Faits Vécus

Tout ce climat de stress et de compétition est apparu lors de mon arrivée au Cégep. J’étais excitée et stressée au sujet de cette nouvelle étape de ma vie. Je commençais dans un tout nouveau chapitre de ma vie. J’avais fait le choix d’aller dans une école où je ne connaissais personne. Mes amies et moi avions pris la décision d’étudier dans des Cégeps différents, pour la simple et bonne raison que nos programmes n’étaient pas disponibles dans les mêmes établissements.

Le premier jour approchait et le stress augmentait tranquillement en moi. Je ne me décrirais pas comme une personne qui apprécie la routine, mais connaître mon environnement m’apporte une certaine sécurité. Donc, me retrouver sans repère en cette première journée m’apportait un certain stress. Je laissais, quand même derrière moi, mon mode de vie des cinq dernières années. Cette constatation m’a apporté un certain sentiment de nostalgie, parce que je savais au fond de moi que ces moments allaient seulement rester en guise de souvenir dans ma tête. Comme le dit l’expression: chaque bonne chose a une fin.

école classe climatSource image : Unsplash

Malgré mon stress et mon insécurité, j’ai tout de même réussi à connecter avec des gens et me faire des amis. Le changement n’était pas si pire que je pensais, finalement. J’avais choisi un programme que je rêvais de faire, depuis que j’avais entendu parler de son existence. Je me souviens que lorsque tout le monde au secondaire se questionnait sur leur choix de programme pour postuler au Cégep, le mien était déjà fait depuis quelques années.

Cependant, personne ne m’avait prévenue de la difficulté que ce programme représentait. Lorsque des gens me demandent s’ils devraient déposer leur candidature pour celui-ci, j’ai toujours une certaine hésitation de la réponse que je voudrais donner. Au courant de mon parcours, j’ai vécu de beaux moments et fait des rencontres merveilleuses, donc ce serait faux d’énoncer que mon expérience complète se résumerait seulement par du négatif. Par contre, j’ai versé beaucoup de larmes et manqué de sommeil durant cette période. C’était dur autant moralement que physiquement.

Au courant des trois années, plusieurs personnes n’ont pas fini le programme et ont abandonné en cours de route. À la fin, dans ma classe, nous étions seulement neuf à graduer. Durant toutes les étapes de ce programme, la pression ne cesse d’augmenter, tout devient plus difficile. Même les relations interpersonnelles deviennent plus difficiles. Certaines personnes que nous considérions comme nos amis volent nos idées ou se tournent contre nous, bref rien n’est stable.

On commence à percevoir tout le monde comme s’ils étaient de la compétition et l’entraide prend le bord, pour devenir chacun pour soi. Malgré nos efforts pour réussir, ce n’est jamais assez bon aux yeux des professeurs. Seulement, une infime partie réussit à se démarquer parmi les autres et à ce moment-là, on se demande pourquoi on continue.

Je me souviens du nombre de fois, sur mon chemin vers l’école, où je me comparais avec le succès des autres, pour venir à la conclusion que ce que je faisais n’était jamais assez. J’étais malheureuse et je ne me sentais pas à place, parce que le climat de compétition dans lequel je me trouvais me faisait perdre confiance en mon potentiel et mes capacités.

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Camille Sabourin

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