Faits Vécus

Devrions-nous accepter que l’une des nôtres tienne des propos sexistes qui banalisent, en quelque sorte, les agressions sexuelles?

Est-ce les femmes qui n’ont pas l’éducation nécessaire afin d’éviter les agressions sexuelles ?

Sont-elles trop peu méfiantes, voire, naïves vis-à-vis les agresseurs potentiels?

Sont-elles les responsables d’une agression si elles se sont habillées de manière aguichante, si elles ont agi de façon peu chaste?

Qu’on tienne encore ces propos en 2019 me désole énormément, qu’une femme les tienne et discoure de la sorte me peine encore plus…

Vous savez ce dont on devrait vraiment parler? Ce qui vaut la peine d’être discuté présentement? Non pas l’accès à l’information pour les femmes sur les façons d’éviter les prédateurs sexuels, mais plutôt l’accès à de l’information sur la sexualité féminine. La sexualité féminine est encore tabou en 2019! Rares sont les fois où l’on voit une femme enceinte être sexuellement active sur nos écrans ou que l’on parle ouvertement de masturbation féminine. Et pourtant, et oui, cela existe ! 

L’éducation avant tout

Nous devrions, sans aucun doute, éduquer nos garçons dès l’enfance à ne pas mettre leurs petites mains sur les fesses des filles sans leur permission, à ne pas leur donner de bisous sans qu’elles en ont envie. Nous devrions préciser à nos filles leur droit de dire NON haut et fort et ce, à l’instant même où elles sentent que leurs limites sont repoussées. 

Aujourd’hui, j’ai envie de parler du fait que le Québec semble aussi instruit en sexualité que ma grand-mère l’était dans les années 20! Le retour des cours sur la sexualité semblent nous remettre sur la bonne voie, mais les écoles sont tout simplement dépassées par ce programme imposé rapidement et laissé à lui-même. C’est bien beau d’inscrire: « Reconnaître les agressions sexuelles » et je suis ravie que ces termes soient partout dans le beau dépliant du gouvernement du Québec. Par contre, le corps de la femme reste une chose mystérieuse et peu prise au sérieux selon moi. Pourquoi, dites-le moi?!

Les femmes et les hommes ne sont pas semblables. Nous sommes fondamentalement différents, mais cela ne devrait pas expliquer ce manque d’information flagrant ou le fait que l’une de ces deux catégories de genre soit payée moins cher pour le même travail! 

Alors je réagis et je dénonce: je suis une féministe.

Ce que je dénonce aujourd’hui, c’est notre incompréhension de l’utérus.

 

Saviez-vous qu’un nombre hallucinant de femmes ne peuvent pas utiliser la pilule pour des raisons de santé? Celles-ci ont très peu d’information sur les autres formes de contraceptions disponibles et pratiquement aucune sur les méthodes naturelles. Saviez-vous que fumer et prendre la pilule contraceptive augmente les chances de crise cardiaque chez les femmes? Les probabilités d’anévrismes sont aussi grandement augmentées si la femme souffre de problèmes de migraines neurologiques et prend cette pilule « magique ». Moi, je l’ai appris après ma quatrième migraine et après trois gynécologues différents.

girl power féminisme

Source image : Unsplash 

 

Parlons de grossesse: selon le journal Le Métro: «Au Québec, la moitié des grossesses sont non planifiées et 30% d’entre elles se soldent par un interruption volontaire », statistique prise de l’association des obstétriciens et gynécologues du Québec.

Avec l’arrivée de la pilule, on a assisté à l’ignorance des femmes envers leur propre corps. Les communautés religieuses offrent des petits cours explicatifs qui sont étonnamment bien construits. Ils impliquent des chartes et des devoirs et poussent en profondeur la compréhension du corps de la femme. J’ai moi-même été m’asseoir avec un petit couple « typique » catholique et adorable (n’étant pas du tout croyante moi-même, je pratique une contraception 100% naturelle depuis six ans) et j’ai suivi ce cours intensif. Honnêtement, j’ai appris, à l’âge de 23 ans, un tas de choses sur mon corps que j’apprenais pour la première fois de ma vie!

Alors expliquez-moi, chère société québécoise, ouverte d’esprit et moderne,  pourquoi ces informations capitales, qui pourraient éviter un nombre hallucinant de grossesses non désirées et d’effets secondaires hormonaux invivables, ne sont pas traitées avec la considération qu’elles méritent?

Qui n’a pas encore compris que le changement de société passe par l’éducation (la vraie, pas la bâclée)?

Je pourrais vous dire que mon avortement à l’âge de 15 ans aurait pu être évité. J’aurais peut-être été plus vigilante si j’avais appris à reconnaître les sécrétions vaginales précédentes à l’ovulation, chose qui se fait en 30 secondes lorsqu’on va aux toilettes. Un petit coup d’oeil informé aurait pu me sauver des mois de troubles émotionnels causés par ce traumatisme violent qu’est l’avortement. Un traumatisme qui touche beaucoup trop de femmes. 

Nous aimons proclamer que les jeunes femmes ne sont pas assez responsables pour avoir du sexe. Nous pouvons les slut shamer si elles en ont trop tôt. Pourrions-nous à la place mieux informer nos jeunes sur leur sexualité?  Pourrions-nous cessez de juger les actions de chacun et chacune? 

Alors, cher Québec, es-tu prêt, enfin, à t’ouvrir les yeux afin de mieux comprendre l’utérus de la femme? Ou en as-tu encore trop peur? Vas-tu allouer un budget représentatif de l’ampleur du travail à faire dans l’éducation sexuelle des futurs Québécois ou laisseras-tu nos écoles à elles-mêmes? 

Je dis ça comme ça, mais ce programme traite du sujet assez important de nos organes reproducteurs, tsé ce qui est justement responsable de l’humanité…

 

Source image de couverture : Unsplash

 

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Sophie Tremblay

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