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Je suis ressortie du printemps un peu marabout, un peu désillusionnée, un peu découragée du confinement et aussi profondément seule comme plusieurs autres, je pense. À coup sûr en manque de soleil, de chaleur, de stimulation et d’enthousiasme estival. Malgré tout, le printemps a amené un enchaînement d’indices qui nous a laissés comprendre que l’été ne serait pas comme il l’a toujours été… Au revoir les festivals, les spectacles, les animations, les feux d’artifice, les soirées karaoké, la danse, les rassemblements, les voyages. L’ère du masque et du Purell, le gin qui sert à désinfecter plutôt qu’à être bu. Qui pourrait se satisfaire d’un tel été?

Moi! Voilà, je l’avoue, je passe un été merveilleux. Oui, je trouve le masque aussi inconfortable que n’importe qui d’autre; oui, j’aimerais prendre mes amis dans mes bras; oui, je paierais cher pour retrouver le bonheur de danser à deux, mais je passe quand même un super été. Car les restrictions, malgré leurs contraintes, ont l’avantage de nous ramener à l’essentiel, aux petits bonheurs, aux petits instants présents qui sont si précieux si nous leur accordons un peu d’attention. Les mesures restrictives m’ont permis de revoir les choses qui m’entourent avec des yeux d’enfant, de considérer chaque moment comme important.

Les contraintes qui nous sont imposées nous poussent à redécouvrir notre chez-soi comme s’il se voulait d’un lieu exotique, excitant. Elles nous poussent à sortir dehors, à bouger, à socialiser autrement, à être débrouillards et créatifs, en allant moins loin et en encourageant le local, les gens d’ici. Renouer avec l’agrotourisme, les producteurs d’ici, les produits frais et locaux. Revisiter des lieux de notre enfance, raviver les souvenirs.

couple cuisinantSource image : Unsplash

La COVID rend la rencontre de nouvelles personnes et la création de liens avec elles plus complexe, mais, à l’inverse, nous donne l’occasion d’en profiter pour reprendre contact avec des gens de qui nous nous sommes éloignés, arguant toujours que la vie va trop vite. Les relations dans la qualité plus que dans la quantité. Avoir le temps de prendre le temps de nous revoir et vérifier qui sont les personnes les plus importantes, les plus significatives, celles qui sont présentes dans ces moments-là.

En plus de cela, les loisirs habituels annulés ou plus difficilement accessibles, j’ai dû, comme plusieurs, travailler fort pour combler l’immense trou dans mon horaire habituel toujours rempli au maximum. La peur de manquer quelque chose n’est plus et ça peut être une opportunité de renouer avec moi-même, de sortir des automatismes et d’essayer de nouveaux loisirs. Du moins, c’est ma façon de voir les choses. Enfin le temps de cuisiner, de lire le livre qui traîne dans la bibliothèque depuis un an, d’écrire juste pour le plaisir de le faire. Une façon de faire un pied de nez à cette situation planétaire et de décider d’en tirer le meilleur parti.

Un été différent, tout en couchers de soleil et en étoiles filantes, un été de retrouvailles et de plein air, de simplicité. Un été qui restera dans les souvenirs et dont on se souviendra peut-être avec nostalgie lorsque la vie aura repris son rythme effréné.

Source image de couverture : Unsplash
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Isabelle Bilodeau

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