Faits Vécus

Je venais de perdre deux amis de manière tragique. J’avais – encore une fois – reçu la claque dans’ face que la vie est si courte et fragile. De mon côté, j’étais célibataire depuis peu et je comptais prendre ce temps pour moi. Toutefois, ces deux mortalités m’ont grandement secoué et donné le goût de sortir de mon cocon et de rencontrer de nouvelles personnes.

Je n’ai fait qu’une seule rencontre. C’était lui. On s’est tout de suite bien entendus. On avait des points en commun qui, selon moi, sont difficiles à trouver quand on laisse entrer une nouvelle personne dans notre vie. On pouvait pratiquement tout se dire et se raconter sur nos vies, même sur nos peurs, nos angoisses, notre passé pas toujours reluisant.

photo noir et blanc devant maison délabréeSource image: Unsplash

On a appris à se connaitre au fil du temps et rapidement, on a conclu qu’on serait exclusifs. À mon avis, on s’est vite attachés l’un à l’autre. Mais j’ai surtout compris qu’on avait sensiblement les mêmes blessures et que c’est probablement ça qui nous attirait l’un à l’autre, et ce, inconsciemment. Chacun de notre côté, on travaillait sur notre cheminement et notre guérison, on se parlait souvent de nos rencontres avec nos « intervenants » respectifs. Et comme le travail qu’il faisait sur lui-même impliquait des antidépresseurs, c’est lorsqu’il est devenu en sevrage que j’ai appris à connaitre le gars « derrière » les pilules.

Je le voyais changer. Plus émotif, renfermé, susceptible, distant même. Plus de câlins – à moins que ça vienne de moi – et plus de désir de sa part. En début de relation, c’est assez dur sur l’estime. On a fini par en parler. J’ai dit que j’essayerais de voir si la « panne » passerait, j’ai dit que je serais patient et que j’attendrais un signe de sa part. Parce que tout le reste, la complicité, les rires, les bons moments passés ensemble, ça allait et ça lui plaisait.

Mais le problème, c’est que ça me pèse plus que je pensais. Ce que je voulais, c’était une relation amoureuse et non un ami. Même si j’écris au passé, notre relation (platonique) se poursuit en ce moment. Est-ce qu’il y a une partie de moi qui a mis une croix sur un avenir avec lui? Au moment où j’écris ces lignes, oui.

plume avec carnet viergeSource image: Unsplash

Toutefois, je ne suis pas prêt à jeter la serviette maintenant. J’ai moi-même eu des moments difficiles dans ma vie et je serais plate de laisser tomber quelqu’un pour ça. Cependant, en début de relation, je me dis qu’on devrait plutôt flotter sur un nuage et être pendus au cou l’un de l’autre. En début de relation, on devrait pas ramasser les pots cassés d’un passé qui ne nous appartient pas. Outre cela, ce que je constate, c’est que parfois, on rencontre le miroir de nos blessures et c’est à nous de voir si on veut s’embarquer là-dedans. Parce que franchement, c’est pas facile et je ne suis pas certain que j’ai ce qu’il faut pour l’aider à s’en sortir alors que j’ai moi-même mes bêtes noires dans le placard.

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