Faits Vécus

Je commencerais par dire que oui, j’ai conscience que le fait d’être ici est une chance, donc ne voyez pas mes mots comme une façon de me plaindre de ma terre d’accueil.

Voilà maintenant trois ans que j’habite ici, à Montréal, dans un charmant quartier.

Je ne pensais pas être encore sur le sol québécois il y a deux ans de ça, mais comme quoi, parfois avec de la force et de la détermination, on est récompensé.

On va dire que pour moi (et pas que) l’immigration n’est pas la chose la plus simple, ça a carrément été le parcours du combattant (qui n’est d’ailleurs pas terminé).

Retour en arrière pour mieux comprendre

J’arrive toute heureuse en 2018 avec un PVT qui me donne le droit de travailler OU de voyager durant une année. Ne sachant pas trop ce que je veux, mais ayant besoin de subvenir à mes besoins, je commence à travailler. Pas dans mon domaine ni dans une place qui paye bien, mais pas le choix, je suis un peu perdue ici et je veux travailler.

J’y reste à peu près une année. Je m’y fait des ami(e)s. Je me crée ici une famille de coeur.

Seulement voilà, pour avoir un statut valide après cette année-là, je dois entreprendre des nouvelles procédures (et elles sont coûteuses).

Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais à cette époque.

Je ne vais pas aller dans les détails de la procédure, car elle est complexe. Mais sachez qu’à cette époque, pour espérer rester, je devais avoir travaillé une année complète. Ce qui était chose compliquée étant donné que j’avais un PVT d’une année et que j’avais commencé à travailler cinq jours après mon arrivée (il me manquait donc cinq jours, plus quelques jours de vacances que j’avais pris).

Je me retrouvais à devoir manifester pour pouvoir rester, pour pouvoir nous faire entendre et reconnaître. Ah oui, il faut savoir qu’ils avaient comme projet de modifier un règlement en cours de route, ce qui m’aurait envoyé directement dans l’avion. Retour au point de départ. Pour tenter de faire bouger les choses, nous sommes une petite gang à avoir monté un collectif, qui a pris de l’ampleur, et nous avons carrément pu aller à l’Assemblée nationale pour faire valoir nos droits acquis. Différents cas ont été représentés au sein du Salon bleu, dont le mien. Vous voulez savoir ce que l’opposition répondait? Non, je ne pense pas…

C’était une période très éprouvante.

J’ai failli perdre mon travail, mon chum de l’époque, et la santé n’était pas extraordinaire. Je rêvais, mangeais, et travaillais immigration! Je ne pouvais pas concevoir toutes ces incohérences. Puis surtout, vouloir changer un règlement en cours de route… Non mais ça va pas bien?!

Avec toute cette détermination, les nuages (et une couple de dollars) au-dessus de ma tête se sont un peu éloignés. Attention, pas pour longtemps.

Beh oui, il fallait qu’une pandémie vienne TOUT ralentir (ceci dit, la Covid a bon dos… oups, j’ai dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas…).

Traitement de ma résidence permanente plus longue que prévue, devoir refaire des permis de travail en attendant, payer, payer et re-payer encore!

Le graal est arrivé il n’y a pas si longtemps. Je suis devenue résidente permanente! Je pensais que toutes les complications étaient derrières moi; j’ai soufflé, j’ai même pleuré, ça y est, je peux rester dans mon pays d’adoption… et pourtant, en écrivant ces lignes, j’attend toujours de recevoir ma fameuse carte qui officialise le tout.

Sans celle-ci, je ne peux voyager. Enfin, oui, mais je ne peux pas re-rentrer sur le sol canadien.

Pourquoi? Aucune idée… peut-être pour devoir faire des démarches encore payantes et stressantes?

Je devais rentrer cet été pour voir ma famille. Ça fait un an qu’on est éloignés mais je n’ai pas pu… Et pour ne rien vous cacher, ça devient vraiment difficile.

Enfin bref, le dicton « Quand il y en a plus, il y en a encore », est de mise.

On se reparle quand je serai citoyenne! Au revoir!

Source de l’image de couverture: Pexels
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Alessandra de Bargigli

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