Faits Vécus

Je suis couchée dans mon lit et je regarde les heures défiler sur ma montre. C’est long et je ne sais point lorsque je verrai la lumière au bout du tunnel, lorsque l’on viendra à bout de ce cauchemar. Je m’informe comme tout bon citoyen sur l’évolution de la situation et mes amis ne cessent de m’écrire des messages, mais refusent de me voir.

Je suis couchée seule dans mon lit et j’ai peur.

Et cette fois-ci, c’est bien plus que de l’anxiété injustifiée.

Je ne suis pas malade, il n’y a aucun cas dans mon coin, mais ce qui se passe actuellement dans le monde me rend malade à n’en plus dormir la nuit.

J’ai cette vilaine sensation au fond de moi que c’est la fin du monde, qu’on arrive au bout du rouleau. J’ai cette vilaine sensation que je vais me réveiller un beau matin et qu’un de mes proches sera parti. Juste comme ça, comme le vent transporte les feuilles d’automne.

Le problème, c’est que je ne sais plus si c’est seulement une impression ou que c’est la réalité. Et tout ça, ça me terrifie au plus haut point.

femme dans le noir avec mains dans le visageSource image: Unsplash

Je ne sais plus si je suis aveuglée, si la situation est exagérée, si je suis complètement hors de la traque.

J’étudie en journalisme, on nous répète donc de suivre l’actualité de très près, d’écouter les points de presse, mais ça me rend beaucoup trop anxieuse.

Qu’est-ce que suis censée faire alors? Écouter le professeur, alors que mes études sont en pause ou m’écouter moi?

Dans tout ça, j’ai perdu l’équilibre entre ce qui est bien pour moi et ma responsabilité dans la propagation du virus. J’aimerais tellement pouvoir sortir à l’extérieur et hurler, déverser cet ouragan qui m’envahit depuis des jours. J’aimerais courir serrer tous mes proches, fêter jusqu’aux petites heures du matin pour oublier. Mais je sais que ce n’est pas ça et que je dois respecter les consignes. Pour moi et pour les autres.

Mais j’aimerais que ce soit différent.

Avec toute cette information qui sort de partout, je ne sais plus trop quoi ou qui croire. Même si je devrais être en mesure de démystifier le vrai du faux, je suis mélangée.

J’ai peur pour ma santé mentale et je me sens égoïste, car la vie est en pause dans le monde en entier; des milliers de personnes ne travaillent plus, des centaines de milliers de personnes sont touchées, des familles en entier sont confrontées aux ravages de ce virus.

Le gouvernement doit en avoir plein sur les épaules, je ne pourrais dire le contraire et je ne crois pas que je ferais mieux que lui. Ceux qui le juge ne se mettent pas à sa place une seule seconde. Or, je crois que les personnes ayant des problématiques de santé mentale sont oubliées dans tout ce plan d’action.

Les gens en psychiatrie resteront là, les gens avec des idées suicidaires continueront de tomber. Il ne faut tout simplement pas les oublier.

Mais pour l’instant, écrire est tout ce dont j’ai besoin pour aller mieux, pour dormir sur mes deux oreilles ce soir. Et si, toi aussi, tu ne vas pas bien, je t’invite à t’étendre sur ton lit avec de la musique et à te rappeler les bons côtés et à rationaliser: les taux de rétablissement sont très bons, les mesures établies sont là pour nous aider et une crise a toujours une fin.

mains rassemblées ensembleSource image: Unsplash

Tôt ou tard, nous sortirons de cette épreuve ensemble et plus forts…

Source image de couverture: Unsplash
-->
Un article de
Andréa Maheux's Avatar
Andréa Maheux

Le Cahier a la chance de compter sur une équipe de collaborateurs spontanés. Pour en faire partie, écrivez-nous à [email protected]!

Mes articles 
Articles suivants
Article Featured Image

Le plaisir sexuel en quarantaine