’est pas prêt à partir.

Devant l’ambiance sketch, nous retournons à la station. Une heure passe, toujours pas de nouvelles. Ne nous sentant pas à l’aise, nous décidons de retourner dans Paris. À bien y repenser, je ne regrette absolument pas cette décision. Qui sait ce qui aurait pu arriver.

Mais, encore une fois, tout est de ma faute. Élisabeth me crie dessus et m’ignore tout le reste de la soirée. Découragée, je finis par accepter de réserver le vol trop cher qui quitte le lendemain matin pour Vienne. Tout ce qu’il faut, c’est quitter Paris pour que ça aille mieux, que je me dis naïvement.

Je n’ai jamais eu aussi tort.

 

Bratislava

Source de l’image : Unsplash

 

Tout au long du voyage, elle me fait des commentaires dégradants. Autant sur ma personnalité que sur mon physique. Une journée, elle dit que je suis dont belle et le lendemain, elle ne comprend pas comment je peux vivre avec moi-même. Le matin, elle agit comme la meilleure personne du monde et le soir, elle devient une personne méchante. Je voyage avec Dr. Jekyll et Mr. Hyde.

De Vienne, elle a voulu aller à Bratislava en bateau. Un plan qui déviait de notre itinéraire d’origine. J’étais plus endettée que je ne le pensais suite au billet d’avion inattendu, j’ai donc demandé à ce qu’on n’y aille pas.

La crise.

Je n’étais apparemment pas capable d’être spontanée et je ne savais pas ce que c’était que de voyager ”pour de vrai”. Elle m’a manipulée, encore une fois. Elle savait très bien que j’avais peur de me retrouver toute seule. Je me suis donc rendue à Bratislava. Puis à Budapest, parce que c’est à côté et il faut être impulsive, n’est-ce pas?

Je ne regrette pas du tout d’avoir visité ces endroits. Budapest a été un de mes coups de coeur de ce voyage. Cependant, la manière dont tout ça s’est passé me trouble encore. Je me rappelle être dans un état constant de stress, faire attention de ne pas me mettre le pied dans la bouche à chaque phrase. Je marchais sur des oeufs constamment.

 

Budapest

Source de l’image : Unsplash

 

Élisabeth a tenté de me semer une seconde fois à Prague.

Elle disait vouloir partir quelques jours visiter un couple d’amis en Bavière. Et j’ai été tellement stupide. Jeune et stupide. J’ai choisi de l’accompagner. Je le regrette encore aujourd’hui.

Ce qu’il faut savoir, c’est que depuis le début du balbutiement de ce voyage, moi, je voulais aller à Prague. J’avais hâte de visiter Prague. La ville se situait dans ma liste d’endroits à visiter depuis longtemps et j’étais extatique d’y être enfin. C’est le lendemain de notre arrivée qu’Élisabeth a voulu partir chez ses amis. Nous avions réservé l’auberge pour deux autres jours. Et je l’ai suivie.

J’ai donc passé une journée et demie à Prague.

Je sais que j’aurais pu rester sur place et attendre son retour, vivre ma vie et ma journée. Mais je ne m’en sentais pas capable. Puis, avec toutes les insultes qu’elle me lançait depuis le début, je ne me sentais plus moi-même. Je me sentais comme une moins que rien, qui ne pouvais rien faire. Ses paroles m’avaient atteinte plus que je voulais l’admettre et je n’ai pas su me sortir de ma torpeur.

Je retournerai à Prague un jour, j’en suis convaincue. Et je prendrai le temps d’apprécier cette ville comme elle aurait dû l’être.

Avec ses amis, elle me traitait aux petits oignons et était la meilleure version d’elle-même. Un répit pour moi aussi, en ce sens.

Puis l’Allemagne. Finalement. La fin des 3 semaines.

C’est attablées autour d’un verre à dans un Beer Garden à Berlin qu’elle m’a avoué qu’elle ne me considérait même pas comme une amie. Elle ne considérait personne de notre programme à l’Université comme des amis. C’est à ce moment que j’ai décidé de déconnecter mon cerveau. Comme si j’avais les pensées engourdies par le froid. Je me suis mise sur le pilote automatique pour essayer de finir ce voyage avec le brin de santé mentale qui me restait.

De retour à Montréal, je n’ai jamais voulu la revoir. Elle m’appelait régulièrement pour me proposer un verre, un brunch, une balade. Je refusais systématiquement. Je l’ai croisée une fois, totalement par hasard. L’énergie qu’elle dégageait m’a tout de suite paralysée et je me suis rappelée pourquoi je l’avais sortie de ma vie. Une personne toxique n’a pas de place dans mon quotidien. Encore moins dans mon voyage.

J’aimerais spécifier que les endroits que nous avons visités étaient incroyables! Je recommande à tout le monde de visiter l’Autriche, pour se sentir comme dans la Mélodie du bonheur. Faire des blagues de Euro-Trip à Bratislava ou manger le meilleur plat de patates à Budapest. Il faut absolument boire trop de bières à Munich ou aller dans une galerie d’art très étrange à Berlin. Mais, surtout, je vous en prie, allez à Prague pour moi.

 

Source de l’image de couverture : Unsplash
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Emmanuelle Ceretti-Lafrance
Éditrice et gestionnaire de blogue

Elle a un peu trop de livres, peut réciter par coeur les répliques des films du Seigneur des anneaux en français, est de son époque...

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Partir en voyage avec la mauvaise personne - Partie 1