Faits Vécus

Traumavertissment: Agression sexuelle

J’avais 14 ans.

On se parlait depuis deux semaines, tout au plus. Tu m’as invitée à venir dormir chez toi et étant jeune et insouciante, j’ai accepté banalement en mentant à mes parents que j’allais dormir chez une amie. On a écouté un film, collés, car à cet âge là, il faut s’entendre que j’étais le genre de fille à encore être gênée d’embrasser. Tu n’étais pas vraiment plus vieux que moi. Tu avais 15 ans. Après le film, tu as fumé du pot en m’en proposant. Je m’en souviens comme si c’était hier. J’ai refusé et après avoir atteint ton «buzz», tu m’as proposé d’aller dormir.

Une fois dans le lit, tu m’embrasses et commences à me déshabiller. Je n’étais pas à l’aise, mais je n’ai rien dit. Tu as pris ma main et m’a montré comment te faire une masturbation. Tu m’as demandé à plusieurs reprises si je voulais coucher avec toi et j’ai répondu non, à chaque fois. Tu as étendu ton corps sur le mien. Tu as commencé à te frotter de très près, tellement près que j’avais peur que tu rentres à l’intérieur de moi. Tout ton poids était sur moi. Je ne pouvais pas bouger. J’ai eu peur que tu me violes. Que tu me pénètres sans mon consentement. J’ai paniqué, donc après t’avoir dit plusieurs fois non, je t’ai demandé de mettre un condom.

J’avais 14 ans et peur de te tenir la main à l’école.

J’avais 14 ans et mes parents m’avaient appris à ne pas faire confiance aux garçons.

J’avais 14 ans et je me croyais invincible.

J’avais 14 ans et tu m’as volé ma virginité.

J’étais pétrifiée, je ne bougeais pas. Tu es venu une première fois, une deuxième, une troisième avant de finir une dernière fois. Tu tes vidé en moi comme si j’étais un objet. Ton objet. En sortant, tu m’as demandé si j’avais aimé. Je n’ai pas dit un seul mot.

noir femme seule peur ombreSource image: Unsplash

Mes parents étaient partis en voyage, je n’avais, à ce moment-là, personne à contacter. J’étais seule couchée dans ton lit, honteuse et pétrifiée par la peur. Le lendemain matin, j’ai pris le premier bus pour rentrer chez moi. Ensuite, tu m’as écrit un texto comme quoi finalement ça ne fonctionnerait pas nous deux. C’est tout. C’était fini. Tu m’as volé ma virginité et tu t’en es sauvé. Tu as gagné.

J’avais 14 ans. Je pensais tout savoir.

Tu ne m’as pas violée, car je suis celle qui t’a dit de mettre un condom. Tu as pris avantage de moi, de mon innocence. Je m’en veux encore de ne pas avoir su te tenir tête.

Aujourd’hui, mon nom te remémore un vague souvenir. Tu m’as volé ma virginité. Tu m’as volé ma jeunesse.

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