Faits Vécus

Quand on rencontre des personnes qui nous blessent, on se dit souvent je n’en laisserai pas d’autres me traiter comme ça. C’est suite à quelques mauvaises rencontres que j’ai rectifié des choses de mon côté. Parce que le problème, ce n’est pas l’autre. Il y aura toujours des gens méchants et mal intentionnés. La solution, c’est de réagir différemment. Voici les leçons que j’ai apprises de ces fameuses rencontres.

Le bipolaire non-médicamenté

Lui, il m’en a fait voir de toutes les couleurs. Il était intelligent et avait une mémoire phénoménale. C’était un très bon manipulateur de l’information puisque, premièrement, je n’avais aucune mémoire et, deuxièmement, il arrivait toujours à tourner les situations à son avantage. Comme si chacune des chicanes était de ma faute, comme si chaque fois que ça dégénérait entre nous, j’étais responsable. Il avait des sautes d’humeur incroyables.

Il était dépressif et se médicamentait… à l’occasion. J’ai su plus tard que c’était plus que ça. Il était bipolaire. Ça ajoutait à nos difficultés. Une simple discussion pouvait tourner aux malentendus, aux cris. Je n’étais plus moi. Moi qui ne suis pas querelleuse, je me suis promis que je ne tolérerais plus jamais ce genre de chicane. Je crois que tout peut se régler en discutant. Pas obligé d’être d’accord, mais du moins on peut se parler sans s’engueuler. Après lui, ce n’est d’ailleurs plus arrivé qu’un conflit dégénère. Si une chicane survenait, je finissais par quitter en disant qu’on se reparlerait le lendemain ou une fois calmés tous les deux.

fille triste noir et blancSource image: Pixabay

Tu frappes, je pars

Je me suis aussi dit que je ne tolérerais plus jamais de violence physique (je n’ai jamais été frappée, mais les objets autour n’ont pas eu la même chance). Tu brises des choses? Désolée, je quitte le navire! Je sais que la maladie mentale est une lourde condition lorsqu’elle n’est pas traitée, mais je ne pouvais rien faire pour lui s’il ne voulait pas s’aider d’abord. Ça aussi, c’est un lâcher-prise important à faire dans une relation. C’est bien de vouloir aider, mais il ne faut pas se laisser submerger au point de ne plus avoir d’énergie et ne plus se reconnaitre.

D’ailleurs, j’ai récemment fréquenté quelqu’un qui n’allait pas bien. Je crois qu’il était en dépression, mais il ne voulait pas se l’avouer. Après quelques mois, ça s’est terminé d’une drôle de façon… mais je n’ai rien fait pour essayer de revenir en arrière. Il avait du travail à faire sur lui-même. Avant, je me serais acharnée, en vain.

gouttes de pluie vitreSource image: Pixabay

Le patron pervers narcissique

Il y a quelques années, je travaillais comme journaliste dans une station de radio communautaire. Je n’avais aucune expérience en radio et j’apprenais par moi-même. J’essayais de parler comme les lecteurs de nouvelles, mais ce n’était pas au point.

J’avais de l’expérience en journalisme, mais côté montage, enregistrement et fluidité, j’avais besoin de coaching. Quand le nouveau patron est arrivé, j’avais énormément d’heures accumulées, je faisais encore beaucoup d’heures supplémentaires et j’étais épuisée. Il m’a offert de m’envoyer en formation intensive afin de me perfectionner. C’était un investissement de quelques milliers de dollars. En « échange », je devais garantir de rester une année entière, sans quoi je devrais le rembourser.

Comme je n’aimais pas beaucoup mon travail, j’hésitais. C’est à ce moment que la relation a vraiment dégénéré : reproches, pression, menaces… c’était rendu au point où j’apportais une enregistreuse dans son bureau parce qu’il me faisait peur. Du jour au lendemain, le temps supplémentaire n’était plus permis et je devais quand même tout faire en 40 heures. Je devais même être disponible les fins de semaine (le seul temps que j’avais pour voir mon copain qui était de l’extérieur), au cas où il y aurait quelque chose à couvrir! Et ces heures n’auraient pas été payées… J’ai fait plus d’une plainte auprès du CA, qui n’a rien fait.

