Faits Vécus

On sait tous aujourd’hui c’est quoi un burn-out. Le fameux épuisement professionnel. Celui qui nous regarde du coin de l’oeil pendant qu’on essaie d’être l’employé modèle (alors que personne ne t’a vraiment demandé de faire ça). Celui qui te dit que tu n’es pas assez, et que tu ne le seras probablement jamais non plus.

Il y a toutes sortes de travail. Des plus physiques en passant par les plus intellectuels, des horaires fixes à horaires variables, ceux qui rapportent plus et ceux qui rapportent moins. Ceux qui te font sentir bien, ceux qui te font sentir bien ordinaire.

J’ai eu probablement un des emplois les plus exigeants durant les deux dernières années. Et c’était voulu. C’était le travail que je voulais. Peu importait ce que j’aurais en retour, en autant que je puisse être cette personne choisie pour le réaliser. J’allais essayer de prouver que j’étais ce qu’ils attendaient. Par tous les moyens possibles.

Puis finalement, je l’ai eu. J’avais ce titre, enfin. Peu importait les tâches, je pouvais fièrement montrer à la terre entière que j’étais cette personne choisie. Je ferai toutes les acrobaties qu’ils souhaitent. Toutes les tâches qu’ils veulent. J’aurai toutes les réactions et toutes les qualités qu’il faut. Je serai LA bonne.

Puis tranquillement, deux ans de travail ont passé. À conseiller, à expliquer, à aider, à pardonner, à travailler sur soi, à partager, à séduire, à donner, et à aimer. À temps plein comme à temps partiel. Parfois pendant des mois, et d’autres fois pendant seulement quelques heures. Devant moi, et même souvent absent.

Mais peu importait les conditions. J’avais ce que je voulais.

Puis, sans crier gare, le burn-out m’a salué. Bien naïvement, j’ai essayé de l’ignorer, parce que c’était toujours ce que j’avais voulu, ce titre. Mais ça m’a rattrapé. Et j’ai réalisé que je m’étais oubliée. Beaucoup trop. Tellement, que j’en ai pleuré à en avoir mal.

feu flamme allumette burn outSource image: Pexels
J’ai donné mon coeur, mon corps, mes rêves et mon âme à un travail et ce, peu importe le prix.

J’ai tout donné pour essayer de me sentir valorisée, appréciée et reconnue.

J’ai tout donné pour être aimée.

Je suis donc tombée en convalescence, et ça risque de prendre un petit moment avant que je retourne sur le marché de l’emploi.

C’est à ce moment là que j’ai réalisé qu’une relation amoureuse, ce n’est pas sensé être une job.

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Marie Chamberland

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J’ai le vertige