Faits Vécus

Même si je sais qu’il est impossible que tu lises cette lettre un jour, je tenais à te dire: merci. Merci de m’avoir permis de grandir et de devenir la personne que je suis aujourd’hui. Je suis consciente que cela peut sembler peu songé, une formulation que tu as sans doute entendue tellement de fois avant, mais cela n’en demeure pas moins vrai pour autant.

Pour des raisons de survie, on a dû prendre des chemins différents. Ensemble, on était bien, on se comprenait, mais y’avait rien de sain là-dedans. On a essayé, mais on le voyait bien que ça ne fonctionnait plus, à force de se courir après dans les dédales du temps perdu. On était rendues ailleurs, à des stades différents, mais toutes les deux usées par la vie qui ne semblait pas vouloir arrêter de nous rentrer dedans. Je voulais voir le monde et toi tu ne voulais plus voir personne. Je voulais sourire et m’accrocher à la vie et toi, tu voulais t’accrocher au plafond.

fille dans le noir de dos devant petite fenêtreSource image: Unsplash

Des fois, j’ai l’impression de t’avoir laissée tomber. Je me dis que j’aurais pu faire plus, qu’on aurait pu rester ensemble, même si j’étais la première à ne pas vraiment comprendre notre relation. Des fois, ça me faisait tellement de bien de te savoir pas trop loin. En rétrospective, je sais qu’on s’empêchait d’avancer, qu’on restait dans les mêmes schémas et qu’on avait comme peur de se laisser. On restait dans le connu, même si y’avait pas grand-chose de bon là-dedans.

Je trouve ça dur, parce que malgré tout, tu avais tes bons côtés. C’est toi qui m’as appris à me choisir en premier et que je méritais d’être aimée en entier. Tu m’as montré que mes émotions étaient valides. Tu m’as fait voir que c’est correct d’être qui je suis, même si cette femme-là est intense. Grâce à toi, j’ai enfin compris que des relations, ça se cultive et que ce n’est pas toujours à moi de sortir l’arrosoir.

arrosoir avec fleurs fanéesSource image: Unsplash

Je trouve ça dur parce que dans ma vie, on ne m’a jamais expliqué comment faire le deuil de quelqu’un de vivant. Parce que je sais que tu existes encore, à quelque part, pas trop loin. Je sais aussi que je dois me montrer prudente, car malgré tout, j’aimerais bien ne pas avoir à recroiser ta route.

Lettre à toi : à celle que j’étais et que je ne serai jamais plus.

Source image de couverture: Unsplash
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Daphnay Thibodeau

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Je veux vraiment trouver MA personne