Style de vie

Tout commence avec ce petit garçon de 5 ans qui s’amuse à jouer dans l’espace. On entend déjà ses parents parler de lui comme étant le meilleur futur astronaute. Il rentre alors au primaire et décroche la médaille de sa classe au concours de mathématiques. On voit maintenant l’excitation dans les yeux de son père et de sa mère qui s’empressent de penser à l’avenir brillant, prometteur et fortuné qui l’attend.

Vient ensuite le secondaire qui s’accompagne de la pression de faire un choix de carrière. Il n’a que 15 ans et on lui demande déjà de se projeter dans le futur. « Attention, choisis bien » lui dit-on, car il s’agit d’une étape déterminante dans ta vie. Il lui semble qu’hier encore, il occupait ses journées avec du « skateboard », des jeux vidéo ou du dessin, et passait ses nuits à faire l’enfant avec ses amis. Puis tout d’un coup, il doit faire face au monde des adultes. Cette nouvelle réalité qui l’appelle par toutes les opportunités qui s’ouvrent à lui, mais qui l’effraie tout autant par le changement qu’amène ce choix et par la perte de son monde d’enfant si parfait.

Au prochain souper de famille, on ne tardera pas de lui demander dans quel domaine il aura choisi de poursuivre ses études, comme si c’était la première chose qui le caractérisait désormais. Et enfin, lorsqu’il aura 28 ans, un emploi stable, et s’installera dans sa nouvelle maison avec sa conjointe, la première question que ses voisins lui demanderont suite à des salutations sera : « Et toi, qu’est-ce que tu fais comme travail dans la vie? »

petit garçon en togesource image : Unsplash

Il comprend maintenant que ses voisins le présenteront aux autres en mentionnant que c’est un infirmier. Il sera catégorisé avec les autres infirmiers, alors qu’il n’a peut-être rien de plus en commun que ce titre avec eux. Il trouve ça malheureux de savoir que sa carrière deviendra la première association que les autres feront avec son nom. Encore une fois, son travail prendra le dessus sur tout le reste.

Mais si, pour lui, il était bien plus que sa carrière? Pourquoi ne lui demande-t-on pas plutôt son plus grand rêve ou encore ce qui est le plus important pour lui dans sa vie? Certes, sa carrière fait partie de sa vie, mais ce n’est justement qu’une partie. Il ne veut pas se limiter à cela. Il ne veut pas qu’on se rappelle de lui comme étant un infirmier, mais bien comme étant un homme avec une certaine profondeur, des valeurs de famille, de partage et de plaisir, de l’ambition, des réussites et du vécu. Il veut se lever un beau matin et savoir qu’il est autre chose qu’un infirmier.

homme ouvrant les bras devant un haut buildingsource image : Unsplash

La carrière est loin d’être le seul élément qui va le suivre toute sa vie. Il aurait aimé ne pas sentir cette pression dès le secondaire de faire un choix qui, finalement, n’est rien de plus qu’un travail. Il voulait voir le monde d’une autre façon, mais surtout vivre sa vie d’une autre façon. Il aurait préféré sortir du cadre scolaire qui l’oblige à s’orienter après n’avoir connu la vie que 15 ans. Comment pouvait-il réellement savoir ce qu’il voulait faire dans 10 ans, alors qu’il n’arrivait même pas à savoir ce qui avait un sens pour lui aujourd’hui?

L’importance accordée à cette sphère professionnelle est bien plus grande qu’elle ne devrait l’être. Ce n’est qu’une mauvaise perception établie par la société qui mérite d’être changée. La lourdeur que représente le choix de carrière doit être allégée, sans quoi aucune personne n’aura l’impression d’avoir vécue sa vie à sa façon. Si choisir n’était pas basé sur le temps ni sur une norme, choisir se ferait dans la facilité et dans la liberté.

source image de couverture : Unsplash
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