On a tous des enjeux, des vulnérabilités, des « craques » : c’est NORMAL. C’est ce qui définit qui l’on est, détermine quel genre de personnalité on a et nous donne une couleur particulière. Nous sommes magnifiquement imparfaits. C’est ce qui nous rend aussi attachants. Quelqu’un de trop parfait… c’est chiant! 😝

Nous avons expliqué dans un article précédent comment le développement de la personnalité se réalise en trois grandes étapes, soit l’attachement, l’estime de soi et une dernière étape appelée Éros-Éthos qui est en lien avec l’amour et la sexualité. Parfois, certains obstacles rencontrés au cours de ces étapes nous amènent de la souffrance ou de la détresse, individuelle ou dans le couple.

Nous allons nous centrer ici sur la seconde étape du développement.

Selon  la théorie de la PGRO (Psychothérapie Gestaltiste des Relations d’Objet), soit celle de l’estime de soi, qui se développe à partir de l’âge de 15-24 mois, soit autour du début de l’apprentissage de la marche et qui est marquée par des moments de fierté et de honte. En effet, l’enfant, dans un moment de fierté, de démonstration, veut montrer à ses parents comment il est bon pour marcher, mais c’est aussi dans ces situations qu’il va vivre ses premiers moments de honte quand il perd l’équilibre et tombe devant les yeux de ses parents. L’enfant va construire son estime dans ce qu’il voit de lui (miroir), soit dans les yeux de ses parents.

Le reflet de notre valeur à travers le regard de nos figures parentales va établir les bases de notre estime de soi, qui continuera de se développer jusqu’à la puberté. Il sera important que ce reflet soit ajusté à la réalité et empathique pour que l’estime de soi se développe adéquatement et que l’enfant ait connaissance tant de ses forces que de ses limites.

Souvent, les gens confondent estime de soi et confiance en soi.

La confiance en soi constitue notre évaluation de nos ressources ou compétences pour affronter une situation particulière (p. ex. Je suis bon dans mon travail, dans les travaux manuels, dans un sport particulier, etc.). L’estime de soi réfère à son sentiment de valeur, la juste appréciation de ses talents, la capacité à se mettre de l’avant, à exprimer ses opinions, à défendre ses opinions et sa personne de façon proportionnelle à l’attaque reçue, etc. Si l’on possède une bonne estime de soi, on est capable de bien identifier nos forces et nos limites et on sent que de façon générale, la personne qu’on est a de la valeur, même si on est imparfait.

Si le développement de l’estime de soi se passe bien, l’enfant sentira que ses figures parentales lui accordent de la valeur et l’aiment tel qu’il est, qu’il a droit à l’erreur, qu’il a des qualités, des défauts et mérite d’être aimé. Parfois, le développement de l’estime de soi ne se passe pas bien, que ce soit parce que l’enfant a senti de la part de ses parents de la dévalorisation, du mépris, des critiques, de l’humiliation, du rejet, du dénigrement, ou à l’inverse, de l’idéalisation telle que des éloges et de la valorisation constante, sans égard à la performance réelle de l’enfant.

Notre estime de soi se bâtit dans notre tendre enfance.

Nous pouvons cependant la perdre avec des expériences négatives vécues plus tard dans notre vie ou à l’inverse la solidifier. Puisque l’estime de soi se construit en étant en relation avec les autres, toute relation significative peut affecter l’estime de soi. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que les relations intimes toxiques ont des effets dévastateurs sur l’estime de soi, alors que les relations intimes soutenantes et authentiques contribuent au maintien de l’estime de soi. Bien que l’estime de soi soit fortement influencée par les relations interpersonnelles, il y a des événements de vie qui peuvent également faire fluctuer notre sentiment de valeur comme une rupture, une perte d’un emploi, un succès ou au contraire un échec majeur.

Nous pourrions le dire ainsi : les relations ont un impact sur notre estime de soi, mais notre estime de soi influence aussi nos relations.

Dans la seconde partie de ce texte, nous vous présenterons ce que nous pouvons observer chez ceux qui ont traversé cette étape du développement sans encombre, tout comme ceux pour qui les facteurs de risque étaient plus nombreux que les facteurs de résilience et qui ont développé des vulnérabilités au niveau de l’estime.

Dre Aline Gauchat, Ph. D., psychologue
Dre Nathalie Gauthier, Ph. D., psychologue

Image de couverture par Hala Al-Asadi via Unsplash 

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