Sincèrement, je ne pensais jamais, mais jamais, écrire ces mots dans ma vie.

Jamais parce que je pensais qu’en étant au courant et qu'en faisant attention, cela allait me disqualifier. Mais de quoi? De ressentir cette peur et cette anxiété face à l’état de la planète!

Je pensais faire partie de ceux qui agissent! Les endurcis, les insensibles et les invulnérables. Cependant, la barrière qui bloquait toutes mes insécurités s’est complètement démolie, d'un coup! 

Après la lecture de cet article du blog BonPote, tout s’est effondré. Me voici dans mon lit, incapable de dormir et d’arrêter de lire. Je me sens dénudée de tout. Quelques larmes me coulent sur les joues pendant qu’à l’intérieur, mon cœur se noie dans la honte, la tristesse, l'insécurité et l'anxiété.

Je m’inquiète du sort que l’on réserve à la planète et j’ai honte.

Honte de nous, honte de voir les massacres que l’on s’inflige et qu’on inflige à cette terre, honte de notre insuffisance qui nous pousse à tout prendre sans rien laisser, honte de notre intelligence qui, malheureusement, n’est pas assez forte face à notre imbécilité. Cette même imbécilité qui nous fait recommencer encore et encore, sans apprendre des leçons des évènements précédents.  Cette honte fait place à la tristesse de voir le pire côté de l’être humain. 

Cette tristesse face à l’Homme avec un grand H me fait peur. Oui, je le dis, j’ai peur!

Peur de ce que nous laissons aux prochaines générations, peur des changements climatiques et catastrophes naturelles à venir. J’ai peur de la disparition des espèces, peur de pouvoir compter sur mes doigts le nombre de forêts restantes, peur de l’augmentation de la pollution dans les océans, peur des répercussions environnementales sur les populations défavorisées, les femmes, les peuples autochtones.

J’ai peur de l’inaction des gouvernements, peur des prochaines niaiseries lancées aux scientifiques pour réfuter leurs recherches face au climat et à notre inaction, peur de notre volontaire ignorance, peur des arguments déculpabilisateurs.

Richard Desjardins l'a écrit dans sa chanson Développement Durable :

Quand même ça s’rait ma faute,

Qu’est-cé qu’tu veux qu’ça m’fasse?

Si c’est pas moi c’t’un aut’,

Qui va l’faire à ma place.

J’ai peur que l’argent domine encore, partout, peur de notre égoïsme et de notre égocentrisme. Surtout, j’ai peur que le présent continue de faire son chemin dans notre futur proche!

Je réalise que le changement fait peur, mais l’inaction, surtout dans ce cas, est encore bien pire. 

Je tente de focaliser sur les paroles suivantes de la chanson Zitti E Buoni (sois sage et tais-toi) du groupe Måneskin :

Sono fuori di testa ma diverso da loro,

E tu sei fuori di testa ma diversa da loro,

Siamo fuori di testa ma diversi da loro

Je traduis cela librement par :

Je me sens différente, même parfois folle, et je vois qu’un autre se sent comme tel. Le but est qu'à la fin, nous soyons plusieurs à être différents et fous.

Le fait de bien respirer et écouter m’aide à accepter que je fais partie de la catégorie de gens de ma génération faisant de l’écoanxiété. Ça me permet également de continuer à déranger afin qu'un changement s’opère, même si je vois qu’on s’en moque. Après tout, si je suis folle, on est une cristie de gang à l’être! 

Source de l'image de couverture : Unsplash

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