Je m’appelle David, j’ai 24 ans, et dimanche dernier, j’ai fait ce que je considère être une folie : je me suis fait percer le mamelon. Je n’ai jamais eu de tatouages, ni de piercings, bref, c'était la première fois de ma vie que je mettais les pieds dans ce genre de boutique. Non c’est un mensonge. J’ai accompagné mon amie se faire percer l’oreille en 5è secondaire. Deuxième fois, alors. Bref, l’idée m’est venue il y a quelques semaines, après que mon crush me dise que « c’est donc chaud des nipple piercings ». Moi, qui veux lui plaire, je commence à demander à mes amis à quel point c’était douloureux et si ça en valait la peine. Oui, les réponses étaient convaincantes. Mais pas assez pour que je le fasse. Pas assez pour me convaincre que la possible douleur que j’allais m’infliger allait en valoir la chandelle. Anyways, « je ne vais jamais changer pour quelqu’un ».

Quand je me suis réveillé dimanche matin, j’étais loin de me douter que quelques heures plus tard, mon mamelon allait passer à la guillotine. Je brunchais avec ma chum de fille Jeanne vers 10h et entre deux gorgées de café glacés achetés au café Larue et fils, je lui dis : «Ça serait donc le fun de se faire percer le nipple aujourd’hui.» Folle de même.

Va savoir comment, deux heures plus tard, je sortais de la boutique, les jambes molles, mais surtout, le mamelon en feu.

enseigne lumineuse tattooSource image: Unsplash 

Mais pour vrai, mon crush m’a inspiré l’idée. Mais deep down, pourquoi je voulais me faire percer à cet endroit? Bonne question. C’est comme si mon subconscient trouvait ça hot, mais surtout, incroyablement sexuel. C’est d’ailleurs cette raison qui m’empêche de le montrer à mes parents. J’ai peur qu’ils assument que je sois un dépravé, et c’est gênant (et je vous le jure : ce n’est pas le cas!). Mais pourquoi c’est sexuel? Il me semble qu’il n’y ait rien de plus plate qu’un mamelon de gars. Mettez-lui un bout de métal dessus et c’est un tout autre sentiment. Je me sens confiant, sexy, différent et assumé. Il me donne un sentiment de pouvoir sur mon corps : la capacité de choisir de quoi il a l’air.

Revenons à mon nipple. Se faire percer à cet endroit, oui ça fait mal. Je le confirme, ce n’est pas un mythe urbain. Mais il faut se le dire :  twister un mamelon est beaucoup plus douloureux, et ça m’a surpris. Par contre, ce que les gens omettent de dire, c’est que ce n’est pas l’action de percer qui est LA plus douloureuse, c’est l’après-perçage! On sent l’adrénaline descendre à mesure que la douleur augmente. Une fois mon chandail remis et ma pauvre âme en choc, le perceur me dit, à la blague : «Bon, es-tu prêt pour le deuxième?» Inutile de dire que j’ai ri jaune.

Étant de nature anxieuse, je me suis surpris. Une idée que j’avais laissée de côté il y a quelques mois parce que j’avais peur d’avoir mal, parce que j’avais peur d’avoir un nipple plus gros que l’autre, parce que j’avais peur de développer une allergie au bijou, bref, parce que j’avais peur d’avoir peur, s’est concrétisée en deux secondes. J’ai bloqué toutes les craintes que j’aurais possiblement pu avoir et je me suis senti vivre. J’ai senti, bien entendu, la douleur. Mais j’ai senti l’effet concret que j’étais en contrôle sur mon corps.

Je ne vais pas dire que j’ai aimé la douleur. Mais je n’ai pas peur de dire que j’ai aimé me sentir en contrôle. Dans le fond, un piercing au nipple, c’est beaucoup plus qu’un look. Ça a été une manière de défier mon anxiété. Con de même! Mais je me sens hot pareil.

Source image de couverture: Pexels 
Accueil