Faits Vécus

** Traumavertissement: Fausse couche, grossesse non-viable. Des ressources d’aide sont listées à la fin de cet article.

 

Aujourd’hui, je vis une nouvelle fausse couche. Aujourd’hui, je fais face à ce nouveau sentiment de désespoir pour qu’un jour il puisse être remplacé par la joie de mettre au monde un enfant en bonne santé!

Voilà quelques semaines que l’on m’a annoncé, lors d’une échographie de début de grossesse, que je vivais une deuxième grossesse non-viable, mais sous une forme quelque peu inattendue : un œuf clair. Comme dirait mon amoureux, un œuf clair, c’est un peu comme l’œuf de la poule sans le jaune! Doux nom qu’est l’œuf clair pour exprimer tout simplement qu’aucun embryon ne vit en nous.

Tous les signes de grossesses sont bel et bien là : test de grossesse positif et joie de l’annoncer à son conjoint, hormones de grossesse et nausées tous les soirs, ventre qui s’arrondit petit à petit laissant grandir cet espoir d’un bonheur à venir. Et pourtant, aucun embryon ne s’est formé, on se sent cruellement bien enceinte, puisque le sac gestationnel a poursuivi sa petite route, mais il est désespérément vide.

couple, triste, peinéSource image: Unsplash

Face à cette nouvelle épreuve, j’ai voulu renouer une complicité avec mon corps en le laissant vivre les choses naturellement. Je ne voulais pas passer par la case médicament, ou la case opération chirurgicale, pour évacuer cette nouvelle grossesse non viable. C’est aussi parce que j’ai compris que mon corps, tout comme moi, n’y étions pour rien face à ce nouvel échec, et que l’on devait se soutenir lui et moi pour renaître ensemble main dans la main. Car oui, une femme qui vit une fausse couche, ressent un échec de maternité, et un cruel sentiment d’injustice face aux autres femmes qui ont la chance de vivre des grossesses sans complications.

J’ai attendu des semaines, que mon corps accepte de s’exprimer librement, j’ai porté cette grossesse qui continuait d’évoluer, par respect pour la nature et pour mon corps. Et lorsque celle-ci a débuté tout naturellement par des saignements, je me suis sentie heureuse, et prête à accueillir la libération de mon corps. Ces saignements se sont transformés en caillots impressionnants, et les contractions que j’ai vécues étaient tout simplement éprouvantes. Après quatre heures de douleurs, j’avais le sentiment que c’était bon, j’avais tout évacué, j’étais libérée.

Je me suis donc rendue à l’hôpital, pour vérifier que mon utérus avait bien tout rejeté et que je pouvais regarder à présent vers l’avenir. Mais ma gynécologue m’a gentiment annoncé : « Ah non Madame, le sac gestationnel est bel et bien toujours là, il s’est décollé de la paroi de votre utérus certes, mais il est toujours là. Donc les terribles douleurs que vous avez déjà vécu, vous allez les revivre d’ici peu! Vous allez prendre des médicaments qui vont expulser tout cela. Mais pas d’inquiétudes, on va vous donner des anti-douleurs». Comme si c’était suffisant!

« Allô, les urgences gynécologiques? J’ai une nouvelle patiente qui fait une fausse couche, elle a voulu le vivre seule et naturellement, mais bon ça n’a pas marché comme souvent, alors on prend le relais, tu lui prépares les médicaments, allez je te l’envoi. » Merci pour le manque de compassion au passage, c’était bien désagréable, entre femmes, il semblerait qu’il y ait parfois un manque de solidarité féminine.

La suite du texte, dès demain!

Pour terminer, si vous vous trouvez dans une situation semblable, ou avez un proche qui semble avoir besoin d’aide, n’hésitez surtout pas à aller chercher du soutien. Voici une liste de ressources qui sauront vous épauler. 

Ressources

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Madeline René

Madou, comme ses amis aiment l'appeler, est une petite française, amoureuse de bons petits fromages coulants accompagnés d'un bon vin rouge. Ce qui sent fort,...

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