Bébé & Cie Faits Vécus

Ma fille. Ma belle Rose. Ma princesse. 

Ça y est : maman doit retourner travailler. Déjà. Nous aurons encore le privilège de plusieurs beaux moments ensemble. Toutefois, nos semaines continues de quotidien  partagé sont derrière nous, malheureusement. 

Je t’en parle depuis un petit moment déjà. J’échappe quelques larmes. Je t’explique maladroitement. Tu me regardes avec tes petits yeux déjà brillants d’intelligence, en  souriant, simplement heureuse d’entendre ma voix. Rien pour me rendre la tâche plus facile, bien honnêtement. 

Il y a 10 ans, à peu près à ce temps-ci de l’année, je me suis inscrite en droit à l’université.  Je rêvais de porter la toge et de plaider. Je voulais questionner et réfuter. J’entendais négocier et convaincre. J’allais être avocate, c’était décidé. Et j’adore mon travail! Malgré  l’exigence de la tâche. Malgré le stress. Malgré bien des malgré, j’ai envie de te dire. En  2019, j’ai choisi l’entrepreneuriat en fondant Côté Martineau, avocats. Depuis, je n’ai jamais  regretté cette décision. Mais, oui, elle a été plus difficile à assumer depuis que tu es là.  Beaucoup plus difficile. 

C’est à ce travail que je dois retourner. À cette profession. À cette vocation. À cette passion: 

Plusieurs attendent de moi que je culpabilise de cette situation. Aussi, j’ai commencé à  t’écrire ce message en ayant l’intention de m’excuser auprès de toi de mon retour au travail hâtif, de mon choix de carrière, de mon statut d’entrepreneure. Puis, j’ai choisi que je ne  le ferai pas. Jamais. J’ai le cœur en mille morceaux, oui. Mais je ne me sens pas mal. Je suis triste. Mais je ne culpabilise pas. En fait, voici même une chose que j’ai envie de t’apprendre  : tu n’as pas à t’excuser des choix que tu fais pour toi-même. Tu n’as jamais à demander pardon d’être une femme forte, ambitieuse et indépendante. Tu n’as pas à être désolée d’être toi. 

lettre, fille, mamanSource image: Unsplash

Puis, ça m’a fait réfléchir à toutes les choses importantes que j’ai envie que cette situation t’apprenne sur la vie : 

Ton papa t’aime aussi fort que je t’aime, moi. Les moments que vous partagerez ensemble dans les prochaines semaines sont précieux. Nous sommes différents et nous t’enseignerons des choses différentes. Tu ne m’entendras jamais dire que je lui ai “donné des semaines de mon congé”. Ton père est un parent à part entière. Et les moments que  nous te consacrons actuellement s’appellent un congé “parental”. Ces instants magiques lui reviennent autant qu’à moi. Ne sous-estime jamais l’importance de l’autre parent si, un jour, tu as la chance d’être mère à ton tour. Quand on aime aussi fort que je t’aime, on  doute parfois que quelqu’un d’autre puisse aimer autant que nous ce petit bout d’humain. Pourtant, c’est le cas. 

Tu as le pouvoir d’être et de devenir qui tu veux. La vie est un monde de possibilités. Informe-toi. Éduque-toi. Forme-toi. Aie l’humilité de commencer en bas de l’échelle. Mais n’oublie pas de la gravir. Crois en tes rêves et fonce. Aie peur. Tombe. Et recommence. Tu as un instinct remarquable. Fais-toi suffisamment confiance pour prendre tes  propres décisions. Ne laisse personne te dicter ta conduite, mais écoute ce que les gens  ont à te dire. La plupart des humains que la vie mettra sur ta route ne te voudront que du  bien. Et tu as énormément à apprendre des autres. Tu en enseigneras beaucoup à autrui  également. Sois inspirée et inspirante. Tu as droit à l’erreur. Trompe-toi. Crie. Pleure. Doute. Ça fera de toi une plus belle  personne. Plus humaine. Plus vraie. Chaque fois que tu le pourras, choisis de faire ce qui  rend le monde un petit peu meilleur. 

Être ta mère est le rôle le plus important de toute ma vie. Dorénavant, partout où je  vais, peu importe ce que je fais, je suis avant tout une maman. La tienne. Et tu seras  toujours avec moi. Dans ma tête et dans mon cœur. Dans toutes mes pensées et dans toutes mes décisions. Tu as fait de moi une femme plus posée, plus douce, plus à l’écoute. Je suis une meilleure personne grâce à toi. J’aurai toujours plus envie d’être avec toi que  n’importe où ailleurs. N’en doute jamais. Tu auras toujours le droit de m’interpeller à tout  moment. Tu pourras me déranger, au travail ou ailleurs. Sans me déranger, justement. Tu es, pour toujours, ma priorité. Je te le promets. 

C’est tout. C’est beaucoup. Mais tu as toute la vie pour apprendre. Pour comprendre. Sois douce avec toi. Et donne-toi du temps. 

À ce soir. J’ai hâte. Très hâte.

Je t’aime infiniment, 

Maman

Source image de couverture: Unsplash
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Julie Martineau

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