Vie de bureau

Salut, je m’appelle Catherine, j’ai presque 30 ans, et je suis paresseuse. Non, peut-être pas tant que ça, mais la vie du métro, boulot, dodo, ce n’est pas pour moi. Pour pas grand monde de ma génération non plus, je pense.

C’est le classique de nos parents. Se trouver un emploi à 18 ans dans une usine, un commerce, une banque, ou une école, et y travailler jusqu’à sa retraite. Wow! 40 ans au même endroit! Un exploit qui va de soi pour eux, un enfer pour nous. Je travaille depuis que j’ai 14 ans. En 16 ans, j’ai eu plus de 10 employeurs. Mon record de stabilité chez un employeur : 3 ans et demi. J’ai remarqué qu’après 3 ans, je deviens complètement blasée, tannée, écœurée. Je m’ennuie, j’ai besoin de nouveauté. J’ai fait le tour. Bref, je trouve ça plate travailler. J’ai déjà hâte à ma retraite, imagine!

On le sait tous, les générations ont changé. On a évolué.

Notre génération est prête à offrir beaucoup, mais demande également beaucoup.

Mon critère quand je cherche un emploi : un bon salaire, beaucoup de vacances. Ensuite vient le reste. Je veux un bon salaire pour pouvoir me payer de bonnes vacances, fréquemment!

Mon emploi n’est pas central dans ma vie. Ma famille, mes amis, mes études, mes animaux, mes vacances, presque tout passe avant. Tout cela, c’est ma source de bonheur. Si mon boss me refusait mes vacances de rêve que j’ai déjà planifiées, too badbye bye boss, je chercherais un autre emploi ailleurs, anyway, il y a du choix en masse!

Est-ce qu’être assise derrière un bureau 40 heures par semaine à longueur d’année me remplit de joie? Off course not.

Ne vous méprenez pas, j’aime bien mon travail (ça ne fait pas encore 3 ans) *sarcasme 

Je n’ai pas à me plaindre, j’ai un bon emploi, bien rémunéré, près de chez moi, avec beaucoup de vacances, une bonne ambiance au bureau, des tâches intéressantes, etc. Mais il reste que je ne saute pas de joie le lundi matin. Je sais, c’est ça la vie. C’est ça être une adulte. Mais criss que c’est plate.

J’aimerais ça, moi aussi, avoir une vocation. Comme la petite fille en 5e année qui savait déjà qu’elle allait être infirmière, ou le petit gars de 8 ans qui savait que plus tard, il serait policier.

Moi, je n’ai toujours aucune idée c’est quoi la prochaine étape de ma vie. J’ai voulu être vétérinaire (classique d’enfant qui aime trop les animaux), fermière (oui vraiment, j’adore les animaux!), pharmacienne, notaire, psychologue, libraire, agente de voyage, conseillère d’orientation puis travailleuse sociale. D’ailleurs, je fais présentement mon bac à temps partiel (un jour, je vais finir par travailler dans le domaine que j’ai étudié – coucou à tous mes diplômes «inutiles»). Je ne sais pas si tu le sais, mais un bac à temps partiel, c’est long. Est-ce qu’au moment où j’aurai enfin fini mon bac, je serai déjà tannée du travail social, sans même avoir commencé à y travailler? Il va falloir que ça soit stimulant en tabarouette pour que je finisse ma vie là-dedans!

J’ai l’impression qu’on a appris à notre génération à être très stimulée.  Pratique de hockey le lundi soir, baseball le mardi soir, cours de piano le mercredi soir, café-étude le jeudi, soirée avec les amis le vendredi, weekend  de camping en famille. Tout ça en étant toujours connecté, la génération IPhone-plus-important-que-notre-propre-mère! Toi, préfèrerais-tu ne plus jamais avoir accès à ton téléphone ou perdre une main? Les réponses seraient surprenantes.

C’est une excellente chose d’être stimulé, mais peut-on l’être trop? Peut-on en devenir accro? Pour ma part, j’ai l’impression que je pourrais faire 3-4 emplois en même temps. Je travaille 8 heures au bureau, j’ai 3 heures tranquille sans client, parfait je vais écrire un roman, organiser votre voyage, trouver une solution à vos problèmes financiers ou matrimoniaux, monter un site web sur les meilleurs hôtels, organiser une fête de fin d’année pour des jeunes…J’ai constamment besoin d’avoir des tâches, sinon ma journée est interminable. Mais attention, pas n’importe quelles tâches, celles que j’aime et qui me stimulent intellectuellement. Oui, ça devient compliqué, et il n’y aura fort probablement jamais cet emploi parfait que j’espère tant.

Donc toi, enfant issue de la génération Y, penses-tu comme moi? Es-tu blasé par la vie et constamment à la recherche de stimulation et de GROS FUN? Si la réponse est non et que tu es bien dans ta petite routine, et bien dis-toi que tu n’es pas plate du tout, et que même que parfois, je t’envie.

Signé par une hyperactive qui se cherche encore.

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Catherine Giroux

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