Faits Vécus

Salut à toi ma chum/mon chum Hypochondriaque.

Je t’écris simplement pour te dire que ça se soigne.

Que je suis passée au travers et que toi aussi t’en es capable, fais-moi confiance.

J’ai passé cinq ans à vivre comme si j’allais mourir. Je ne te parle pas de la phrase YOLO qu’on dit quand on veut profiter du moment présent. Je te parle de ce sentiment de VRAIMENT penser mourir à tous les jours. Chaque matin,  je me réveillais avec un nouveau cancer, un caillot au cerveau, une maladie dégénérative… J’étais épuisée.

Entre 2013 et 2018, je pense être allée plus souvent à l’hôpital (pour des symptômes imaginaires) que j’ai dû voir ma propre grand-mère. Étrangement, une fois rendue dans la salle d’attente, je me sentais bien, presque zen. C’est comme si mon corps comprenait qu’il était à la bonne place si quelque chose devait arriver. Bon, mon amoureux trouvait ça un peu moins relaxant que moi, surtout quand je le réveillais à 5 heures du matin pour aller au plus vite aux urgences. Mettons que ça ne lui faisait pas le même effet qu’un avant-midi au Bota Bota. Bref.

J’ai fait une petite introspection quand les 32 médecins que j’ai vus m’ont affirmé que j’avais une bonne santé. L’affaire avec l’hypocondrie c’est que tu ne fais pas confiance aux docteurs, tu es persuadée qu’ils ont oublié quelque chose, peut-être même qu’ils ont échangé (par mégarde) ton échantillon de sang avec celui d’un autre patient.

Bon je me suis rendue à l’évidence qu’après autant d’années à attendre mon diagnostique qui n’est jamais arrivé, je devais soit être 1- une miraculée (voir, un cas de science-fiction) ou 2- ne pas être SI malade que ça.

Je suis allée consulter.

J’ai été diagnostiquée.

J’ai été médicamentée.

Semblerait-il que je souffre d’anxiété et de TOC. Je n’ai pas un trouble obsessionnel comme on peut le voir à TLC (J’arrive à me contrôler quand je vois de la mousse de sofa ou les cendres de mon grand-père). Cependant je suis obsédée par mes idées. En gros, si j’ai un fourmillement dans la jambe, ma tête va tourner pendant des jours et imaginer le pire. Je n’arrive pas à me parler et à me calmer seule.

La médication a changé ma vie!

Un peu de reculons, je me suis décidée à prendre de l’escitalopram. Honnêtement, si cette pilule était une personne, je serais la première à voter pour qu’elle devienne présidente des États-Unis.

Trois psychologues plus tard, 20mg de sérotonine en extra dans le sang et un constant travail sur moi-même, je peux te confirmer qu’aujourd’hui ma place préférée, ce n’est plus les hôpitaux. Et ça, c’est une victoire en soit.

Avoir des insides avec les infirmières du 811, ce n’est pas mainstream, comme on dit.

Va chercher de l’aide, je le sais que tu es fatigué.

Bonne chance.

fille seule pensive yeux fermés

Source image: Pixabay

 

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Audrey Caron

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