Bouffe Style de vie

Il est bien connu que, comme société, nous mangeons trop de viande. La plupart d’entre nous avons été élevés dans des foyers où consommer de la viande allait de soi, où celle-ci était centrale à un repas. Nous n’étions pas nécessairement au courant que les protéines et autres minéraux essentiels pouvaient se trouver ailleurs que dans un morceau de bœuf ou de poulet. De nos jours, de plus en plus de gens adoptent une alimentation à base de plantes, délaissant plus ou moins les produits de nature animale. D’ailleurs, je crois qu’il n’a jamais été aussi facile de choisir ce style de vie. Végétalisme et végétarisme ont la cote.

Je dirais que je suis présentement en transition vers une alimentation végétarienne. Avant, j’écoutais les personnes végétariennes et végétaliennes parler des raisons pour lesquelles elles avaient opté pour ce nouveau mode de vie, et ces raisons me paraissaient tout à fait justifiables. Comme n’importe qui dans cette situation, j’étais un peu sur la défensive et je me doutais bien pourquoi. J’ai réalisé que, oui, j’aime le goût de la viande, mais qu’avec un peu plus d’efforts et de motivation, je pourrais m’en passer pour plusieurs causes qui sont plus grandes que moi. Et me voilà. C’est un très beau défi que d’entamer cette transition et je pense que je m’en sors plutôt bien jusqu’à présent. Cependant, la notion du tout ou rien me hante toujours. Je ne clame pas haut et fort que je suis végétarienne, car il m’arrive encore de manger de la viande.

viande végétarismeSource : Benjamin Faust sur Unsplash

J’ai toujours cru qu’il y avait quelque chose d’énorme à porter l’étiquette de végétarien ou végétalien, et qu’il fallait avoir souffert comme les autres avant pour la porter. Souffert d’arrêter de manger du bacon, souffert de devoir être un peu plus créatif dans ses choix alimentaires, souffert de ne pas être satisfait d’un menu de restaurant… Le sacrifice ultime, quoi. Sans exception, sans fautes. La perfection à tout coup.

C’est le problème avec les étiquettes. Elles ne viennent pas avec des astérisques et des petits caractères pour faire des nuances ou ajouter des exceptions. Il n’y a pas vraiment d’identité pour les périodes d’essai ou de transition. Le végétarisme et le végétalisme sous-entendent trop souvent un absolu, alors qu’en réalité, personne ne peut avoir un parfait contrôle sur sa nourriture ou ses envies. Même une personne végétalienne très méticuleuse pourrait ingérer un produit animal par inadvertance seulement parce que l’ingrédient n’est pas clairement spécifié sur un emballage. Et apparemment, nous pourrions être surpris du nombre de produits qui contiennent au moins une substance animale! C’est pourquoi je crois que nous devrions moins voir le végétarisme/végétalisme comme un club VIP avec un test d’admission, et nous devrions plutôt encourager les efforts de chaque individu pour réduire sa consommation de viande et autres produits de nature animale, que ce soit pour des raisons de santé ou d’éthique. Je ne pense pas que nous sommes encore rendus à exiger l’alimentation à base de plantes – et je serais très surprise que cela arrive un jour, mais il est évident qu’une réduction de la consommation de viande serait bénéfique pour tous, y compris pour l’environnement.

végétaux repas Source : Monika Grabkowska sur Unsplash

Il existe bien le flexitarisme, une forme de semi-végétarisme flexible. Pour ma part, je crois qu’il s’agit d’une étiquette qui ne sert qu’à… étiqueter, justement. En fin de compte, nous devrions tous faire des choix éclairés pour notre alimentation et les assumer… Et arrêter de se traiter de tous les noms! ;)

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Laurence Carignan

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