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Ce matin, je m’étais réveillé avec une certaine ambition. Un peu comme le 1ermars il y a quelques années quand j’avais envoyé avec crainte et appréhension mes demandes d’admission à l’Université. J’avais le goût de faire un monde meilleur. Et pour ça, j’avais trouvé un moyen. Ça s’appelle : faire découvrir aux gens ce qu’est l’ergothérapie.

Le concept est assez simple: si jamais je peux éviter à tous les ergothérapeutes de ce monde de passer 15 minutes à chaque party de famille à expliquer la raison d’être de leur profession, clairement qu’en mettant tout ça bout à bout, à la fin de l’année, l’humanité aurait pas mal plus de temps à investir dans des causes nobles comme la paix dans le monde ou aller courir pour être en santé ou dire à l’adolescente à l’arrêt d’autobus d’arrêter de rire du monde sans raison parce que c’est juste méchant et gratuit et sûrement une manière de palier à ses propres insécurités.

Donc.

Être ergothérapeute, ça sous-entend passer quatre ans de sa vie à voir les gens cesser d’être pas-pire excités et devenir donc bien déçus quand tu leur dis que tu étudies en santé mais pas en médecine.

Ça veut aussi dire que tu maîtrises l’art subtil de signer erg. à la fin de ton nom.

Et, finalement, ça signifie travailler dans le plus grand des secrets, car personne ne sait ce que ça fait avant d’en avoir rencontré un. Et très honnêtement, je ne souhaiterai jamais à personne d’en rencontrer, car ça voudrait dire avoir perdu quelque chose encore plus précieux que le numéro de téléphone d’un beau blond après une soirée bien arrosée où des promesses légères auraient été échangées. Je parle de l’autonomie.

Source image : Unsplash

Si je te dis que l’autonomie, c’est une fleur au soleil au parfum enivrant, et bien sache que pour voir un ergothérapeute, il faut qu’elle ait connu le triste sort de passer sous la tondeuse par un tragique matin d’été. C’est à ce moment qu’on entre en scène.

On peut lui donner de l’engrais à ladite fleur, pour lui permettre de repousser haut haut haut et d’être colorée, vivifiante et satisfaisante comme avant.

On peut lui donner un tuteur aussi, afin de l’aider à se maintenir en place. Il y en a qui dise que ce n’est pas particulièrement valorisant de passer sa vie à piquer des tiges dans le sol pour aider des plantes à se tenir debout, mais si tu prends en compte que ledit bout de bois supportant permet de continuer à vivre chez soi et à participer socialement au lieu de simplement dépérir et faner et mourir dans un coin de paillis terne, ça prend tout son sens.

Par contre, ça arrive qu’on doive transplanter la fleur, car quand il commence à faire froid et que l’orage gronde, ce ne serait pas sécuritaire que les fleurs frêles restent à l’extérieur. Alors on est là pour lui trouver un petit pot d’argile adapté pour elle sur le bord d’une fenêtre où quelqu’un pourra l’arroser.

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Ça, c’est le concept général, mais il est possible de faire la même chose avec une fleur qui n’aurait jamais bourgeonné. Parce qu’il y a toute sorte de clientèles en fait. Les ergothérapeutes se retrouvent en néonatalité, auprès des enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme comme ceux ayant des déficits moteurs, auprès des accidentés, des personnes vivant avec des troubles de santé mentale chroniques ou passagers, des personnages âgées ainsi qu’en soins palliatifs.

Ce qui est beau là-dedans, c’est que c’est tellement vaste comme profession que jamais une personne œuvrant en santé mentale va comprendre ce que sa collègue de BAC fait avec ses petits bouts de chou à la veille de la rentrée scolaire. C’est aussi beau, parce que ça veut dire que, peu importe ce qui vous arrive, on est toujours là pour vous surveiller et vous permettre de vous impliquer le plus possible dans les activités qui vous tiennent à cœur, car c’est cette définition-là qu’a, selon nous, la santé.

 

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Charles Groleau

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