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Elle s’est levée ce matin-là et plus rien n’allait. Elle broyait du noir. Prise dans sa tête prisonnière de ses maux. Il lui fallait en finir avec ce calvaire. Elle y était presque. Elle a pensé à s’enlever la vie. Mais, elle n’a rien tenté, heureusement, parce que la vie lui a réservé de bien belles surprises par la suite.

(À lire: La confiance en soi et tout ce qui vient avec…)

Sa maman ne savait plus comment s’y prendre. Elle était toujours triste. À court de moyens, sa maman l’emmena chez le médecin. Le médecin lui dit que sa fille avait besoin de parler, simplement pour vider son sac. Elle était assise là, n’ayant même plus la force de comprendre ce qu’elle faisait dans le bureau du docteur avec sa mère. Quelques semaines plus tard, elle se retrouva à nouveau dans un bureau différent. Il était petit. C’était le bureau du docteur de la peau.  Le dermatologue lui a prescrit un médicament puissant contre l’acné sévère. 

Le soleil me brûlait la peau en sortant du bureau du dermatologue. J’avais l’impression que l’on m’avait pétrifié la figure à coups de couteaux. Je me souviens d’avoir pleuré longtemps dans l’auto avec maman. Mes larmes étaient des lames sanguinaires. J’étais fatiguée. J’avais peur de tomber dans un trou noir, j’étais prise d’un des plus gros vertiges que j’ai connus jusqu’à maintenant dans ma petite vie. Je n’ai pas souffert de maladie grave, mais l’acné a été mon combat de l’adolescence ( de ma troisième année du primaire à la fin de la deuxième année du secondaire). Dans ce parcours, jamais l’acné ne m’a définie. Je ne pouvais pas me permettre de me laisser atteindre par le regard des autres. Par contre, lorsque j’arrivais à la maison le soir, j’étais exténuée de faire semblant que j’allais bien et que j’étais forte. Je ne voulais pas que l’on m’associe à la fille aux boutons. Non, je voulais être Laurie la jeune femme forte. 

Elle a dû jongler entre les sautes d’humeur, les maux de tête, les vertiges, le regard des autres, les séances de «jasette» avec le travailleur social pour en venir à bout, mais après un an et demi à être médicamentée (de son secondaire deux au début de son secondaire trois), elle s’en est sortie. Sa famille et ses amis ont été là, du début à la fin. 

Cette fille dans l’histoire, c’est moi. C’est mon combat. J’ai été chanceuse dans cette épreuve. Je n’ai pas eu de cancer, j’ai été forte (beaucoup plus que ce que je croyais). J’ai appris que j’avais beaucoup de résilience, que j’étais capable, en fait. Capable d’en venir à bout, oui. Cette douce épreuve m’a fait réaliser, concrètement, une foule de choses! Comme je ne voulais pas laisser le monde me définir par l’acné, je me suis donc mise à m’impliquer pour faire valoir ce que je valais vraiment. J’ai été présidente de classe en secondaire trois, j’ai fait partie du journal étudiant de l’école, j’ai fait un voyage au Costa Rica, entre autres. De ces expériences à vouloir me dépasser de plus en plus, j’ai grandi et j’ai compris que c’est toi qui choisis ce que les autres doivent percevoir de toi. 

Aujourd’hui, elle sourit à la vie et reste autant que possible authentique avec elle-même et avec les autres qui croisent sa route. 

Si jamais tu as n’importe quel problème, ne perds pas espoir. Des gens sont là pour t’écouter. Maintenant, je sais c’est quoi broyer du noir. Je te le dis, la vie est belle : tu rencontreras peut-être une si belle personne sur ton chemin, tu rencontreras peut-être de nouveaux amis, tu voyageras, tu… la liste est infinie. J’ai touché le fond du baril, ça oui. Mais tu sais quoi ? Je n’y changerais rien, parce que j’aime la personne que je suis devenue. Je ne suis pas parfaite et je crois que je ne le serai jamais, mais, sache que oui, ça va aller et que le soleil ne te brûlera pas la peau. 

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