Faits Vécus

Mon grand-père ne s’est malheureusement jamais remis de la mort de ma grand-mère. Pendant un an et demi, il ne vivait plus, mais plutôt il survivait. Nous avons, ma famille et moi, toujours été là pour lui. Par contre, nous savions pertinemment que le malheur le rongeait de l’intérieur à cause de la perte de sa femme qu’il adorait plus que tout au monde.

Fleur fanée
Source image : Pixabay

C’est si beau, mais à la fois si triste de penser que toute ta vie, tu ne vis que pour une personne seulement, et ce n’est même pas pour toi. C’est pour ta moitié, ta douce, ton amour éternel. C’est adorable de voir l’amour entre deux êtres vivants. C’est encore plus merveilleux de constater qu’en fin de compte, tu ne peux réellement pas vivre sans elle, le jour de son dernier souffle. Nous avons été en peine, bien évidemment, le jour de son décès. Mon père surtout. Déjà qu’il est enfant unique, perdre sa mère n’a pas été facile, mais alors là « perdre » son père par la même occasion ça a été tout un coup. Il dit souvent qu’il se sent seul. Heureusement que nous sommes une famille forte et qu’il est bien entouré.

Grand-père
Source image : Pixabay

Quand mon grand-père s’est retrouvé à l’hôpital, il lui aura fallu trois semaines tout au plus pour qu’il quitte ce monde. Je crois sincèrement qu’il s’est senti « libéré » en s’envolant vers le ciel. Nous étions, mes frères, ma sœur et mes parents, là devant son grand lit qui devenait de plus en plus sombre et froid, et nous le regardions tous en voulant lui dire la même chose : « pars, tu mérites le paradis ». Parce que j’en suis persuadé, c’est le paradis qui l’attendait. Nous avons eu la chance d’avoir des grands-parents formidables et des membres de la famille complètement dévoués les uns envers les autres. Ce moment à l’hôpital était tout simplement tragique tout en étant à la fois magique. Nous avons eu la chance de lui dire combien nous l’aimions une dernière fois et combien nous étions fiers de lui, d’avoir essayé de nous battre contre ce malheureux cancer.

Chandelle
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Nous avons eu l’opportunité de l’accompagner jusqu’à la fin de sa vie. Bien qu’il se trouvait juste là devant nous, ne pouvant pas nous voir ni nous entendre, selon le médecin et les infirmières, je suis certaine au plus profond de moi-même qu’il était encore parmi nous pour écouter les dernières paroles qui nous grugeaient l’intérieur. Malgré tout, malgré les pleurs et la colère, il était malheureusement temps pour lui d’aller rejoindre sa moitié de vie. Je n’oublierai jamais cet instant. J’ai eu l’impression qu’il attendait de tous nous voir une dernière fois devant lui. Nous avons vécu des moments fantastiques, et ce jusqu’à la fin de son existence sur terre.

Cette histoire est bien triste, mais pour moi s’en est presque rendu un bonheur quand j’y repense. Aujourd’hui encore, après deux ans, je ressens sa présence de là-haut. S’il n’existe pas de paradis, il existe certainement une place fabuleuse pour les bonnes personnes de son genre. Son dernier souffle aura été auprès de mon papa, qui aujourd’hui y pense encore énormément.

Nous t’aimons grand-papa! Encore une fois, repose en paix, tu le mérites!

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Marie-Ève Doré

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