Faits Vécus

Je crois que ça fait longtemps que nous n’avons pas eu des dénonciations massives de la sorte. Si je me rappelle bien, la dernière grosse vague de dénonciation date d’il y a trois ans avec le mouvement social #MeToo (#MoiAussi) à la suite de l’affaire Weinstein. Depuis le début de l’été 2020, il y a une nouvelle vague de dénonciation en cours avec le mot-clic #OnVousCroit. Cette fois-ci, il y a encore plus de personnalités qui sont dénoncées, et on y retrouve parfois même quelques surprises. On ne dénonce pas seulement les agressions sexuelles, mais aussi les agissements et les comportements répréhensibles. Je vous suggère de lire ce que ma collègue Kimberly Stringer a écrit à propos de l’historique de cette vague de dénonciations, ainsi que de celles qui l’ont précédées.

Dans le monde de la lutte professionnelle…

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Depuis juin 2020, il y a eu le mouvement #SpeakingOut pour dénoncer la violence émotionnelle et physique, le harcèlement et les abus sexuels dans le monde de la lutte professionnelle. Ce mouvement a commencé à la suite de l’accusation d’agression sexuelle contre le lutteur David Starr. Par la suite, de nombreuses personnes de l’industrie de la lutte professionnelle ont accusé plusieurs lutteurs, promoteurs, personnalités et journalistes d’avoir commis divers types d’inconduites sexuelles. Les diverses allégations d’abus, d’inconduites et d’agressions à caractères sexuels contre le lutteur et promoteur Mike Quackenbush ont notamment forcé la compagnie Chikara à fermer ses portes. Dans ce cas-ci, je suis particulièrement touché par ce qui se passe en ce moment dans le monde de la lutte (étant moi-même un grand partisan de ce sport). Je me sens mal pour toutes les personnes qui vivent des agressions de la sorte.

Même les plus grandes compagnies de lutte, telles que l’AEW et la WWE, n’ont pas échappé à ce mouvement. Dans le cas de l’AEW, on peut citer l’exemple du lutteur Jimmy Havoc qui a été accusé de violence psychologique et verbale par son ancienne partenaire. Les dirigeants de la promotion ont annoncé que celui-ci suivrait une thérapie pour un certain nombre de problèmes. Il y a aussi le lutteur Sammy Guevara qui a fait une blague dans le passé en disant qu’il voulait violer la lutteuse Sasha Banks. La promotion a suspendu Sammy Guevara, alors que celui-ci a accepté de suivre une formation sur la sensibilité pour l’aider à comprendre la gravité de ses commentaires. C’est bien beau s’excuser, mais ça ne réparera pas totalement les torts commis dans le passé et la culture du viol continuera d’être présente s’il n’y a pas une éducation pertinente sur le sujet.

Quant à la WWE, on peut citer l’exemple du lutteur Jack Gallagher qui a été accusé d’agression sexuelle et qui a été renvoyé depuis. Il y a aussi le lutteur Matt Riddle qui a été accusé d’inconduite sexuelle, ce qu’il dément. La WWE était déjà au courant de ces allégations quelques années plus tôt, et le lutteur continue encore de performer sur le ring. Ou encore, même si la parole des hommes sur ce sujet est plus rare que celui des femmes, Keith Lee, l’actuel champion de la NXT, soupçonne d’avoir été drogué pour du sexe par une femme il y a quelques années. Il est important de mentionner que les hommes aussi peuvent subir des agressions sexuelles. Mais, ça me dérange quand des personnes réagissent lorsqu’une fille se fait agresser sexuellement, mais qui ne traitent pas les hommes de la même façon lorsqu’ils leurs arrivent la même chose.