Alors dès que j’ai eu un nouvel emploi, je suis partie en laissant une lettre de démission, un midi, sans voir le boss. Ç’en était trop. Je pleurais tous les soirs, j’avais des plaques partout sur le corps et j’étais en train de devenir folle. Je me suis dit que je ne tolérerais plus jamais de tels abus psychologiques venant de qui que ce soit, surtout pas d’une personne en situation d’autorité. À l’époque, je ne me défendais pas comme j’aurais dû. J’étais plutôt silencieuse. Et ça m’a beaucoup nui. Ma santé y a pris un coup. Aujourd’hui, je n’endurerais pas ça.

yeux bruns larmeSource image: Unsplash

Le jaloux hypothétique

Le gars bipolaire était un tantinet jaloux, mais ce sont plus les conversations avec des amies qui m’ont fait réaliser que je ne pouvais pas tolérer la jalousie, et encore moins le concept « d’air lousse ».

Lorsque je peux, je voyage. Je pars souvent seule. Si mon chum ne peut pas me suivre, je pars quand même, ce n’est pas négociable. J’ai souvent entendu des amies dire : « Si je voulais partir seule, ça ne passerait pas ». Pourquoi? Le dit-chum a peur de se faire tromper.

Mais on s’entend qu’on n’a pas besoin d’être à 3000 km pour commettre l’adultère! On a tous entendu parler d’histoires de tromperie alors que les deux personnes (trois) étaient dans la même ville. Alors dès que j’ai rencontré mon chum actuel, j’ai mis ça au clair : « Salut, j’arrive de voyage et j’ai l’intention de continuer de voyager – avec ou sans toi. Je ne profite pas d’une escapade pour prétendre que je suis célibataire. La distance n’a pas d’importance. Je suis fidèle ici, je suis fidèle ailleurs. Alors je vais partir. À prendre ou à laisser ». Mon chum me connaît, il sait qu’il peut me faire confiance. Il sait aussi que je peux partir n’importe quand et qu’il n’a pas à s’inquiéter. Je suis très heureuse de lui avoir dit dès le premier jour, et aussi que je ne tolérais pas la jalousie. À date, on s’en sort bien!

brume chemin lampadaire grisSource image: Pixabay

Les autres

Je pourrais nommer plusieurs personnes, mais je vais terminer en rafale. Il y a eu la collègue ultra anxieuse et perfectionniste. Son obsession avait des répercussions sur nous. Moi, j’étais beaucoup trop bonasse. Je pouvais refaire une partie de mon travail juste pour me conformer à son style. Je me demande encore pourquoi je n’ai pas pété les plombs. Si je rencontrais quelqu’un d’aussi intense aujourd’hui, je ne lui permettrais pas de me gruger autant d’énergie. Je ne lui permettrais pas de s’immiscer autant dans mon travail quand je sais que ce que je fais est déjà très bien.

Il y a aussi eu le gars infidèle. J’ai bien essayé de passer par-dessus, mais je n’ai pas été capable à 100 %. J’ai continué la relation jusqu’à ce que ce soit autre chose qui nous sépare, mais au fond de moi, il y avait toujours un doute. Ça me grugeait par en-dedans et c’était malsain. Si jamais je suis assez malchanceuse pour être cocue à nouveau, je ne crois pas que je m’acharnerais à essayer de passer au travers.

Je pourrais aussi parler d’autres collègues chiants que j’ai rencontré en Europe ou d’un ex trop superficiel qui exigeait que je ressemble à un trophée, mais je vais conclure en disant que ces rencontres m’ont permis de renforcer le respect que j’ai pour moi-même et de ne plus tolérer ce que je considère inacceptable.

Toi, as-tu appris quelque chose de tes « mauvaises » rencontres?

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Veronique Laforest

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