Faits Vécus Style de vie

Nous commençons notre vie en étant que bébé, dans un contexte où on s’occupe de nous. On ne réfléchit pas. Nous ne le pouvons pas. Le cerveau n’est pas suffisamment formé, on se fait accompagner.

Ensuite, plus vieux, on se fait éduquer, par des « oui, c’est bien! », par des « non, ne fais pas ça, c’est mal ». On se fait expliquer les valeurs et morales de la vie que l’on pense justes.

Pour d’autres familles religieuses, la spiritualité est leur système de valeurs, c’est la ligne à suivre. Elle dicte les réponses à tout. Elle leur dit quoi faire, quoi penser, comment agir, comment pardonner.

Or, depuis quelques années, je réfléchissais beaucoup aux comportements de mes proches, des citoyens, du monde en général. Bien entendu, cela ne m’a pas pris une année pour me rendre compte qu’il y avait quelque chose qui clochait dans notre société. À mon humble avis, cela n’allait pas, particulièrement au niveau philosophique et spirituel… La hausse du nombre de catastrophes humaines, la montée des diagnostics de maladies mentales, ainsi que  les nombreux troubles d’évolution sur nos enfants. Enfin, ça ne prend pas un baccalauréat en sociologie pour se rendre compte des difficultés sociales actuelles. Il suffit d’avoir accès au câble,  à Internet et de sortir un tant soit peu de chez soi.

tête de femme prise de derrièreSource image: Unsplash

J’ai alors tout fermé: cellulaire, portable, tablette, télévision, radio, bouche de mon chum et je me suis mise à cogiter. J’en ai presque saigné du nez tellement mes neurones surchauffaient.

Je suis arrivée, avant l’explosion cervicale à plusieurs questions, qui se terminent par une autre interrogation encore plus fondamentale. Ma question ouverte est pourquoi la société va si mal, que beaucoup de gens sont malheureux, anxieux, et pourquoi les gens semblent aussi perdus et se cherchent autant? Les gens de notre décennie vivent comme des pilotes automatiques. Ils vont à la pharmacie retirer leurs antidépresseurs et continuent leur vie… Pourquoi ces mêmes personnes (et je m’inclus toujours dans cette foulée), se sur-stimulent à l’aide de téléphones intelligents, télévisions, Siri, Facebook, Instagram etc. En contrepartie, ces personnes vont être de plus en plus curieuses en ce qui a trait une quête de la spiritualité, la croissance personnelle, le yoga, les retraites, etc. Il n’y a pas là une forte odeur de paradoxe?

Pourquoi de nouvelles professions affluent: coach de vie, gourou, prédicateur, PNL? Car c’est la mode? Une tendance sociétaire? Car c’est lucratif de profiter de la vulnérabilité des âmes perdues?

D’ailleurs, avez-vous pris conscience que la montée des gourous, des adeptes et des prédicateurs, sans compter les agendas surchargés des psychiatres et psychologues, sont des indices évidents sur l’état vulnérable des gens? Ma réponse, après une longue discussion avec Hubert Reeves et Socrate… Ben non. Sérieusement, après la lecture d’une foule d’articles philosophiques, références à l’appui, qui ont joué l’effet de mélatonine et m’ont fait sentir comme la pire des attardées en relisant par deux fois la même phrase pour en comprendre le sens. Finalement, la réponse est non, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une tendance contextuelle, il y a une bel et bien une raison sous-jacente grave.

D’après moi, les gens en 2020, et ce, plus particulièrement depuis le déclin de la religion au Québec, sont égarés, en quête de sens, hyper stimulés et inconscients du présent. Anxieux, ils veulent inconsciemment (ou consciemment) se faire dire quoi faire ou quoi penser.

Mon Dieu… C’est vraiment moi qui écris cela? Moi, qui prône l’indépendance, la liberté, on voudrait ça nous? Nous esprits libres?

femme de dos avec un rayon de soleilSource image: Unsplash

On jase, là…

La religion au Québec a été dominée par l’Église de 1840 jusqu’en 1960 au moment de la révolution tranquille. Cette religion, le christianisme, majoritaire à 88%, était omniprésente dans les foyers québécois. Plusieurs événements tristes et importants, comme la Deuxième Guerre mondiale, ont provoqué des remises en question fondamentales.

