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En 2020, c’est sûr qu’on est plus ouverts, mais il y a encore énormément de préjugés entourant la communauté LGBTQ+. Je ne cacherai pas que j’ai été confrontée à plein de commentaires négatifs venant de différentes personnes, certaines ne sachant même pas qu’elles disaient quelque chose qu’elles ne devraient pas.

Certaines personnes ne mesurant pas la gravité de leurs gestes et de leurs paroles.

Quand je dis à quelqu’un que je suis bisexuelle, il y a toujours cette surprise ou ce fameux « ah ouin? ».  Mais quand on y pense, la seule raison pour laquelle on peut douter des autres orientations sexuelles est que l’hétérosexualité est dans la nature humaine, c’est comme cela qu’on est nés au tout départ, mais c’est une très mauvaise excuse pour ne pas évoluer.

Les gens se disent ouverts, mais il y a toujours un « mais », justement.

J’ai été confrontée à plusieurs questions maladroites et je suis loin d’être la seule. Le pire que j’ai entendu était: « t’es-tu une VRAIE bi? » Comme s’il y avait des « fausses » bisexuelles! Bien évidemment, certaines personnes sont seulement curieuses et veulent faire des expériences, aller voir ailleurs. Cela fait partie de l’adolescence et du processus de découverte de soi. Or, il y en a qui s’identifient réellement autre qu’hétérosexuels et c’est juste normal.

personnes qui manifestent en dessous drapeau lgbtqSource image: Unsplash

La diversité, c’est beau. C’est comme lorsqu’on va à l’épicerie. Il y a une panoplie de sortes de fruits colorés et on préfère certains à d’autres. Mais si on prend juste des oranges ou trop souvent des pommes, on va se tanner et on va finir.

Pourquoi toujours être comme « tout le monde » lorsqu’on peut sortir du cadre et être ce qu’on est au fond de nous?

Parmi les questions les plus maladroites et déplacées qui m’ont été posées, il y a eu: « tu préfères les pénis ou les vagins? » Mettons une chose au clair: NON, je n’ai pas de préférence. La vérité est que je n’aime ni les vagins, ni les pénis. Je suis désolée si tu trouves cela étrange ou peu commun, mais je ne me cacherai jamais pour m’affirmer comme je suis. Certaines personnes bisexuelles ont réellement des préférences, mais ça leur appartient. Il n’y a rien de plus personnel comme question. C’est comme si je venais de te rencontrer et que je te demandais: « ah, t’aimes-tu le pénis de ton chum? » Ça n’a pas de sens et c’est pourquoi tu me regarderais avec un air de jugement. Essaie de te mettre à notre place au moins une seconde.

Sinon, je me suis fait dire: « tu sais, ailleurs dans le monde, tu ne serais pas acceptée ». Ok, d’acccord, je le sais que dans certains endroits dans le monde, les libertés individuelles sont brimées et c’est dommage, mais je suis ici, en ce moment, et j’ai le droit d’être qui je veux. Je n’ai tout simplement pas besoin que tu me dises cela.

Dans les soupers ou lorsqu’on voit de la famille, on nous demande souvent LA question:

– Ouais, pis t’es-tu fait un p’tit chum?

– Ben non, je vois une fille. *Malaise*

Aujourd’hui, je suis en couple avec un garçon. Non, mon copain n’est pas jaloux ou n’est pas « pas d’accord » avec le fait que je sois bisexuelle. Il ne peut pas être en désaccord, car cela fait partie de moi, de mon identité, de qui je suis. S’il n’était pas bien avec cela ou qu’il ne l’accepterait pas, il ne serait tout simplement pas là.

Je prie pour, qu’un jour, sortir avec un garçon en étant soi-même un garçon ou sortir avec un transgenre soit devenu quelque chose qu’on dit comme on fait un câlin: tout simplement et sans gêne.

drapeau gai love is loveSource image: Unsplash

Je prie pour qu’on s’aime tous malgré nos différences.

Je prie pour que de l’amour soit de l’amour.

Source image de couverture: Unsplash
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Andréa Maheux

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