Faits Vécus

L’air semblait plus pesant aujourd’hui. Elle marchait sans savoir où aller. Tout était différent maintenant. Le lourd claquement de ses talons sur le trottoir et les battements chaotiques de son coeur étaient les seuls sons qui faisaient écho dans la rue encore déserte en ce matin automnal. Elle se sentait incroyablement seule : seule avec ses souvenirs. Il était parti et plus rien ne serait comme avant. Elle secoua la tête pour chasser les pensées intrusives qui la plongerait sans aucun doute dans le trou noir de sa propre tête. Après tout, ses pensées étaient son pire ennemi : IL en faisait toujours partie.

C’était terminé et cela s’était fait soudainement sans que personne ne s’en doute : la veille, ils s’embrassaient et se faisaient des promesses. Le lendemain, ils pleuraient et elle le giflait. La chute avait été brusque : après tout, découvrir que sa relation n’était que tromperie et mensonge ne relève pas d’une promenade de santé. Oui, elle avouait, il avait tenté de se reprendre (non pas par culpabilité, mais par peur d’être seul, précisons-le) avec de beaux mots et des promesses et elle, aveuglée par ses sentiments et son désir d’être aimée, n’avait demandé qu’à le croire. Les déceptions s’accumulaient et la descente aux enfers ne faisait que continuer, perçant la bulle de déni dans laquelle elle s’était plongée depuis qu’elle avait appris la fatidique nouvelle qui la propulserait plus bas que terre.  Désormais, elle tentait de se relever et de respirer de nouveau. La tâche était ardue : la solitude l’étreignait tel un étau.

femme seule champ penséeSource image: Unsplash

Cette femme c’est moi. Moi, le jour où j’ai perdu pied et où je me suis rendue compte que tu n’étais pas l’homme que je croyais que tu étais. Je me suis fermée les yeux trop longtemps, en ignorant les signes révélateurs de ton comportement toxique et la chute n’en a été que plus brutale. J’ai toujours été attirée par ton côté brisé sans même me rendre compte que celui-ci serait la cause même de ma propre destruction. Je t’aimais à en crever, mais j’aimais encore plus te trouver des raisons, des excuses et rester aveugle, jusqu’au jour où ce n’était simplement plus possible. J’ai dû me détacher de toi, une, deux, trois fois. Chaque fois, lorsque je croyais aller mieux, tu m’écrivais ou tu m’appelais, pour reprendre la délicieuse emprise que tu souhaitais avoir sur moi. J’ai combattu mes démons, j’ai tenté de panser les plaies que je croyais cicatrisées lorsque tu es arrivé. Au final, tu n’y avais déposé qu’un pansement pour ensuite l’arracher brutalement. Je voulais te sauver, mais qui allait me sauver moi alors que j’étais en train de me détruire? Je me suis toujours demandée si tu savais ce que tu faisais, si c’était calculé, ou bien était-ce un comportement purement inconscient? Le fait est que j’en ai eu assez de te trouver des raisons et de toujours retomber dans ton piège. J’ai coupé les ponts et depuis trois mois, je ne te parle plus. J’ai recommencé à vivre et à respirer. Parfois, tard dans la nuit lorsque la solitude se fait trop étouffante me vient l’envie de t’appeler et de te parler. Je me retiens. Le jeu et la souffrance qui s’en suivra n’en valent pas la peine. 

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Léa Turgeon

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