Faits Vécus

 

Cher grand-père,

Il me semble que cela était hier que j’apprenais ton décès, mais en réalité cela fait quelques temps. J’ai ressenti un soulagement, car je savais que tu souffrais malgré ton allure de vaillant chevalier. Je savais que cette annonce marquait la fin de tes souffrances. Ce soulagement signifiait aussi qu’enfin tu aurais du repos comme récompense en l’honneur de toutes ces années travaillées. Dimanche, nous te célébrons et, même si ce deuil est difficile pour plusieurs, nous gardons que du positif de toi.

J’ai choisi des mots qui, je trouve, te définissent bien. Des mots qui me rappellent toi et qui réussissent à garder ton esprit vivant. J’en ai fait une liste : bon, dévoué, blagueur, travaillant, déterminé, positif, encourageant, passionné et aimant. Parmi tous les moments passés ensemble, j’ai choisi de mettre en mots trois d’entre eux, qui démontrent avec justesse la personne que tu étais.

D’abord, tu as fait naître en moi cet intérêt que je porte pour la politique et l’Histoire. Cet intérêt m’a poussée à aller une semaine à Ottawa pour en apprendre davantage sur le fonctionnement de la politique canadienne. Pour que je puisse y aller, il fallait débourser un certain montant ; ma mère en a payé une partie et l’autre partie m’a été donné, grâce à toi qui a été cherché des commanditaires dans la ville de Montmagny. Lors de ce moment, j’ai pu remarquer ta détermination et ton côté travaillant pour trouver et pour motiver les gens à donner. J’ai aussi senti ton coté encourageant et ton côté passionné qui m’ont donné le goût de m’inscrire à cette activité. Finalement, j’ai vu ton dévouement dans ta recherche, à temps perdu, de commanditaires.

grand-papa rireSource image : Unsplash

 

Je me souviens aussi d’une fois où la porte et les vitres de l’entrée de ton immeuble où tu restais ont été brisées. Par erreur, tu t’étais trompé entre la pédale de frein et celle de l’accélérateur ce qui t’avait fait foncer tout droit dans ton entrée. Durant cette même semaine, on t’avait demandé si tu avais été cambriolé. Tu avais répondu fièrement quelque chose de drôle. Ceci illustre ton côté blagueur et positif. À première vue, cet événement qui aurait dû être un problème, tu l’as transformé en une anecdote drôle et positive.

Finalement, je me rappelle que, lorsque j’allais manger chez toi, tu me disais que je parlais trop et que tu ne voulais pas que je mange froid, car un repas froid est moins bon que celui chaud. Ce souvenir prouve ton côté aimant, car la famille est importante pour toi. Tu t’assurais que moi ou quiconque de la famille ne manquions de rien. Toutes les personnes qui t’ont connu savent que ces mots te vont bien. Ces personnes pourraient, sans hésitation, faire comme moi et décrire des situations où ils ont vu cela chez toi.

Je dois t’avouer que cela me fait drôle d’écrire ces mots en sachant que je ne pourrai pas te les lire à haute voix. Même si je ne pourrai pas entendre tes commentaires sur ceux-ci par la suite, je te les offre quand même. Je sais que, là où tu es, tu peux sans doute les lire. Du moins, tu pourras les ressentir comme moi en ce moment en les écrivant. Avec cette lettre, je te témoigne ma reconnaissance, ma joie d’avoir été une de tes deux petites-filles, d’avoir passé du temps avec toi et d’avoir ainsi pu t’entendre chanter Ring of Fire de Johnny Cash.

 

Source image de couverture: Unsplash
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Coraly Guillemette

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