Faits Vécus Style de vie

Si on fouillait dans le sous-sol de mes parents et qu’on arrivait à dénicher les vieux albums souvenirs de mon enfance (ce qui, j’espère, n’arrivera pas de sitôt), on me verrait plus souvent qu’autrement accompagnée de Daisy. Non, Daisy n’est pas une petite fille aux yeux noisettes avec ses cheveux blonds délicatement peignés en tresses (ce type de coiffure me fait toujours faire allusion au film Matilda… Les vrais comprendront la triste référence). Daisy était plutôt un golden roux qui ne vivait que pour dormir, manger et pour vivre une vie pleinement heureuse avec son humain, c’est-à-dire moi! Bon, peut-être que le bonheur n’était pas totalement au rendez-vous lorsque je tentais de lui mettre une robe ou que je lui mettais des petits accessoires à cheveux en forme de papillon sur les oreilles, mais j’ose croire que Daisy fut tout de même heureuse durant son existence canine qui était concomitante avec mon existence enfantine.

fille qui met un chapeau à son chienSource image: Unsplash

J’ai grandi avec la présence des animaux. Je me rappelle avoir chanté du Christina Aguilera et du Britney Spears à mon précieux public, les vaches de la ferme. Bien qu’elles ne m’applaudissent pas, je considérais leur « meuh », à mon plus grand bonheur, comme une demande de rappel pour Baby one more time. Je me rappelle avoir nourri un bébé veau au biberon dans son enclos. C’était nettement plus trippant pour la petite fille de cinq ans que j’étais que de nourrir un bébé en plastique avec un biberon qui ne coulerait jamais en dehors de mon imagination.

Pour tout dire, j’ai constamment évolué avec les animaux. Je crois que ce qui me fait le plus de bien par leur présence est qu’ils sont des êtres vrais qui ne demandent que du vrai à leur tour. Que tu sois triste ou heureux, le chat est toujours là à ton retour du travail pour quémander une caresse. Que tu sois sur ton 36 ou que tu aies l’air en lendemain de veille, ton chat te trouvera toujours aussi attrayant. Que tu aies une Mercedes 2020 ou une Tercel 1990, le chat, lui, il s’en fiche comme à l’an 40, tant que ce moyen de transport l’amène le moins possible chez le vet’. Que tu aies une 6e année ou une maîtrise, le chat, lui, il s’en fout, tant que tu sois en mesure de compter tes avoirs pour lui acheter ses croquettes, c’est bien assez.

Bon, pour ceux qui sont plus dans le « team dog», je vais vous illustrer le tout grâce à un passage du film Marley & Moi, un de mes préférés: « un chien se fiche éperdument des grosses voitures, des belles maisons ou des vêtements de marque. Un morceau de bois mordillé, ça lui va très bien. Les chiens se moquent que vous soyez riches ou pauvres, beaux ou laids, intelligents ou bêtes, donnez-lui de l’amour et il vous en donnera. Combien d’humains sont capables de ça? Combien de gens sont capables de vous donner le sentiment que vous comptez vraiment pour eux? Combien de gens arrivent à vous donner l’impression que vous êtes unique au monde?» Si tu n’as pas vu ce film, je te conseille fortement de le regarder tout en gardant une boîte de Kleenex pas trop loin.

Devenue une adulte et travaillant auprès de personnes suicidaires, j’ai été témoin du fait que la présence des animaux était hautement thérapeutique, à un point tel que c’était un certain ancrage à la vie. Quand j’explorais sur les raisons de vivre des personnes en besoin, certaines me répondaient le nom de leur animal. J’ai vu des personnes en dépression qui trouvaient la motivation de sortir de chez elles uniquement pour promener leur chien, des personnes profondément isolées qui avaient comme seul et unique réseau leur animal. Ces petits êtres arrivaient à leur redonner foi en l’essence de toute chose qui existe: la vie.

En faisant du bénévolat dans des refuges, j’ai été témoin d’une grande maladresse de l’humain dans son interaction avec l’animal. La négligence, la maltraitance et la cruauté ont toujours nourri un profond sentiment d’incompréhension, de rage et de méfiance envers les auteurs de ces gestes. Comme le disait si bien l’écrivain poétique Alphonse de Lamartine, « on n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un coeur ou on n’en a pas ». Mon étude sociologique sur la relation entre la violence envers les animaux dans les foyers où étaient relevées des formes de négligence envers les enfants ou des dynamiques de violence de toutes sortes ne pouvait que confirmer cette citation de l’ère du romantisme qui fait encore tellement de sens aujourd’hui.

Quand on y pense, on utilise les chiens pour guider les personnes aveugles ou pour aider les corps policiers dans les recherches de personnes disparues. On utilise les animaux de compagnie pour soulager l’anxiété des enfants autistes et pour ajouter un peu de soleil chez les aînés dont les nuages se sont apposés sur leurs souvenirs. Plusieurs limites de l’être humain sont palliées par les animaux, ces petits êtres vulnérables qui possèdent un pouvoir puissant et qui donnent tout ce qu’ils possèdent à la personne qu’ils aiment le plus au monde… leur cher petit humain, TOI.

Quel est ton plus beau souvenir avec un animal? Quel est le moment où tu étais de mauvaise humeur et qu’il t’a fait sourire par son côté maladroit? Te rappelles-tu de la fois où tu pleurais et où il s’est collé à toi comme s’il ressentait que tu avais besoin d’un peu de réconfort? Cette petite dose de bonheur soudaine, qui en était à l’origine?

femme assise sur une table avec chatSource image: Unsplash

Sois un maître digne de lui. Il est peut-être une petite partie de ta vie, mais pour lui, tu es et tu resteras toute la sienne.

Source image de couverture: Unsplash
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Jessica Bergeron

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