Dans l’industrie des jeux vidéos…

Il n’y a pas que dans le monde de la lutte qu’il y a eu des dénonciations. Il y en a aussi eu dans l’industrie du jeu vidéo. Diverses compagnies ont été ciblées, dont le siège social d’Ubisoft à Montréal. La joueuse professionnelle Stéphanie Harvey a affirmé avoir subi du harcèlement et du sexisme dès son arrivée chez Ubisoft. Depuis, plusieurs personnes ont manifesté leur opinion pour un changement de culture dans l’industrie du jeu vidéo. Avec les dénonciations en cours, plusieurs cadres et employés d’Ubisoft, dont des hommes et des femmes, ont été remerciés de leurs services. Il y a également eu d’autres cas d’abus et d’agressions dans d’autres studios de jeux vidéos. Des employés ont notamment soulevé des environnements de travail toxiques, racistes et sexistes. Des anciens employés du bureau d’Ubisoft à Toronto ont avoué avoir été harcelés et agressés sexuellement par d’anciens collègues et même des partons.

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Toutefois, les problèmes à caractère sexuels ne se retrouvent pas seulement dans les compagnies, mais aussi dans les tournois et les compétitions. L’édition du plus important tournoi de jeux vidéo, l’EVO, a été annulé à la suite d’allégations d’inconduites sexuelles contre son cofondateur, Joey Cuellar. Par ailleurs, plusieurs athlètes électroniques et éditeurs de jeux qui devaient figurer dans la compétition avaient déjà manifesté qu’ils ne seraient pas impliqués dans EVO cette année. Il y a eu aussi la communauté Super Smash Bros. qui a été secoué lorsque plusieurs joueurs professionnels et des membres influents de la communauté du jeu ont fait l’objet d’allégations d’inconduites sexuelles. Des joueurs ont été pointés du doigt et ont ensuite été renvoyés de leur équipe respectives. Ceci fait suite à une culture du harcèlement que subissent les femmes dans l’industrie du jeu vidéo, autant les joueuses que celles qui y travaillent.

Dans le monde médiatique…

Je dirais que c’est à partir de début juillet 2020 qu’il y a eu la plus grosse bombe sur l’industrie culturelle québécoise. En effet, la chanteuse Safia Nolin a accusé l’animatrice Maripier Morin d’harcèlement sexuel et d’agression physique à la suite d’une soirée dans un bar en 2018. Elle raconte avoir été mordue sur la cuisse et avoir reçu des commentaires sexuels dégradants de la part de l’animatrice. De plus, celle-ci aurait émis des commentaires racistes à la barmaid. Quelques jours plus tard, l’empire de Maripier Morin s’est écroulé, puisqu’elle a perdu une partie de ses contrats, notamment la compagnie de lingerie Blush et la compagnie de lunettes BonLook. L’animatrice admet ensuite ses torts et décide de faire une pause sur sa carrière. Mais, il semblerait que les pardons des personnes populaires ont plus de valeur que celui des personnes marginalisées.

Dans les mêmes temps, il y a eu d’autres révélations de comportements abusifs et d’agressions sexuelles envers diverses personnes, principalement des youtubers et des youtubeuses. Les noms de Matthieu Bonin, de Jay St-Louis, de Gab Joncas, ainsi que plusieurs autres ont été soulevés. Dans ces cas-ci, il s’agit principalement de publications et de commentaires sur les réseaux sociaux provenant de divers témoignages, dont celui de l’ex-copine de Gab Joncas, et les histoires ne semblent pas avoir beaucoup de répercussions sur ces personnes pour le moment. Il est possible qu’il n’y ait pas beaucoup de retombés sur ces personnes, puisqu’elles ne font plus vraiment partie du showbizz québécois.

Même le youtubeur Jemcee a fait une vidéo pour reconnaitre qu’il y ait eu des accusations d’agressions verbales, psychologiques et physiques qui ont été portées contre certains de ses amis très proches. Il a même avoué vouloir se dissocier des personnes qui ont été accusées. Le problème est que quelques jours plus tard, c’est à son tour d’être visé par des comportements répréhensibles. Selon le témoignage d’une victime anonyme présenté sur le compte Instagram de victims_voices_montreal, le youtubeur aurait utilisé de sa notoriété pour abuser sexuellement plusieurs filles. Son agence, Le Slingshot, a décidé de suspendre sa relation d’affaires avec le youtubeur le temps d’analyser le dossier et de statuer officiellement. Chaque personne est innocente jusqu’à preuve du contraire, mais j’avoue que ça me rend malade d’imaginer qu’une personne qui s’insurge devant ce qui se passe pourrait avoir commis des gestes de la sorte.

