Faits Vécus

Le meilleur est à venir, traduit directement de « the best is to come », a été dit par je ne sais qui. J’ai beau chercher, je ne trouve personne, au fil des années, qui a voulu s’approprier la provenance de cette citation… Non seulement il fallait qu’il soit assez trouillard, mais aussi saprement négatif. Le meilleur, quel meilleur? Ça impliquerait que toute notre vie, nous n’avons qu’à attendre que le meilleur vienne? Vraiment? Passer une vie à attendre?

Non non, ça n’a aucun sens, le meilleur il est là, aujourd’hui. Pendant que je bois mon troisième Nespresso du matin. En remettant de quelques minutes le moment d’aller m’entrainer. Pendant que j’écris ces lignes, je vis « le plus beau jour de ma vie » pour reprendre Guillaume Musso.

Parce que dès l’instant où on réalise que l’écoulement du temps est une illusion, on comprend que tout se passe dans l’instant présent. Et à partir de l’’instant où on commence vraiment à vivre le moment présent, notre vie change pour toujours.

Nous avons tous rêvé à notre premier appartement, l’avons imaginé douillet, à notre image, décoré selon nos goûts. Nous avons imaginé le peindre de nos couleurs, y ajouter des plantes ça et là, avons même imaginé l’odeur qu’aurait notre premier nid. Dans les faits, notre budget nous aura permis un appartement limite insalubre, où l’eau chaude n’était pas toujours présente au moment de sauter sous la douche. Avoir su, n’aurions-nous pas profité pleinement de la douceur du foyer de nos parents, du repas déposé sur la table et de la douche bouillante?

Qui ne s’est pas imaginé avoir un boulot de rêve, en haut d’une tour vitrée avec le monde à nos pieds? Ou alors sauvant des vies comme chirurgienne cardiaque? Ou même travaillant le bois de nos blanches mains pour fabriquer des meubles artisanaux? Or, en réalité, il est rare que nous occupions notre emploi de rêve, avec des conditions idéales et des collègues que nous adorons. Avoir su, n’aurions-nous pas profité pleinement de notre boulot de serveuse où on aura eu un plaisir fou à discuter avec les clients, avec une gang d’employés/amis avec qui on refaisait le monde à la fin d’une journée de boulot avant de se lever trop tôt pour aller à l’école l’œil fatigué, mais heureux?

Espérer un jour être autonome; faire ce qu’on veut, quand on veut et avec qui on veut. Sans avoir de permission à demander à personne, de compte à rendre. Partir sur un « nowhere » avec une chum de fille pour aller voir l’ailleurs. Ne plus avoir à dire si on rentre pour souper, demander la permission pour prendre l’auto ou encore inviter les copains pour faire la fête. L’autonomie, quelle utopie… Parce qu’on n’est jamais vraiment totalement autonome, on a toujours des obligations, qu’elles soient financières, familiales, de boulot ou de temps. Name it…

rodatrip auto map carteSource image: Unsplash

L’amour, on y aura rêvé longtemps, à notre amoureux futur. Intelligent, charmant, érudit, drôle, beau, grand, fort, capable de soulever une montagne par amour pour nous. Célibataire, on a en tête de trouver notre amoureux idéal, celui qui répond à tout nos critères. Ces super critères impossibles à retrouver chez un même homme. « Chaque guenille trouve son torchon » ma mère se plaisait-elle à dire et en y repensant, elle avait raison. Mais alors qu’on est en couple, on rêve d’un autre ou alors de changer certains trucs de notre partenaire pour qu’il devienne plus comme ci ou moins comme ça. Baliverne. Au lieu de profiter de notre célibat ou du copain qui partage notre vie, on a l’illusion que le temps nous amènera notre BON.

Combien de parents (avant de pondre) ont de grandes aspirations au sujet de qui seront leurs enfants. Ils seront polis, sages, respectueux, ne crieront pas, ne se chicaneront pas. Alors à ceux-ci je dis, tu risques de « pogner » pas mal plus qu’un deux minutes. Si tu te dis qu’en vieillissant, ça s’améliorera avec tes enfants, là encore je te dis de revoir tes standards. Profite d’eux là, comme ils sont. Avec leurs super qualités et leurs défauts, parce que petits enfants petits problèmes, grands enfants grands problèmes. Mais ils demeurent ce qu’on aura accompli de plus beau, grand et majestueux au monde.

Finalement si au lieu de profiter de ton « là », tu ne fais qu’attendre ta retraite pour pouvoir enfin réaliser tes rêves, voyager, vivre, aimer… Là encore tu as tout faux. Peut-être seras-tu alors malade et dans l’incapacité de voyager. Peut-être l’amour de ta vie sera parti à l’endroit d’où l’on ne revient pas. Peut-être tes enfants auront alors intensément besoin de toi. Ou peut-être même ne te rendras-tu pas là?

Vas-y; voyage, aime, achète-toi un chalet, apprends l’espagnol, teins-toi en blonde, fais l’amour, baigne-toi tout nu, sors de ta zone de confort. Parce que plus tard n’existe pas… Tout se passe là… Noie-toi dans l’instant présent, ça vaut tellement mieux que de naviguer à l’infini sur un lac calme.

Source image de couverture: Unsplash
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Melanie Lay

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Le partenaire idéal existe-t-il vraiment ?