À cette époque, l’église apportait le réconfort. Que ce soit par la Bible, avec ses métaphores littéraires où on trouvait un sens qui nous calmait, nous sécurisait, ou la  « La maison de dieu », l’église où se rassemblait plusieurs milliers de pratiquants partout, où tous étaient reliés par la même divinité. Une réponse… Un phare.

Ma question est la suivante: comment fait-on pour survivre, réfléchir et vivre heureux sans guide, sans repère et sans croyance?

En fait, fondamentalement, je crois que c’est presque impossible et que les gens utilisent de multiples stratégies échappatoires pour arriver à survivre (les compagnies pharmaceutiques ont compris).

Y’a aussi l’autre option où, avec un esprit scientifique, on croit à cette explication cartésienne que l’origine de la vie est le fruit du hasard, ledit Big Bang, sorti de nulle part et avec une finalité sans lendemain.

En partant de la prémisse où chaque être humain est doté de raison et désireux de comprendre, devrait-on avoir des réponses pour pouvoir fonctionner?

En outre, dès notre naissance, nous sommes dirigés, au travail et dans la vie de société. Partout, nous avons des normes et règles à suivre.

Vous êtes-vous déjà attardé au fait que les humains aimaient peut-être et ce, malgré eux, être guidés, unis par une cause, une raison d’être, une idéologie commune?

Pourquoi ça? Car l’être humain, fondamentalement, n’est pas fait pour être seul. Il n’est pas fait pour être laissé à lui-même. Il est doté d’une trop grande intelligence pour la laisser sombrer dans l’art de ce que je fais souvent: trop penser. Nous avons besoin de repos intellectuel, nous avons besoin d’une boussole de vie.

De plus, vers qui se tourne-t-on lorsque rien ne va? Qui nous explique vraiment pourquoi notre enfant est atteint d’une maladie incurable à sept ans? Personne. Nous sommes laissés à nous-mêmes, dans nos pensées et nos angoisses, nous avons ni explications, ni certitudes.

Attention!

Ce texte ne vous dit pas de réécrire le Nouveau Testament, de devenir prêtre ou bonne sœur et fonder une communauté religieuse. Il est simplement le fruit d’une longue réflexion sur le retour aux sources. Et si le mot religion vous fait peur, écrivez code de vie. Soyez bons et réfléchissez au côté positif que la religion nous apportait, soit l’entraide, le pardon, le travail bien fait, l’altruisme, la générosité, la gentillesse, la solidarité et le partage. Ne pensez pas aux guerres et aux nombreux aspects négatifs de celle-ci, mais juste de ce qu’elle apportait de beau et de bon.

homme qui prie noir et blancSource image: Unsplash

Cette personne source de réponses qui, à ce qu’on disait, s’appelait Dieu, Jésus, Allah, quel que soit son nom, ne s’est jamais montré le bout du nez. Nous ne l’avons jamais vu, ni touché. Il n’est que le reflet de l’espoir et en rassure quelques-uns. Car oui, l’humain, doté de jugement beaucoup plus que le poisson rouge, est capable de mal et peut parfois oublier que les bases de notre histoire construisent notre présent. Que parfois, même si notre psy nous répète de vivre consciemment dans le présent, il faut quand même aller creuser dans notre histoire et notre passé pour trouver des outils. Les réponses se retrouvent parfois dans les traces du vécu après tout..

Enfin, il y a matière à réflexion sur ce sujet et je crois que mon cerveau surchaufferait au point critique, n’aidant pas le réchauffement planétaire. Je vous laisse donc mûrir ces réflexions dans le temps.

Mais rappelez-vous, nous sommes les meilleurs pour se rallier afin de manifester. Nous sommes les meilleurs pour se rallier contre des décisions d’actualité. Nous sommes les meilleurs pour se rallier pour l’environnement. Pour soigner notre planète!

Je terminerai en vous disant que je crois foncièrement que nous aurions avantage à nous soigner en tant qu’humains. Et, par le fait même, la planète serait beaucoup plus verte et sainte. Amen!

Source image de couverture: Unsplash
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Cynthia Phaneuf

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