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Depuis les derniers jours, l’on voit apparaître diverses pages sur les réseaux sociaux qui permettent de partager anonymement des comportements inappropriés, des inconduites sexuelles et même des histoires de viols causés par plusieurs personnalités publiques. Plusieurs noms de personnalités québécois ont été soulevés, dont l’animateur Herby Moreau, le musicien Bernard Adamus, les chanteurs Kevin Parent et Alex Nevsky, l’humoriste Christopher Williams et le politicien Yves-François Blanchet, pour ne nommer que ceux-là. Certaines personnalités ont avoué leurs torts, d’autres ont nié les gestes allégués. D’autres personnes ont préféré utiliser leurs propres plateformes pour révéler leurs expériences. Le bassiste de Simple Plan, David Desrosiers, a effectivement avoué avoir eu certaines interactions inappropriées avec des femmes dans le passé. Il a donc pris la décision de se retirer du groupe et d’aller chercher de l’aide professionnelle pour une meilleure éducation afin d’agir de façon appropriée.

D’autres personnalités ont plutôt opté d’exprimer librement et publiquement les agressions qu’elles ont subites dans le passé. On n’a qu’à prendre l’exemple d’Andrew Tchernilevskii, qui a publiquement admis avoir subi des comportements inappropriés de la part de son ancien ami et collègue de Gaboom Films, Kevin Marquis. Celui-ci admet avoir été égoïste et impulsif, en plus d’avoir mis du monde mal à l’aise. Toutefois, au moins une personne a avoué avoir été violé par le youtubeur, alors que celui-ci a catégoriquement nié avoir agressé sexuellement qui que ce soit. À la différence de Jemcee, l’agence Le Slingshot a immédiatement mis fin à sa collaboration avec le youtubeur, alors qu’il a complètement disparu des réseaux sociaux. Même sa page Youtube est introuvable. Cette histoire me touche particulièrement, puisque ça me fait mal d’imaginer quelqu’un que j’admirais grandement puisse avoir fait des agressions de la sorte, si bien sur elles sont fondées.

Les réseaux sociaux n’ont pas été le théâtre que de témoignages d’agressions sexuelles. Le cas des deux gars de Gaboom Films n’est pas unique en ce qui concerne les comportements inacceptables. En partageant son histoire après avoir été inspiré par les nombreuses dénonciations en cours, la youtubeuse Noémie Lacerte a voulu dénoncer la youtubeuse Fred Rioux. Elle l’accuse notamment d’harcèlement psychologique et même d’incitation à la prostitution. Cependant, Fred Rioux nie catégoriquement ces accusations en donnant sa version des faits tout en mentionnant que cet acte porte à son intégrité ainsi qu’à sa réputation, et qu’un recours en justice sera entrepris. Juste avec cette histoire, peu importe qui a raison, on se rend compte que des personnes commettent des actes sans se soucier des répercussions que ça peut avoir sur un individu à court et long terme. Lorsqu’une personne dénonce, elle doit être sûre de dire complètement la vérité. Et celle qui le nie doit être tout autant sûre de ne pas se mentir et mentir aux autres.

Donc, voici un survol des diverses dénonciations qu’il y a eu au cours des dernières semaines. À chaque jour, de nouveaux noms sont publiés. On se demande toujours qui sera la prochaine personne à être dénoncée publiquement ou anonymement. Mais, ce qui me rend malade dans ces histoires, c’est lorsqu’une personne dénonce une autre personne de lui avoir fait du harcèlement sexuel ou des agissements à caractère sexuel, et qu’elle se fait lapider sur les réseaux sociaux. Pensez à vos commentaires avant de publier…

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Jean-Michel Bélanger

Après avoir écrit ses pensées pendant plusieurs années sur son mur Facebook, Jean-Michel a décidé de rejoindre Le Cahier afin que ses idées et ses...

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