Style de vie

Commençons par nous mettre d’accord: je déteste le mot influenceur comme beaucoup de personnes. Ce mot veut dire beaucoup et peu à la fois. Influencer n’est pas un métier. C’est le résultat de ce qu’on fait. Que ce soit créer du contenu photo, écrit, vidéo ou participer à une télé-réalité. Quand on obtient de la notoriété, on a le luxe, le pouvoir et le devoir d’influencer avec discernement. Ceci n’est toutefois pas compris par toutes les personnes qui ont de la notoriété. Ce ne sont pas exclusivement les « influenceurs du vol Sunwing » qui utilisent mal leur popularité. On a vu des vedettes de télévision ou des animateurs radio le faire par le passé. Il ne faut pas chercher très loin pour trouver des noms que je n’ai pas envie de nommer aujourd’hui.

Le cas des influenceurs du vol Sunwing

Source de l’image : Meme.socialistes.gourmandes 

Depuis hier, on ne parle que de l’avion rempli d’influenceurs qui s’est envolé pour Cancun et de ce vol durant lequel plusieurs règles furent transgressées. Les personnes à bord de ce vol étaient dans le tort. Connues ou pas. Les gestes qui furent commis vont à l’encontre des règlements de Transport Canada et mettaient en danger la sécurité des autres. Simplement de ne pas porter son masque est déjà une offense, sans compter la danse, les relations sexuelles, la consommation d’alcool privée et l’utilisation des systèmes de communications de l’avion. Que ces personnes soient connues ou pas, ça ne change rien aux actions.

Toutefois, le fait que certains d’entre eux aient de grandes audiences sur les médias sociaux a fait en sorte que plusieurs personnes ont rapidement pu voir ce party d’avion. Jusque là, on demeure neutre? Non. Ces personnes ont un pouvoir d’influencer d’autres personnes, dont des plus jeunes, à penser que ce genre de geste est normal, voire «cool» et à faire en sorte que ça se reproduise.

C’est là que les quelques influenceurs présents sur le vol ont failli à leurs tâches : ils n’ont pas compris leurs responsabilités sociales.

  • Qu’est-ce que la responsabilité sociale selon Wikipédia? La responsabilité sociale est un concept qui est défini par l’influence des décisions dans la société. Elle se rapporte généralement aux conséquences potentielles résultant des actions ou de l’inaction des individus, organisations ou entreprises.

Certaines de ces personnes font actuellement des vidéos pour se déculpabiliser en disant ne pas avoir fait ceci ou ne pas avoir fait cela. OK. Trop peu, trop tard (et ça sent le mensonge à plein nez). Quand on veut se faire connaître, on a le devoir de s’assurer de ne pas être associé à des gestes qu’on réprimande. Il aurait été facile, sur le coup, de dire aux autres de cesser OU de faire des vidéos sur place pour dire qu’on n’est pas en accord avec ce qui se passe. Bref, il aurait fallu agir AVANT que le groupe ne se fasse pointer du doigt par les médias. Là, on dirait juste un exercice de relations publiques pour sauver ce qu’il leur reste de crédibilité.

Quand on est connu et qu’on est suivi, on doit penser à comment on peut influencer les autres qui nous suivent. Je pense que la plupart des humains souhaitent laisser une trace. En ayant de l’influence, c’est possible au quotidien. Mais quelle trace veut-on laisser? Quand on est suivi, on a le devoir de faire attention à ce qu’on met en ligne, puisque cela peut avoir une influence sur les autres. On doit donc toujours se rappeler que c’est comme si on criait dans un stade de soccer bondé au micro: tout le monde peut nous entendre. Ainsi, ce qu’on met en ligne peut avoir des conséquences potentielles… et on en devient responsable.

Comment couper l’importance de leur influence?

On en parle en long et en large depuis la vague me too: la place des personnalités dans les médias n’est pas acquise et c’est un luxe d’avoir de la visibilité. Toutefois, avec les médias sociaux, tout le monde peut se créer son propre média. Ainsi, peu importe les gestes commis, il n’y a pas de patron qui peut vous couper le micro, comme à la télé ou à la radio.

Si la population continue de suivre les influenceurs, ils conservent leurs pouvoirs, et ce, peu importe les gestes qui sont commis. La seule manière de faire en sorte qu’ils disparaissent lentement, c’est s’ils ne retirent plus rien de leur influence : plus aucun contrat de publicité, plus aucune invitation à des événements, plus aucun cadeau gratuit à la maison, etc. Bref, que leur nombre d’abonnés ne leur apporte rien.

On ne le dira jamais assez, être un bon créateur de contenu demande du temps. On doit prendre le temps de créer du contenu qui intéressera un auditoire, échanger avec ce dernier, créer une communauté, etc. Si on n’en retire rien, c’est beaucoup de travail non rémunéré. Je doute que ces influenceurs veuillent poursuivre si plus rien ne leur revient. Mais cela est un effort commun de tous : est-ce que les bars ne leur donneront plus de passe-droit, ni d’alcool, ni rien? Est-ce que les compagnies vont cesser de leur donner des contrats? C’est à voir…

Nuire à tous les influenceurs

Ce qui est dommage c’est que le nom influenceur est une fois de plus sur toutes les lèvres, pour les mauvaises raisons. Encore cette fois, un petit groupe de personnes ayant acquis un nombre intéressant d’abonnés sur diverses plateformes font en sorte que tous les influenceurs sont vus comme des parvenus qui font fi de leur responsabilité sociale.

Pourtant, ce n’est pas le cas de la plupart des personnalités Web que je connais. Au contraire, en ce moment, la plupart soupirent en se disant qu’ils devront, une fois de plus, justifier leur métier parce qu’ils seront comparés à ces fêtards. Comme dans chaque domaine, il y a des crayons plus aiguisés que d’autres. C’est aussi le cas dans le domaine de l’influence Web et, malheureusement, ce métier est une fois de plus mis en lumière pour les mauvaises raisons.

 

Source de l’image de couverture : La Voix de l’Est
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Camille Dg
Fondatrice & Rédactrice en chef

Camille Dg est une femme d'affaires québécoise ayant fondé sa première agence de marketing web en 2008. Pionnière dans son domaine, elle fut l'une des...

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