Faits Vécus Style de vie

Je commencerais ce texte en vous disant que je n’ai pas d’enfants! J’entends déjà des parents me dire que je ne connais pas vraiment la fatigue tant que je ne serai pas mère. Je déteste cette phrase. Chacun vit sa fatigue différemment. 

Je vis avec la mienne depuis le début de l’âge adulte.

Elle prend quand même beaucoup de place dans ma vie. Assez pour dire que je connais exactement le nombre d’heures de sommeil dont j’ai besoin pour ne pas me sentir toute croche. Que lorsque je fais des siestes, ce sont des siestes de trois heures. Ou qu’à chaque activité que je planifie, je pense à la fatigue qui va en résulter.

Pour moi, déplacement = fatigue, activité = fatigue, retour à la maison = fatigue.

J’ai de la difficulté à voir l’aspect plaisir avant tout. J’essaie de plus en plus de me défaire de cette pensée, mais si vous me proposez une randonnée en montagne, je pense immanquablement à si je vais avoir assez d’énergie pour le reste de la journée. Non, je n’élève pas d’enfant. Est-ce que ma fatigue serait plus grande si c’était le cas? Peut-être, mais peut- être pas non plus.

Et surtout ça n’invalide en rien celle que je ressens présentement!

Il y a des milliers de raisons pour être fatigué.

Il y a la prise de médicament, la santé physique et mentale, le fait que nous vivons dans un pays hivernal ou il fait noir à 16h00 tous les soirs et ce, quatre mois par année, la charge mentale, le stress émotionnel, financier, de performance, la pandémie et j’en passe.

Oui, avoir une famille et des enfants sont aussi de raisons très valides. Mais ça ne devrait pas être l’unique, la meilleure ou la seule raison qu’on a le droit d’utiliser pour dire qu’on ne veut pas sortir le samedi soir. Je trouve réducteur qu’on accepte collectivement que la seule fatigue viable soit uniquement celle des parents, alors qu’on ne connaît pas nécessairement le quotidien des autres personnes.

J’ai deux amis proches de la fin de leur grossesse. Leurs corps mettent beaucoup d’énergie à peaufiner leurs bébés. C’est sûr qu’elles sont fatiguées et je les comprends. Par contre, si j’ai eu la semaine la plus stressante de l’année au bureau, que je suis brûlée et que je leur en glisse un mot, je m’attends à ce qu’elles comprennent également. Ce n’est pas une compétition de qui est la plus fatiguée. C’est seulement une question d’être là l’une pour l’autre!

Bref, je vous souhaite tous d’être en mesure de parler de votre fatigue, peu importe la raison. Tout le monde a le droit de chialer! Vous êtes valide et vos émotions aussi.

Aussi, est-ce qu’on pourrait s’il vous plait en finir avec la fameuse phrase des enfants? Je crois qu’elle ne sert qu’à faire culpabiliser les gens. C’est normal de se sentir fatigué, qu’on soit parent ou non.

Sur ce, je nous souhaite à tous une bonne période de repos et, pourquoi pas, une bonne sieste de trois heures!

 

Source de l’image de couverture : Unsplash
-->
Un article de
Clara Gaudreault's Avatar
Clara Gaudreault

Le Cahier a la chance de compter sur une équipe de collaborateurs spontanés. Pour en faire partie, écrivez-nous à [email protected]!

Mes articles 
Next articles
Article Featured Image

Comment gérer les commentaires grossophobes de votre famille dans le temps des fêtes